!…إغضب (colère…!)

Le film “Innocence of Muslim” (l’innocence des Musulmans) retraçant une piètre caricature de la vie du Prophète de l’islam, a été produit et réalisé par un cinéaste amateur, Sam Bacile, que la presse internationale et française ont annoncé comme un promoteur immobilier se déclarant « israélo-américain », d’origine californienne. Plusieurs démentis ont été faits mais les médias français tel l’AFP, le Nouvel Obs, Rue 89 et d’autres en France, continuent de le nommer tel quel. L’AFP déclare par exemple que « Sam Bacile », « s’affirmant israélien , avait assuré être l’auteur du film mardi (11 sept.sic!) dans une interview au Wall Street Journal. ».

Les protagonistes de la propagande :
Sam Bacile est un pseudonyme qui décrit l’islam comme un « cancer » et une religion de haine. Le pasteur néo-conservateur, Terry Jones participe à la réalisation. Morris Sadek est un blogueur américain, violemment islamophobe, d’origine égyptienne et Copte. D’autres extrémistes chrétiens comme « l’Association pour Jésus Christ » sont impliqués dans l’affaire. En fait on découvre au final que le film « innocence des Musulman » dont la bande annonce de 14 mn, visible sur Youtube, a été tourné en 2011 avec la collaboration d’un copte (chrétien d’Egypte) condamné en 2009 pour fraude bancaire, réalisé par l’Américain Alan Roberts, auteur de films pornos et est produit par Sam Bacile. L’autorisation de tournage a été donné par une organisation caritative chrétienne, au nom de Media for Christ « pour faire briller la lumière de Jésus » (son président est le Nassralla chrétien !). Une belle promotion arabe faite par des Coptes et par des chrétiens évangéliques anti-musulmans de droite, tel Morris Sadek, Egypto-américain et le très controversé prêtre, Terry Jones qui a déjà brûlé des exemplaires du Coran. Notons que ce dernier a été arrêté pour pédophilie en 2010 !

Ces trois ingrédients anti-musulmans ne doit tromper personne. Ajoutés à cela, l’annonce de l’israélité de Sam Bacile par les médias du monde, est de la pure désinformation. En effet, nous savons que Klein Steve, le consultant pour le film controversé et militant activiste renommé de l’intégrisme chrétien islamophobe, a déclaré que le réalisateur du film, n’est pas un israélien et que son nom est un pseudonyme. Cette propagande raciste a réussi son objectif : provoquer les plus violents d’entre  les Musulmans. Le film, raille la religion musulmane et ses adeptes, montrant le Prophète de l’islam presque nu, affalé avec ses femmes. Aïcha est physiquement décrite, en petite boulotte, laide à côté de Muhammad représenté en stupide homme, mangeant comme un sauvage et sanguinaire. Le tout, illustré dans un décors grotesque avec photos de paysages désertiques en lieu et place de l’arrière plan du film, donnent l’effet d’une bombe violente lancée en direction des Musulmans.

Terry James, un criminel protégé ?
Cette provocation minable envers 1,5 milliard de personnes dans le monde, est perpétrée pour la quatrième fois par un pasteur accusé de pédophile. Vous souvenez-vous de ce pasteur qui s’est attiré les foudres de l’opinion ? Pas pour ses méfaits de pédophilies mais pour avoir brûlé plusieurs exemplaires du Coran. Terry Jones, appelait déjà à un message fort contre l’Islam et ses musulmans, en brûlant le Coran un 11 septembre 2010. Mais il avait été arrêté juste avant, le 4 août 2010 pour « pornographie sur enfants ». Le pasteur Terry Jones avait partagé sur un site populaire du réseau Limewire des photos d’enfants nus dans les différents États d’Amérique. La brève de cette annonce avait été publiée par NBC News et a été aussitôt censurée. Elle n’est restée sur le site à peine un mois après la publication. On peut encore voir le cache donnant l’information mais le lien indique en anglais : “vous n’avez pas la permission d’accéder..” :

“You don’t have permission to access /news/2010/08/06/pastor-terry-jones-arrested-for-child-pornography/” on this server

La brève disait ceci :

“Le pasteur qui appelait à un message fort contre l’Islam et ses musulmans, en brûlant le Coran ce 11 septembre, a été arrêté le 4 août 2010 pour pornographie. Le pasteur Terry Jones a partagé sur un site populaire du réseau Limewire des photos d’enfants nus dans les différents États d’Amérique”

Le 11 septembre 2010, le pasteur avait renoncé à brûler le Coran, nous dit le Monde de cette période. Mais que s’est-il passé entre le 4 septembre, date à laquelle, je me retrouve sur le site NBC News pour retrouver la brève censurée  le 11 septembre 2010 ?

Terry Jones a déclaré, selon le Monde du 9 sept., avoir obtenu la promesse que le projet de construction d’un centre culturel islamique près de Ground Zero à News York serait déplacé. Cette information a été immédiatement démentie par les promoteurs du projet.

Il récidive son message, l’année suivant, en mars 2011. Mais cette fois, il met à exécution sa menace. C’est son assistant qui  brûle un exemplaire du Coran. L’événement est diffusé sur internet. Ces images avaient été perçues comme un affront par les Afghans du nord du pays, en provoquant la mort de 12 soldats américains.

En avril 2012, rebelote, Terry Jones brûle, pas un mais plusieurs exemplaires du Coran ainsi qu’une représentation du Prophète, pour protester contre l’emprisonnement d’un iranien converti au christianisme et devenu pasteur. Ce sont à chaque fois des actes éminemment politiques. La dernière en date, le lynchage barbare par les « révolutionnaires » libyens sur l’ambassadeur ainsi que la mort de trois de ses collègues.

Colère…!
Le film qui a provoqué cette folie coléreuse et barbare, dure deux heures et a coûté 5 millions de dollars, nécessitant l’embauche de 59 acteurs et 45 techniciens. Les acteurs affirment avoir été trompés, croyant jouer dans un film de fiction épique, et découvrant ensuite qu’un doublage avait transformé leurs répliques en propagande anti-musulmane. On se demande bien qui a pu investir autant d’argent pour un navet pareil ?

A Benghazi (fief de la révolution libyenne, sic!) et en Égypte (révolutionnaire, re-sic!), en Tunisie, au Yemen mais aussi au Soudan et à Paris ou en Indonésie, des manifestants, révoltés par le film, manifestent soit dans le calme, soit avec violence. Des drapeaux américains sont brûlés en protestation contre le film. On a mis le feu aux poudres “volontairement” pour compliquer les relations dans cette région avec les USA et surtout mettre dans l’embarra Barack Obama et empêcher sa réélection en novembre prochain.

En vingt-quatre heures, ce film a fait le tour du web provoquant, en plus des drapeaux brûlés, le lynchage de l’ambassadeur ainsi que trois des membres de l’ambassade américaine en Libye. Les photos macabres de l’ambassadeur circulent sur le web, ironie du sort ? Ceux que l’Amérique a armés et soutenus se sont retournés contre leurs bienfaiteurs. Ce pauvre homme a fini de la même manière que Mouamar Kadhafi, le dictateur et guide de la révolution libyenne.

Une femme d’exception à la tête de France 24 et de RFI !

Je vous en avais parlé, en début de semaine, parce que j’étais certaine que Marie-Christine SARAGOSSE serait la future patrone de France 24 et RFI. Ainsi en a décidé le CSA à huis clos, hier soir. Marie-Christine Saragosse, la wonder woman très chaleureuse, féministe et féminine, prendra la tête de l’AEF (Audiovisuel extérieur de la France) Holding qui regroupe, outre les chaînes France 24 et RFI,
mais aussi Monte Carlo Doualiya et une partie de TV5 Monde.

Elle remplace Alain de Pouzilhac, contraint de démissionner de la présidence de l’AEF le 12 juillet, désavoué par le nouveau gouvernement, qui désapprouvait son projet de réorganisation de la fusion de France 24 et de RFI.

Marie-Christine SARAGOSSE est une énarque de 52 ans, pied noir d’Algérie, mariée et a trois enfants. Elle a fait pratiquement toute sa carrière à la direction de TV5 Monde, jusqu’à son éviction de cette chaîne, en avril 2006, dès l’arrivée de François Bonnemain, le nouveau président. C’est sans compter sur les partenaires francophones qui ont obtenu qu’Alain de Pouzilhac, le patron du nouvel ensemble, soit nommé président de TV5 Monde en avril 2008 pour remplacer François Bonnemain et surtout qu’il laisse la direction générale à Marie-Christine Saragosse, respectée pour son professionnalisme et la confiance que lui portent les salariés de la même chaîne.

Mme Saragosse, directrice générale de TV5 Monde, sera dorénavant, sa présidente depuis sa nomination officielle par le CSA, hier ! Une fonction qu’elle brimait depuis la mort de son président, Serge Adda en 2006, alors qu’elle avait assuré l’intérim de nov. 2004 à avril 2005.

Cette femme, d’une force exceptionnelle dans sa persévérance a obtenu une consécration au-dessus de ses espérances : exercer la présidence de la société publique et relever le défi de la résolution de crise que vit depuis sa création, l’AEF (réformes quasi impossibles de son prédécesseur à réformer France 24, RFI et TV5 Monde).

Je ne doute pas que François Hollande la choisisse. Marie-Christine Saragosse est de sensibilité de Gauche. Elle est donc la candidate idéale pour entretenir de très bonnes relations (le relationnel est son point fort ) entre l’AEF et sa tutelle (l’Etat) qui étaient très mauvaises, sous Pouzillhac.

Marie-Christine Saragosse, D.G. de TV5 Monde, pressentie à la présidence de l’AEF ?

Marie-Christine Saragosse, actuelle D.G de TV5 Monde, est candidate à la présidence de l’AEF, holding qui regroupe les chaînes France 24, Monte Carlo Doualiya, la radio RFI, et une partie de TV5 Monde.

L’Etat, étant son principal actionnaire devra statuer sur le choix du futur président (les désignées tutelles sont Aurélie Filippetti, la Ministre de la Culture, et Laurent Fabius, le Ministre des Affaires étrangères). Une première dans une République normale, le CSA devra auditionner tous les candidats à hui clos et donner son rapport à Hollande en fin de semaine.

On saura donc , si M-C Saragosse est choisie pour diriger une AEF en crise depuis l’affaire d’espionnage informatique qui a secoué l’ambiance interne, a mis en émoi Christine Ockrent et en péril la gestion de l’AEF. Les relations entre AEF et sa tutelle sont très mauvaise. Quand on sait que toutes les tentatives de réformes sont des échecs, avec l’ incapacité à réformer : statut quo sur celle de France 24 et de RFI, ainsi que TV5 Monde (TV5 est subventionné à 45% par l’Etat).

Mais ce qu’on ne mesure pas, ce sont les conséquences des guerres de pouvoir, dont les premières victimes sont les salariés qui souffrent, l’épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Ils sont continuellement traversés par des sentiments de peur et d’angoisse d’avenir. Cette nomination permettra-t-elle de résoudre les conflits du paysage de l’audiovisuel public extérieur de la France ? Souhaitons-lui bonne chance !

L’islam, une religion dangereuse pour ses adeptes ?

Je vous invite à lire ce qu’écrivent deux des plus imminents académiciens de l’étude de l’Islam (islamologie). Montgomery Watt (1909-2006) et Ignaz GOLDZIHER (1850-1921) ont consacré leur vie à l’étude de l’essence de la religion musulmane, de sa communauté et de son Prophète. Ils remettent en question l’idée de plus en plus acceptée par un consensus honteux, que l’islam, de par son prophète, est une religion dangereuse pour les hommes. Opinions qui continuent jusqu’à nos jours à défrayer les chroniques, les amalgames et à augmenter l’islamophobie.

Cet état de choses est une réalité. Je vois déjà beaucoup remettre en question le terme « islamophobie », ceux-là même qui souhaitent brouiller les pistes pour ne pas dévoiler leurs critiques malsaines contre la religion des musulmans et en mettent une couche aux amalgames qui stigmatisent de fait et naturellement les musulmans. Leurs arguments tournent toujours autours des mêmes insultes envers le représentant de leur croyance : la pédophilie du Prophète, les razzias, l’antisémitisme musulman, l’islamisation, le totalitarisme d’essence islamo-fascisme, etc.

Même si je conçois que certains Musulmans sont intolérants et veulent imposer leur vision de la religion, il n’en demeure qu’ils sont une grande minorité. Ils sont plus visibles parce que plus entendus, les médias sont leur alliés. Ils sont aussi financés par les pétro-monarchies, pourtant plus défenseurs des intérêts américains que du bien-être des musulmans en pays occidentaux ou ailleurs. Ils se fichent de l’image qu’ils véhiculent par leur rétrograde pensée déterministe et archaïque. Sauf, qu’eux, ils peuvent tout se permettre sans jamais être inquiétés par une intervention militaire « humanitaire » ou au nom de la démocratie ou de du féminisme occidentale. Ils ont Le pétrole qui les rend arrogant. Malgré les dérives que l’on perçoit de certains adeptes, cela ne doit pas faire oublier que ceux qui souffrent le plus de l’exclusion et de cette iniquité de jugement sont des musulmans les plus paisibles, enjoués et sympathiques, dans leur grande majorité.

Dans le livre, « Mahomet à Médine » de Montgomery Watt, au chapitre  « L’homme et sa grandeur » et aussi dans les « Prétendus manquements à la morale », on trouvera une analyse salutaire que l’on devrait méditer :

« De tous les grands hommes du monde entier, aucun n’a eu autant de détracteurs que Mahomet. Il est difficile de comprendre pourquoi il en est ainsi. Pendant des siècles, l’Islam fut le grand ennemi de la Chrétienté; la Chrétienté, il est vrai, n’était en contact direct avec aucun autre Etat organisé comparable par la puissance à l’Islam […] Même avant les croisades, une propagande médiévale en faveur de la guerre, propagande dénuée de toute objectivité, était employée à former dans les esprits la conception du « grand ennemi ». Mahomet devenait Mahound, le Prince des Ténèbres. Quand vient le XIè s., les idées concernant l’Islam et les Musulmans, courantes parmi les Croisés, se trouvaient être de telles fables qu’elles eurent en définitive un effet déplorable : les Croisés avaient été prévenus de s’attendre au pire de la part des ennemis et lorsque virent parmi ces ennemis plus d’un guerrier chevaleresque, ils furent remplis de méfiance vis-à-vis des autorités religieuses chrétiennes. Ce fut pour remédier à cette situation que Pierre le Vénérable tenta de diffuser des renseignements plus exacts concernant Mahomet et la religion qu’il prêchait. Dans la suite de grand progrès furent faits dans cette voie, surtout depuis environ deux siècles, mais beaucoup de  vieux préjugés demeurent encore. »

Ignaz Goldziher, Juif hongrois, de famille israélite fort estimée, écrit dans son recueil critique sur le Dogme et la loi islamique (*) :

 « On trouve inférieur l’idée de Dieu dans l’Islam… On déclare sa morale dangereuse, parce qu’elle est commandée par le principe d’obéissance et de soumission que révèle le nom même d’Islam. Comme si la conscience, si forte chez le musulman, d’être soumis à une loi divine inflexible, comme si sa croyance à la transcendance de l’Être divin s’avéraient comme des obstacles qui l’empêchassent de se rapprocher de Dieu par la foi, la vertu et les bonnes œuvres et d’être reçu dans sa miséricorde (Surat 9 verset 100) !

 ceux qui jugent la religion des autres d’après un critère subjectif, on peut rappeler les excellentes paroles du théologien A.Loisy (1906) : « On peut dire de toutes les religions qu’elles ont une valeur absolue pour la conscience de leurs fidèles respectifs, et une valeur relative pour l’intelligence du philosophe et du critique. » En appréciant l’action de l’Islam sur ses fidèles, on a le plus souvent perdu de vue cette vérité.

On a même rendu, à tort dans le cas de l’Islam, la religion responsable d’imperfections morales et d’une stagnation intellectuelle qui ont leur cause dans les aptitudes ethniques ; et pourtant cette religion est répandue parmi des peuples appartenant à des races dont elle a plutôt modéré que provoqué la barbarie. Pas plus que les autres religions, l’Islam n’est une abstraction que l’on puisse isoler des phénomènes et des effets par lesquels ils se manifestent et qui diffèrent suivant les phases de son évolution historique, son domaine géographique et le caractère ethnique de ses adeptes.

Si l’on ne veut pas être injuste, il faut convenir qu’il y a, même dans les doctrines de l’Islam, une force efficiente orientée vers le BIEN, et qu’une vie conforme à ces doctrines peut être une vie moralement irréprochable ;  elle exige en effet la miséricorde ENVERS TOUTES LES CREATURES DE DIEU, LA BONNE FOI DANS LES RELATIONS , L’AMOUR ET LA FIDELITE, le refoulement des instincts égoïstes, et toutes ces vertus que l’Islam puisa dans les religions dont il reconnaît lui-même les prophètes comme ses maîtres.(Moïse , le Messie Jésus, fils de Maria… Le Coran  affirme qu’il a existé 125 000 prophètes,  il n’en a cité que 25). Un bon musulman mènera une vie qui satisfait à de sévères exigences morales . »

 Il  conclut enfin par  :

« Certes, l’Islam est aussi une « loi » ; il plie aussi ses croyants à des actes cérémoniels. Néanmoins, non seulement les doctrines traditionnelles sur lesquelles s’est appuyé son développement, mais déjà leur source première la plus reculée, le Coran, regarde expressément l’INTENTION dans laquelle les œuvres sont accomplies comme le critérium de la valeur religieuse, et l’observance stricte de la loi, si elle n’est accompagnée d’actes de miséricorde et de charité, y est considérée comme de peu de prix ! » (cf Surate 2, verset 172).

Et pourtant, ces deux orientalistes n’ont pas été tendres avec l’islam dans l’ensemble de leurs oeuvres, mais il faut bien leur reconnaître que les résultats de leur recherche restent au final positif et réhabilitent pour l’essentiel la grandeur de cette religion. Alors que s’est-il passé depuis ? L’islam, religion orpheline et rebelle donne du fil à retordre aussi bien aux laïques les plus radicaux qu’à ses deux sœurs aînées que sont les religions monothéistes, le judaïsme et le christianisme ! Ça fait beaucoup de monde contre une seule communauté qui pourtant aspire à la paix des peuples mais nous constatons malheureusement que l’air du temps fait un bond au Moyen-Âge. Toutes ces provocations injustifiées même au prix de la liberté d’expression, poussent à la marginalisation des Musulmans, voire pire, à les radicaliser d’une façon globale et de façon binaire : Musulman islamistes ou rejet de l’islam.

(*) « LE DOGME ET LA LOI DANS L’ISLAM », p 13, Ed. L’éclat & Geuthner, 2005.

BIENVENUE A LA « DEMOCRATIE » LIBYENNE !

Big Kadhafi vient à peine de quitter les lieux – le complexe de Bab-al-Azizia – que les vautours occidentaux tournoient déjà au-dessus; c’est la ruée pour s’emparer du “gros lot” – les ressources pétrolières et gazières libyennes.

La Libye est autant un pion dans une importante partie d’échecs géopolitique, géo-économique et géostratégique qu’une saynette moralisatrice présentée sous forme de reality-show ; des “rebelles” idéalistes gagnent contre l’ennemi public

N° 1. Autrefois, cet ennemi public était Saddam Hussein puis Oussama ben Laden et c’est aujourd’hui Mouammar Kadhafi. Demain ce sera le président Bachar al-Assad en Syrie, un jour ce sera le président Mahmoud Ahmadinejad. L’ennemi n’est jamais l’ultra-réactionnaire famille Saoud d’Arabie.

Comment l’OTAN a gagné la guerre

Malgré la spectaculaire réapparition du fils de Kadhafi Seif al-Islam, l’OTAN a pratiquement gagné la guerre civile libyenne (ou “activité militaire kinétique,” selon la Maison Blanche). Les masses « populaires libyennes » ont été au mieux spectatrices, ou en petite partie actrices sous la forme de quelques milliers de « rebelles » munis de kalashnikovs.

Le haut de l’affiche a été tenu par la R2P (Responsabilty To Protect, “devoir de protéger”). Dès le début, la R2P brandie par la France et la Grande Bretagne avec le soutien des Etats Unis s’est comme par enchantement muée en changement de régime. Ce qui a amené dans cette production des acteurs non cités dans le casting: des “conseillers” fournis par les monarchies arabes ainsi que des “contractors” ou “mercenaires”.

L’OTAN a commence à l’emporter en déclenchant l’opération Sirène au moment de l’Iftar (rupture du jeune du mois de Ramadan – samedi soir dernier. « Sirène » était un nom de code pour l’invasion de Tripoli. C’était le coup de force final – et désespéré – de l’OTAN après que l’absence complète de résultats des rebelles chaotiques après cinq mois de lutte contre les troupes de Kadhafi.

Jusqu’alors, le plan A de l’OTAN avait été d’essayer de tuer Kadhafi. Ce que la claque de la R2P – de droite comme de gauche – a baptisé « l’usure régulière de l’OTAN » se résumait à prier pour trois résultats : Kadhafi est tué, Kadhafi se rend, Kadhafi fuit.

Non que rien de tout ça ait empêché des bombes de tomber sur des maisons, des universités, des hôpitaux où même près du ministère des affaires étrangères.  Tout – et tout le monde – était une cible. “Sirène” comportait une distribution haute en couleurs de “rebelles de l’OTAN”, de fanatiques islamistes, de journalistes crédules « embedded », des foules enthousiastes pour la télévision, et des jeunes de Cyrénaïque manipulés par des transfuges opportunistes du régime de Kadhafi qui s’attendent à de gros chèques de la part des géants pétroliers Total et BP.

Avec “Sirène”, l’OTAN est arrivée dans le flamboiement (au sens littéral) de toutes ses armes: des hélicoptères Apache tirant sans discontinuer et des avions bombardant tout ce qui ce qui est à leur portée. L’OTAN a supervisé le débarquement de centaines de combattants venus de Misrata, à l’est de Tripoli tandis qu’un bateau de guerre de l’OTAN leur fournissait des armes lourdes.

Rien que dans la journée de dimanche, il y dû avoir 1300 civils tués à Tripoli et au moins 5000 blessés. Le ministère de la santé a annoncé que les hôpitaux étaient débordés. Quiconque croyait à ce moment là que les bombardements incessants de l’OTAN avaient quelque chose à voir avec le « devoir de protéger » et la résolution 1973 de l’ONU s’est retrouvé dans une unité de soins intensifs.

L’OTAN a fait précéder “Sirène” par des bombardements intensifs sur Zawiya – une ville clef avec sa raffinerie de pétrole à 50 kilomètres à l’ouest de Tripoli. Ce qui a stoppé l’approvisionnement de Tripoli en carburant. Selon l’OTAN elle-même, au moins la moitié des forces armées libyennes a été “dégradée” – le Pentagone parle ainsi des tués ou des blesses graves. Ce qui signifie des dizaines de milliers de morts. Ce qui explique aussi la disparition mystérieuse des 65 000 soldats chargés de défendre tripoli. Et explique aussi largement pourquoi le régime de Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, s’est alors effondré en à peine 24 heures.

Le lancement de l’opération Sirène par l’OTAN – après 20 000 sorties aériennes et 7 500 frappes sur des cibles au sol – n’a été rendu possible que par une décision cruciale de l’administration Obama début juillet, autorisant, ainsi que l’avait rapport le Washington Post, « le partage des matériaux les plus sensible avec l’OTAN, y compris l’imagerie et les interceptions de signaux qui pouvaient être transmises aux forces spéciales françaises et britanniques sur le terrain en plus des aviateurs dans le ciel. »

C’est que, sans la puissance de feu inégalée du Pentagone, son know how, ses satellites et ses drones, l’OTAN serait encore empêtrée dans l’Opération Bourbier Interminable – et l’administration Obama ne pourrait pas savourer une grande victoire dans ce « drame kinétique. »

Qui sont ces gens ? 

Qui sont ces gens qui ont soudainement manifesté bruyamment leur joie sur les écrans de télévision européens et US? Après les sourires pour les caméras et les tirs en l’air à la Kalashnikov, préparez-vous  à quelques grands feux d’artifice fratricides.

Les troubles ethniques et tribaux sont condamnés à exploser. Beaucoup de Berbères venus des montagnes de l’ouest et qui sont entrés à tripoli par le sud ce dernier weekend sont des salafistes rigoristes. Il en va de même avec la nébuleuse salafiste/Frères Musulmans de Cyrénaïque qui a été entraînée militairement pas les agents de la CIA présents sur le terrain. Autant ces fondamentalistes se sont servis » des Européens et des Américains pour se rapprocher du pouvoir, autant ils pourraient se transformer en force de guérilla agressive en cas de marginalisation par les nouveaux maîtres de l’OTAN.

La grande “révolution”  basée à Benghazi, vendue à l’Occident comme un mouvement populaire a toujours été un mythe. Il y a seulement deux mois, les « révolutionnaires » en armes étaient à peine un millier. La solution de l’OTAN a été de bâtir une armée de mercenaires – avec toutes sortes de types louches allant d’anciens membres des escadrons de la mort colombiens à des recruteurs venus du Qatar et des Emirats Arabes Unis qui ont ramassé de nombreux Tunisiens au chômage et des membres de tribus mécontents de Tripoli. Tout ça en plus de l’équipe de mercenaires de la CIA – salafistes de Derna et de Benghazi – et de l’équipe se la famille Saoud – le gang  des Frères Musulmans.

Il est difficile de ne pas se souvenir du gang de ka drogue de l’UCK au Kosovo –la guerre que l’OTAN avait “gagnée” dans les Balkans. Ou des pakistanais et des Saoudiens, soutenus par les Etats Unis, qui armaient les « combattants de la liberté » en Afghanistan dans les années 1980.

Et nous avons maintenant  l’équipage de personnages douteux du Conseil National de Transition basé à Benghazi.

Son chef, Mustapha Abdeljalil, ministre de la justice de Kadhafi de 2007 jusqu’à sa démission le 26 février a étudié la charia et le droit civil à l’université de Libye. Ce qui pourrait lui permettre de croiser le fer intellectuellement avec les fondamentalistes islamiques à Benghazi, el-Beïda et Derna – mais il pourrait utiliser ses compétences pour faire avancer leurs intérêts dans un arrangement pour le partage du pouvoir.

Quant à Mahmoud Jibril, le président du bureau exécutive du Conseil, il a étudié à l’université du Caire puis à celle de Pittsburgh. Il est l’homme clef de la connexion qatarie – car il a travaillé dans la gestion des avoirs de Sheukha Mozah, l’épouse très en vue de l’émir du Qatar.

Il y a aussi le fils du dernier monarque de Libye, le roi Idriss, déposée par Kadhafi il y a 42 ans (sans effusion de sang); la famille royale saoudienne adorerait une nouvelle monarchie en Afrique du Nord. Et le fils d’Omar Mokhtar, le héros de la résistance contre la colonisation italienne – une personnalité plus séculière..

Le nouvel Irak?

Croire que l’OTAN va gagner la guerre et laisser les “rebelles” assumer le pouvoir relève de la blague. Reuters a déjà signalé qu’une  « force relais” d’environ 1 000 soldats du Qatar, des Emirats et de Jordanie va venir à Tripoli pour faire la police. Et le Pentagone laisse déjà entendre que des soldats US seront sur le terrain pour “contribuer à sécuriser les armes”. Une délicate attention qui donne à comprendre qui sera réellement aux responsabilités : les néo-colonialistes  « humanitaires » et leurs sous-fifres Arabes.

Abdel Fatah Younis, le commandant “rebelle” tué par les rebelles eux-mêmes, était la carte des services secrets français. Il a été tué par la faction des Frères Musulmans – au moment même où Nicolas Sarkozy tentait de négocier la fin de la partie avec Seif al-Islam Kadhafi, le fils de Kadhafi étudiant de la London School of Economics de retour de chez les morts.

Les grands gagnants sont donc, au final, Londres, Washington, la monarchie saoudienne et les Qataris (ils ont envoyé des avions de guerre et des « conseillers », ils gèrent déjà les ventes de pétrole). Avec une mention spéciale pour le complexe Pentagone/OTAN – considérant qu’Africom mettra finalement en place sa première base africaine en Méditerranée, et que l’OTAN se rapproche du moment où elle pourra déclarer la méditerranée « lac OTAN. »

L’islamisme? Le tribalisme ? Ce pourraient être les moindres maux de la Libye comparé à un nouvel Eldorado ouvert au néo-libéralisme. Il n’est guère douteux que les nouveaux maîtres Occidentaux vont essayer de recréer une version plus sympathique de l’infâme et rapace Autorité Provisoire de la Coalition, et de transformer la Libye en rêve idéal des néo-libéraux en s’appropriant 100 % des avoirs libyens, en s’assurant le rapatriement de l’ensemble des profits, les banques étrangères achetant les banques locales, avec un faible impôt sur les revenus et les sociétés.

En attendant, la fracture profonde entre le centre (Tripoli) et la périphérie pour le contrôle des ressources énergétiques va s’aggraver. BP, Total, Exxon et les géants pétroliers occidentaux seront généreusement récompensés par le Conseil National de Transition – au détriment des entreprises russes, chinoises et indiennes. Les troupes de l’OTAN sur le terrain aideront certainement le Conseil à retenir le message.

Les cadres dirigeants du secteur pétrolier estiment qu’il faudra au moins un an pour un retour de la production pétrolière à son niveau d’avant la guerre civile, 1,6 million de barils par jour, mais ils affirment que les revenus annuels du pétrole pour les nouveaux dirigeants pourraient s’élever à 50 milliards de dollars. On estime en général les réserves de pétrole à 46,4 milliards de barils ; 3 % des réserves mondiales pour une valeur de 3 900 milliards de dollars aux cours actuels du brut. Les réserves connues de gaz s’élèvent à quelques 1500 milliards de m3.

Donc, au bout du compte, la R2P (responsabilité de protéger) gagne. L’impérialisme humanitaire gagne. Les monarchies arabes gagnent. L’OTAN en tant que Robocop mondial gagne. Mais ce n’est quand même pas assez pour les habituels suspects impérialistes qui appellent déjà au déploiement d’une « force de stabilisation. » Tout ça au moment même où des progressistes déboussolés sous toutes les latitudes continuent à saluer la sainte alliance du néocolonialisme occidental, des monarchies arabes ultra-réactionnaires et des salafistes radicaux.

Ce ne sera terminé que quand la grosse bonne femme arabe [l’Arabie saoudite] chantera. Quoi qu’il en soit, passage à l’étape suivante : Damas !!!

Source : Pepe Escobar, Asia Times (Hong Kong) 24 août 2011

DESINFORMATION / SCENARII DE LA MORT DE BEN LADEN

ACTU MONDE Encore un montage photo de Ben Laden mort Mercredi 04 mai 2011, c'est la deuxième photo de Ben Laden mort qui circule actuellement sur le Web un montage d'une scène du film « Black Hawk Down » par . L'image postée sur le Net et sur Twitter était présentée comme « le » premier vrai cliché d'Oussama ben Laden mort. Sur cette photo, qui semble avoir été prise de nuit par infra-rouge (vu sa couleur verdâtre dominante), on peut y voir un militaire américain (non cagoulé, ce qui est étrange pour un membre des forces spéciales) manifestement à genoux à côté du corps de Ben Laden gisant sur le dos. Sur la tête de ce dernier, juste au-dessus de son œil gauche, on voit une tâche noire qui pourrait attester de l'impact d'une balle. Mais rien de « particulièrement atroce » en vue par contre.

Je pense que toute cette désinformation autour du défunt ennemi public n° 1 est lancée sciemment pour semer la confusion dans le monde. La façon dont ils ont procédé dans le scénario de la capture de Ben Laden est à fort potentiel cinématographique. Tous les ingrédients sont là pour toute sorte de spéculation y compris les manipulations religieuses. Les réactions sont vives et émotionnelles donc irrationnelles, c’est le but recherché ! Nous savons selon Alain Chouet, ex-chef de la DGSE, qu’Al Qaïda n’existe plus depuis 2002, comme son intervention le démontre (conf. le lien ci-après : http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/al-qaida-n-existe-plus-selon-la-69791).

La question est donc : Pourquoi toutes ces informations intox ? Les USA nous préparent-ils à quelque chose de grave ? « Plus aucune action terroriste dans le monde ne serait donc imputable à Al Qaïda depuis huit ans ; l’organisation ne compterait plus que quelques dizaines d’individus ; et les revendications de Ben Laden au fil des ans ne seraient même pas sûres » affirme Allain Chouet.

La capture de Ben Laden à Abbotabad, le 02 mai 2011 au Pakistan, dans une ville située dans une vallée entourée de collines verdoyantes, près du Cachemire pakistanais et qui abrite une population plutôt aisée et de nombreux militaires pakistanais, ainsi qu’une académie militaires posent de nombreuses questions. Comment est-il possible, quand on se visualise une forteresse d’environ huit fois plus haute que les résidences alentours, protégée par des murs d’enceinte  haut de quatre à cinq mètres entourés de fils barbelés, n’ait pas attiré l’attention des militaires ?

L’assaut du commando américain qui a permis la prise de l’ennemi ne cesse d’alimenter les polémiques en tout genre. Le corps de BL emmené par des commandos américains, les prélèvements ADN en un temps record, pour procéder à son identification, l’absence de preuves par l’immersion en haute mer de son corps, lance les discours religieux de la non conformité aux règles du rituel d’inhumation islamique requises.

Les raison de ce choix d’inhumation par les américains, les fausses photos représentant Ben Laden abattu et en sang mais surtout l’impossibilité du non jugement du chef d’al Qaïda par un tribunal international, posent d’énormes problèmes de crédibilités. Les prétextes, avancés par le gouvernement américain qui justifient l’absence de preuves de la mort de Ben Laden sont les suivantes : éviter de reproduire la même erreur qu’avec Ernesto Guevara et d’en faire une icône d’un combat qui symbolise la lutte contre l’impérialisme et le colonialisme occidental, les risques divers d’exhumer le corps par ses adeptes pour l’enterrer ailleurs et en faire un lieu de pèlerinage. Cet argumentaire religieux qui fait appel à la règle de nécessité prévue par le droit islamique, ne tient pas debout. D’une part, les salafistes ne vénèrent aucun tombeau, c’est sur quoi leur doctrine tient fondamentalement. D’autre part, c’est justement la prise de Ben Laden, dans des conditions inacceptables et inhumaines qui confortera justement son statut de martyr et d’icône de la révolution !

En attendant, la menace de vengeance annoncée par tous les médias et confirmée par Al Qaïda, auront pour conséquences le renforcement de la sécurité partout dans le monde pour des raisons politiques et met en réel danger, voire d’avorter les révolutions arabes et le vent de liberté qui leur sont attachées. Au pire, cela pourrait justifier une nouvelle croisade, cette fois avec le Pakistan ? L’Iran ? La Syrie ?

En France Vigipirate est au niveau rouge sur tout le territoire…

Soyons vigilant en prenant de la distance critique avec l’information !

DERRIERE L’AFFAIRE WOERTH/BETTENCOURT : LE SECRET BIEN GARDE

(Créé le 10 septembre 2010 : refus de publication dans les journaux à cause de la censure)

Liliane Bettencourt est la fille d’Eugène Schueller, elle est aussi la femme d’André Bettencourt (ce dernier associé avec le père dans la firme l’Oréal). Eugène Schueller et André Bettencourt, tous deux étaient  nazis. Retour sur un passé sombre échappant à la condamnation pour crime contre l’humanité grâce à la fortune que génère l’Oréal.

Tout commence quand le fondateur du groupe L’Oréal, le père de Liliane Bettencourt, met à la disposition de son ami Eugène Deloncle une grosse partie de sa fortune pour financer la création d’un groupe d’extrême droite et farouchement anti-juifs : le Comité secret d’action révolutionnaire (CSAR), allias la Cagoule. En 1941, Eugène Schueller collabore avec les autorités allemandes, l’ambassadeur du Reich, Otto Abetz et du chef de la Gestapo, Reinhardt Heydrich. Cette année là, E.S. met en place le Mouvement social révolutionnaire (MSR). Au siège de l’Oréal sis 14, rue royal à Paris, se tient les réunions du MSR. Leur propagande révolutionnaires s’établit ainsi : «Nous voulons construire la nouvelle Europe en coopération avec l’Allemagne national-socialiste et tous les autres nations européennes libérés comme elles du capitalisme libéral, du judaïsme, du bolchévisme et de la franc-maçonnerie (…) régénérer racialement la France et les Français (…) donner aux juifs qui seront conservés en France un statut sévère les empêchant de polluer notre race (…) créer une économie socialiste (…) qui assure une juste distribution des produits en faisant augmenter les salaires en même temps que la production».

Après la guerre E.S. est sauvé in-extrémis d’une condamnation pour collaboration (avec les nazis) par les témoignages de quelques juifs qu’il a aidés pendant l’occupation, l’aide de Pierre de Bénouville, d’André Bettencourt, d’un député ( Max Brusset), du maire de St Maxime et de quelques membres de la résistance. On le décorera de la croix de guerre et de la légion d’honneur !

Quant au Mari de Liliane, André Bettencourt, il fréquente avec son ami François Mittérrand, la Cagoule et dirige entre 1940 et 1942 l’hebdomadaire collaborationniste « La Terre française », dans laquelle il rédige les chroniques « Ohé ! Les Jeunes ! ». André Bettencourt devient le patron français de la Propaganda Staffel.  Il travaille sous tutelle de Joseph Goebbels, ministre de la propagande et de deux autres nazis (de la Wehrmacht et de la Gestapo). Dans son éditorial il prêchait l’union du Christianisme et du Nazisme et appelait au châtiment des juifs et des francs-maçons. En exemple de ses publications, le 12 avril 1941, André Bettencourt écrit : « Les juifs, les pharisiens hypocrites n’espèrent plus. Pour eux l’affaire est terminée. Ils n’ont pas la foi. Ils ne portent pas en eux la possibilité d’un redressement. Pour l’éternité leur race est souillée par le sang du juste. »

Le 15 février 1941, toujours sous l’égide de la SS, le MSR de Deloncle fusionne avec le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat. Eugène Schueller, devient la grande référence en économie.  Son œuvre, « La Révolution de l’économie » est classé comme la référence du fascisme français.  Quelque mois plus tard E.S. s’exprime au congrès de l’organisation au Palais de la Mutualité. Il prêche « une révolution préliminaire à la fois d’épuration et de redressement » qui ne peut  » être que sanglante. Elle consistera tout simplement à fusiller vite cinquante ou cent grands personnages « . Dans la même année son ami,  et mari de Liliale Bettencourt, à son tour, écrit dans l’éditorial de Noël:  » Un jour, trente ans plus tard, les juifs s’imagineront pourtant gagner la partie. Ils avaient réussi à mettre la main sur Jésus et l’avaient crucifié ». En se frottant les mains, ils s’étaient écriés :  » que son sang retombe sur nous et nos enfants « . « Vous savez d’ailleurs de quelle manière il est retombé et retombe encore. Il faut que s’accomplissent les prescriptions du livre éternel. »

Quelques jours plus tard  « la solution finale » fut adoptée par la Conférence de Wansee. C’est ainsi que des millions d’êtres humains vont être exterminés dans le secret le plus total.

La riche et fille unique d’André et de Liliane Bettencourt, peut être en réaction contre ses parents, épouse le petit fils d’un rabbin, Jean-Pierre Meyers. Tous deux élèvent leurs deux enfants dans la religion juive.

Derrière toutes ces affaires, n’y aurait-il pas la volonté :

1) de couler Liliane et ainsi que la gestion de sa fortune aille entre les mains de sa fille qui demande sa mise en tutelle ? Sachant que son avocat n’est autre que Maître Metzer et qui est aussi l’avocat de Dominique de Villepin. Villepin aurait probablement accès à la comptabilité obscure de l’Oréal et pourrait mettre hors de la politique Sarkozy « parce qu’il le vaut bien ».

2) L’examen psychologique demandé par la fille pourrait s’avérer en défaveur de la mère. La gestion du patrimoine toujours sous la main mise de Françoise Bettencourt laisse-elle présager qu’elle renforcera le lobby israélien ? Depuis la démission poussée d’André Bettencourt du conseil d’administration de l’Oréal à cause de son passé nazi, donne son siège au mari de celle-ci.

En effet l’ouverture de l’Oréal en Israël datent du milieu des années 90, la firme fabriquait une ligne de produits utilisant des minéraux de la Mer Morte, baptisée « Natural Sea Beauty », qui est exportée vers 22 pays. Un tiers des rives occidentales de la Mer Morte se situe en Cisjordanie occupée par Israël. Alors que l’ensemble des rivages et des ressources de la Mer Morte sont interdits aux Palestiniens par l’occupation militaire israélienne. Cette ouverture corrobore avec la démission d’André Bettencourt du conseil d’administration de l’Oréal en 1994 et donna son siège à son beau-fils juif, Jean-Pierre Meyers (celui-ci  avait perdu ses deux parents à Auschwitz). C’est à la suite d’un déferlement de révélations de plusieurs affaires identiques à celles que nous vivons actuellement avec l’affaire Bettencourt, mais celles-ci révèlent le passé des deux protagonistes de la firme. Révélations lancés par l’industriel, Jean Frydman, citoyen israélien dont Marianne en fait un portrait louangeur : « A la lumière de ce sentiment [Frydman résistant] s’éclaire son amour de la France humaniste, comme sa défiance non moins vive à l’endroit de l’«autre France», cette France vichyste et xénophobe qu’il a combattue dans l’affaire L’Oréal. Puis, Frydman a mis son expérience au service des responsables politiques israéliens qui rêvent d’une paix de compromis. Dans de très belles pages, Barnavi rend hommage à la sollicitude et à la patience de celui qui aida et conseilla, tour à tour, Yitzhak Rabin et Ehoud Barak ».

En réalité, ce que Marianne2 ne dit pas c’est que Jean Frydman était à la tête de Paravision, une firme audiovisuel de la holding de l’Oréal. C’est parce que l’Oréal est menacé de boycotte par la ligue arabe à cause des agissements de collaborations sioniste, que son dirigeant Dalle convoque Frydman au conseil d’administration pour rendre des comptes. Citoyen israélien, Frydman est accusé d’avoir utilisé Paravision pour détourner les bénéfices personnels, grâce à des achats et reventes fictifs de films, via des sociétés écrans domiciliées à l’étranger et notamment, aux Pays-bas. La multinational l’accuse d’avoir escroqué plus d’un milliard de francs dans l’opération. C’est pour contre attaquer que Frydman s’est évertué à résister contre l’ « autre France », cette France vichyste et xénophobe qu’il a combattue dans l’affaire L’Oréal ». La guerre entre l’Oréal et Frydman a duré plus de 6 années. Les plaintes déposées pour escroquerie, faux et abus de biens sociaux n’en finissent pas. Mais Frydman joue sa dernière carte et utilise la discrimination raciale, en révélant en dernier lieu le fait que le sénateur André Bettencourt avait écrit plusieurs articles pour un organe de propagande nazie durant la guerre.

L’affaire l’Oréal après de multiples rebondissement médiatiques change de génération, Dalle et André Bettencourt laisse place à Jean-Pierre Meyers et Lindsay Owen-Jones. Ironie du sort, la première fortune de France transmute comme un effet de balancier du côté des victimes juives (comme le symbolique Hôtel Lutetia, racheté par un groupe israélien). Françoise Bettencourt serait donc actionnaire principale avec son mari, eux deux plus enclins que les prédécesseurs à servir ceux que sa famille haïssait. On ne s’étonnera donc pas qu’en 1997, l’Union des congrégations juives orthodoxes d’Amérique décerna à l’Oréal son prix du leadership international.

En juillet 2008, l’Oréal récompensa d’un prix de 100 000 dollars, pour « l’ensemble de sa carrière», un scientifique de l’Israël Weizmann Institute of Science. L’Institut Weizmann, depuis sa fondation, a été un centre majeur de recherches secrètes, de développement du nucléaire, des armes chimiques et biologiques, au service de l’armée israélienne avec laquelle elle entretint des liens très étroits. Il s’agit donc de l’une, parmi beaucoup d’autres, de ces institutions académiques en Israël qui sont complices des violations de la loi internationale et des droits humains des Palestiniens  qui était visées par l’appel au boycott académique du PACBI (Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israël).

LES DESSOUS DE L’INVASION SAOUDIENNE AU BAHREÏN

l’Arabie Saoudite est pris en étau par sa plus grande menace, le soulèvement des chiites. Coincé depuis toujours par une majorité de Chiites à l’Est par le Bahrein. Mais il faut compter aussi avec le sultanat d’OMAN au Sud-est dont la majorité est Kharajite (une faction dissidente du chiisme), mais aussi l’Irak, au Nord-est et bien sûr le Yemen, avec 45 % de sa population qui est Chiite. Les révolutionnaires yéménites gagnent d’ailleurs des régions…

Il faut bien le savoir, la raison des forces saoudiennes pour prêter main forte au royaume du Bahreïn vient d’un traité ratifié par Le Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCG). Composé de 6 pays du Golfe : l’Arabie Saoudite, l’impulseur de cette organisation, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats Arabes Unis et le Quatar, le CCG a pour but d’assurer la stabilité économique et politique de la région.

Créée lors de la guerre Iran-Irak, SOUS LA PRESSION DES USA, l’organisation a pour objectif de contrer l’expansionnisme iranien (chiisme) et le baathisme irakien :

« Un accord de sécurité intérieure est signé en 1982 entre les États membres suite à une tentative de putsch à Bahreïn en décembre 1981 et au niveau militaire, les forces armées des pays du Conseil de coopération du Golfe organisent depuis 1983 des manœuvres communes baptisées « Bouclier de la Péninsule ». Aux sommets de Koweït (1984) et de Mascate (1985), il est décidé que les unités participant à ces manœuvres forment une « force de déploiement conjointe » dont le quartier général se trouve au nord-est de l’Arabie Saoudite. Son commandant est un général saoudien. Enfin, les ministres de la défense du CCG réactivent le projet de l’Organisation des industries arabes (OIA) dans lequel Égypte était impliquée et construisent plusieurs usines d’armement fabriquant munitions et armes légères ainsi que des blindés légers sous licence brésilienne. »

LES REVOLUTIONS ARABES(*) TENTATIVE D’AVORTEMENT PAR L’INGERENCE OCCIDENTALE ?

Les Arabes de toutes obédiences religieuses et politiques ont de grosses divergences [et elles sont nombreuses ! Entre Musulmans concernant la théologique islamique, mais aussi entre Arabes Chrétiens, Juifs, Sabbeens, Zoroastriens, Athées, etc.] ont-ils encore besoin d’un leader qui leur permettra de les fédérer tous ?

Par évidence, les Arabes sont une grande nation qui va au-là de l’état nation car elle englobe aussi tous les musulmans non arabes(**). Le concept d’État nation qu’ils adopteront après la chute de l’Empire Ottoman (dernier bastion des grands empires du vieux monde, considéré à juste titre comme le successeur de l’Empire Romain, byzantin et arabe) leur paraît de plus en plus aujourd’hui comme un accident historique.

C’est notamment, au regard de l’échelle historique, une nation viable dans le temps car celle- ci peut se soulever et rebriller à nouveau comme renaissant de ses cendres. Les révolutions arabes que nous regardons avec fascination en témoignent.

De plus c’est une langue unique pour l’ensemble des musulmans, qui pèse de son poids considérable dans le classement des langues les plus parlées dans le monde aujourd’hui. Sans oublier la fierté que l’arabe procure à ceux qui la parlent : elle fut « langue de la science » pour l’Orient et l’Asie mais aussi pour l’Occident. Les Occidentaux, avant la renaissance, reconnurent la langue arabe comme langue de la science, ce qui les a propulsés au rang des lumières de la raison.

Enfin la langue arabe, en plus d’avoir été la langue de la philosophie, sa polysémie linguistique à multiples interprétations, la langue de la poésie, de la calligraphie, est une langue antique bien vivante depuis plus de 14 siècles. Elle est aussi la langue de la liturgie islamique. Tout cela s’ajoute au sacrée, pour un milliard et demi de musulmans aujourd’hui.

Ce qui les unis tous par dessus tout ? C’est un ancêtre commun, une histoire commune. Reussiront-ils à se fédérer dans toutes leurs divergences ? Sur la seule base commune la reconnaissance absolue de la dignité d’un peuple ? Peut-être, on l’a déjà vu dans le passé. Si la politique européenne et américaine n’œuvrent plus à saper cet élan unificateur -comme ils se sont habitués par l’ingérence, depuis l’époque de « La sublime porte »- à des fins idéologiques.

Mais le drame actuel qui se passe en Libye sous nos yeux et l’ingérence de l’Arabie Saoudite au Bahreïn(***), les revolutions en Suède,  en Espagne , dans le Wisconsin, au Portugal tout récemment… Le désenchantement de l’Irak, de l’Afghanistan et de la Palestine bien sûr, nous poussent à admettre un constat. Les révolutions arabes jouent un rôle majeur dans les affaires du monde, incontrôlables. Elles sont comme des tsunamis naturels et violents qui balaient notre planète et nous montrent l’incapacité de tous les dirigeants à régler ces crises historiques majeures qui nous concernent tous.

Cette incapacité au consensus dans la Ligue Arabe et l’UMA(****), l’ONU et l’OTAN, face aux meurtres des libyens en directe, nous est insupportable.

Si on ajoute à cela, la menace nucléaire venant du Japon, le temps perdu à nous mentir, le nombres de morts par la faute de l’homme irresponsable, les martyrs en constante augmentation, la crise économique, les futurs révoltes de la faim… Les peuples vont s’exaspérer et espérons-le dans un sens pacifique pour tenter de changer ce monde, devenu sans foi ni loi, insensible !

Espérons aussi que ces révolutions qui s’étendent, au-delà des frontières arabes, se fédéreront sous les mêmes combats. La liberté, la justice sociale, le respect de la nature et de la biodiversité à l’échelle de la planète toute entière…

Poussons-les à s’impliquer dans l’universalisme afin d’œuvrer à l’arrêt immédiat de toute forme de violence en Libye. Empêcher l’ingérence occidentale qui n’a d’autres intérêts que d’exploiter ces régions là. À moins qu’ils donnent des gages de leur bonne foi, de ne pas exploiter la région en instrumentalisant l’autodétermination des peuples. C’est une révolution populaire arabe, ne la leur confisquons pas ! Ce sont  les peuples qui doivent choisir leurs dirigeants y compris dans ses instances institutionnelles que sont aussi ces organisations internationales… La mutation est en marche !

Mais en attendant, silence on tue ! Toutes ces organisations fantôches, ce « machin », comme appelait De Gaulle l’ONU, se sont négociées le sacrifice de milliers de libyens,  au sacrifice  des peuples qui se révoltent. La Ligue Arabe, en échange de ces sacrifices, ses membres peuvent réprimer chez eux en toute impunité. Cet état de fait ne sert qu’à empêcher l’union arabe de ce vent de liberté ! Fantôche aussi la Ligue Arabe avec un Amr Moussa à sa tête qui fut sous Mubarak, ambassadeur et je ne sais quoi encore ! Candidat à la présidentiel de la nouvelle Egypte, l’hypocrisie de son double discours… l’Union Africaine, dont les membres sont achetés à coût de dollars, tous des vendus quoi ! On a rien à attendre d’eux. Pourtant j’avais espoir en la Ligue Arabe et l’UMA (Union du Maghreb Arabe) si leurs membres n’étaient pas des dictateurs…. En attendant, Silence on tue ! Devant nos yeux… impuissants !

(*) tawra : révolution en arabe, lire ma définition ici : https://monalika08.wordpress.com/2011/03/15/definition-de-tawra-revolution-en-arabe/

(**) les Arabes ne composent que 15% du monde musulman.

(***) les dessous de l’invasion saoudienne au Bahreïn :
https://monalika08.wordpress.com/2011/03/17/les-dessous-de-linvasion-saoudienne-au-bahrein/

(****) l’UMA (Union du Maghreb Arabe) se réunira le 28 mars :
http://www.maghrebarabe.org/fr/news.cfm?type=1&id=354