DEFINITION DE TAWRA : REVOLUTION EN ARABE

Le saviez-vous ?
 
TAWRA signifie « révolution » en arabe. Ethymologie : Tara « explosé vers le haut » terme pour révoltes très ancien. Alors que le terme moderne de révolution signifie « tourner autour », celui de Tawra avait a l’époque une connotation pas spécialement violente. Tawra fut employé déjà depuis l’avènement de la dynastie Abbasside (8è s.) plus connu sous l’appellation de « Tawra ‘Abbassid ». Toutes les chroniques nombreuses en témoignent.
 
D’une façon moderne pour désigner la révolution (a la française) le terme Tawra n’a été utilisé pour la première fois qu’en 183O par le Cheich Ta’tawi. Ce dernier rend compte dans ces écrits, des « Trois glorieuses » en disant qu’il a assisté a la sédition (fitna) qui s’est faite en trois jours. Il décrit le procès de Vincennes et tout ce qui s’en suit en employant le terme Tawra.
 
4O ans après on retrouve Tawra comme l’équivalent en français de révolution en 1884 dans le dictionnaire al Boustani.

LA CONTROVERSE DU MAÏMONIDE « ISLAMIQUE »

Voici ma réaction à la pétition envoyée à l’UNESCO pour avoir cité Maïmonide comme « un savant musulman » dans le rapport de l’UNESCO sur la science (lire le lien ci-dessous pour comprendre ce qui suit)

http://www.europe-israel.org/2010/12/08/petition-a-madame-irina-bokova-directrice-generale-de-lunesco/

Et voilà ma réponse :

Cette histoire de mosquée me dépasse donc je ne rentrerai pas dans le débat politico-religieux de la question soulevée par cette pétition. On sait ce que cela vaut quand religion et politique se mélangent.
Pour la majorité, l’UNESCO est une Organisation à vocation universelle dont l’objectif est de promouvoir la diversité culturelle, le dialogue interculturel et une culture de la paix. C’est tout ce que je retiens de celle-ci. Je suis aussi à bout d’argument devant tant de sectarisme à propos de Maïmonide ; les grandes figures de l’Histoire appartiennent à l’humanité et non pas aux juifs ou aux musulmans ni aux chrétiens, ni aux athées ! La Religion a bon dos, et multiples facettes, d’une certaine manière, l’Homme la façonne et la transforme à sa guise. Surtout quand la politique s’en mêle. En conséquence, l’homme devient au service de la Religion alors que c’est à la Religion d’être au service de l’homme.

J’aimerais ici apporter ma vision des choses avec Maïmonide.

Maïmonide (alias en hébreux : הרב משה בן מימון HaRav Moshé ben Maïmon et en arabe : عبد الله القرطبي اليهودي Abou Omrane Moussa ibn Maimoun ibn Abdallah al-Kourtoubi al-Yahoudi « Moïse fils de Maïmoun fils d’Abdallah le cordouan Juif»)apparaît comme un penseur fortement influencé par la culture arabo-musulmane. Beaucoup contestent que Maïmonide puisse se prévaloir d’une quelconque appartenance à la civilisation arabo-musulmane.

Permettez-moi de rappeler à la raison quand il est avéré que Maïmonide fut disciple du maître d’ibn Bajja (musulman andalou). Ce grand penseur avait donc comme maîtres de nombreux musulmans tels qu’ Al Farabi surnommé « le second maître après Aristote » ou Avicenne dont il fut très influencé, ou encore Ibn Bajja (Avempace), Ibn Tuyfal ou enfin son contemporain Ibn Rushd (Averroès).

Le code maïmonidien, « le Mishneh Torah » est le seul ouvrage écrit en langue hébraïque,toutes ses autres contribution sont essentiellement en langue arabe. Cette œuvre majeure, Mishnet Torah a sans nul doute de fortes analogies avec le l’Ihya ‘Ulûm al Dîn (revivification des sciences religieuses) d’Al Ghazali (m.1111). Ces deux œuvres ont en commun les disciplines juridico-religieuses et sont destinées à revitaliser les sciences religieuses (le premier pour le judaïsme, le second pour l’islam). D’ailleurs ceux de ses coreligionnaires et inquisiteurs juifs qui l’avaient disgracié (à cause de sa philosophie) sont ceux-là même qui vouaient une admiration au « Tahafut al falasifa » (l’incohérence des philosophes) dont l’auteur est encore ce même Al-Ghazali. Ce dernier, penseur musulman dans l’âme, mit tous les moyens d’une excellente maîtrise philosophique aristotélicienne pour réfuter la philosophie et mettre fin à cette discipline dans le monde musulman.

Que vous le vouliez ou non Maïmonide fait partie des grands noms de l’Âge d’Or musulman, comme il l’est pour l’Âge d’Or juif en influençant l’humanité. Comme l’a été l’étude de l’Averroisme (avec l’étude de la pensée d’Averroès allias Ibn Rushd) pour les Juifs (par l’entremise de Maïmonide), pour les Chrétiens (avec Saint Thomas d’Aquin) mais aussi pour les philosophes modernes.

Dans le Guide des égarés , qui fut écrit comme toutes ses œuvres en langue arabe, (excepté le « Mishneh Torah ») on peut voir une similitude avec le « Régime du Solitaire » d’Al Farabi dans lequel il développe une thèse d’allure néoplatonicienne consistant dans la réduction du moi à l’être divin, le but de l’existence humaine étant l’union avec Dieu au moyen d’une ascension plus intellectuelle que mystique ou religieuse (Al-Farabi est mort à Damas en 950). Ceux qui connaissent la philosophie islamique, reconnaîtront aisément chez Maïmonide la « parabole du Roi » d’Avicenne mais aussi le conte philosophique de Hayy Ibnou Yaqzan (Vivens filius Vigilantis : du Vivant fils de l’Eveillé ou du Vigilant) dont voici un extrait de son auteur :

« Alors je demandais au Sage de me guider sur le chemin du voyage, de me montrer comment entreprendre un voyage tel qu’il en faisait lui-même. Je le fis sur le ton dont pouvait l’en requérir un homme qui en brûlait d’envie, en avait le plus ardent désir. Il me répondit: Toi et tous ceux dont la condition est semblable à la tienne, vous ne pouvez entreprendre le voyage que je fais moi-même. Il vous est interdit; à vous tous la voie en est fermée, à moins que ton heureux destin ne t’aide, toi, en te séparant de ces compagnons. Mais maintenant, l’heure de cette séparation n’est pas encore venue: un terme lui est fixé, que tu ne peux anticiper. Il faut donc te contenter pour le moment d’un voyage coupé de haltes et d’inaction; tantôt tu es en route, tantôt tu fréquentes ces compagnons. Chaque fois que tu t’esseules pour poursuivre ta marche avec une parfaite ardeur, moi je fais route avec toi, et tu es séparé d’eux. Chaque fois que tu soupires après eux, tu accomplis un revirement vers eux, et tu es alors séparé de moi; ainsi en sera-t-il jusqu’à ce que vienne le moment où tu rompras totalement avec eux. »

Ce conte philosophique qui a rendu célèbre Ibn Tufayl matérialise les exigences que sont la vie en société (Al-Farabi) et l’isolement propice à la vie spéculative (Ibn Bajja)… On retrouve cette idée philosophique dans le dernier mot des « Ennéades » de Plotin : « Telle est la vie des dieux et des hommes divins et bienheureux : s’affranchir des hommes d’ici-bas, s’y déplaire, fuir seul vers le seul ».

Je tiens à signaler ici qu’il n’est absolument pas question ici de dire que Maïmonide est musulman mais de rendre à César ce qui appartient à César : le patrimoine musulman reconnaît Maïmonide comme parfaitement « musulman » c’est à dire conforme au dogme Islamique.

D’autre part, on s’accorde bien à accepter l’idée que la philosophie islamique est grecque hellénisante alors pourquoi ne pas reconnaître, de bonne grâce, que la philosophie de Maïmonide est « islamique » ?

Enfin, je n’évoque pas les débats sans fin des biographes de Maïmonide sur les divergences à propos de sa conversion ou non à l’islam. Je vous laisse lire l’article du Washington Post intitulé « the great Islamic Rabbi ». J’espère, par ce retour sommaire à l’histoire de la philosophie islamique, dépassionner le débat qui fait tort au patrimoine universel,au dialogue des cultures et à la culture de la paix car nous faisons tous partie d’un tout :

http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2008/12/30/AR2008123002789.html
En français pour les non anglophones :
http://translate.google.fr/translate?hl=fr&langpair=en|fr&u=

http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2008/12/30/AR2008123002789.html

Un printemps 56 en 2011 pour tout le Maghreb ?

La Une de l’Express cite : « Les autorités marocaines ont interdit, ce lundi à Rabat, une réunion de soutien aux manifestants tunisiens. Face aux troubles, le régime de Tunis peut compter sur son voisin maghrébin« .  Cette manifestation en solidarité avec la Tunisie, organisée par un collectif d’associations, dont l’AMDH (Association Marocaine des Droits Humains), devant l’ambassade de Tunisie à Rabat a été interdite par le régime marocain. Les autorités marocaines auraient prétexté par « l’impossibilité pour un pays voisin de la Tunisie d’autoriser sur son territoire une manifestation hostile au régime de Zine El Abidine Ben Ali« . Mais les motivations sont toutes autres : Le Maroc tente, tant bien que mal depuis quelques années, d’avorter les révoltes parmi ses habitants.

C’est à Tinghir dans le sud du Maroc, à Al Hosseima dans le Rif mais aussi à Laâyoun (Sahara Occidental) que les tensions sont les plus vives

La colère populaire semble venir de petits patelins, éparpillée, non canalisée, apolitique, et souvent menée par beaucoup de femmes. Les émeutes qui secouent la Tunisie et l’Algérie pourraient fortement secouer le Maroc dans les jours ou les mois prochains. Ce sont les mêmes revendications sociales, les mêmes hogra (humiliation). En Tunisie et en Algérie, c’est une situation identique au Maroc. Désastreuse pour la dignité humaine, la corruption sévit depuis des lustres ou 80% des marocains profitent de celle-ci. Les richesses sont mal réparties et cela dure depuis des décennies.

Les révoltes de Tinghir

Dans la province de Tinghir, un mouvement Berbère s’est révolté le 26 décembre, MAIS BLACK OUT DES MEDIAS. Les évènements de Tinghir que la presse arabophone et francophone marocaine n’ont pas fait l’écho, sont les prémices d’un enflammement qui risque fort de s’étendre. Depuis la création d’une province à Tinghir en 2009, la région est en proie à des tensions constantes à cause des déficits sociaux grandissants. C’est le taux très important de chômage qui frappe un grand nombre de jeunes de la région et les conditions archaïques de l’infrastructure de Tinghir-centre et des régions avoisinantes. Ce 26 décembre dernier, ils étaient 20 000 manifestants à avoir répondu, ce dimanche matin à Tinghir, au mot d’ordre de grève de la Fédération des associations de développement (FAD). Mais la marche pacifique aux revendications de protestations contre la régression des indicateurs sociaux dans la région s’est soldée en émeutes violentes. Des centaines de personnes appartenant à l’aile extrémiste du mouvement amazigh « Guigouch » n’ont eu que faire de l’appel pacifique lancé par les organisations. Les manifestants ont commencé vers 13h à lancer des pierres en direction des forces de l’ordre tout près du siège de la nouvelle province. Des véhicules privés et publics ont été endommagés et plusieurs éléments des Forces auxiliaires ont été blessés, dont certains grièvement. Neuf d’entre eux ont été transportés d’urgence à l’hôpital Moulay Ali Charif d’Errachidia.

A une année de l’approbation Royale de créer une province à Tinghir, le projet de mise à niveau n’est pas entré en vigueur, et la question urbaine reste de loin la plus problématique.  « Les contestataires sont en colère contre l’aggravation des pressions exercées sur les habitants des oasis sur le plan urbanistique, consistant à leur imposer des lois et des conditions irréalisables qui ne prennent compte ni des particularités locales, ni de la nature de la région, encore moins du manque d’infrastructures à même de leur permettre de remplir les conditions exigées « , déplore un communiqué de la FAD de Tinghir, rendu public après la manifestation. Selon la même source, «cette situation a créé une récession sans précédent dans les métiers du bâtiment qui figure comme une source de revenus pour beaucoup de familles et impacte gravement la stabilité sociale dans la région menacée, notamment par la montée en puissance de l’habitat anarchique qui a engendré chez les habitants un sentiment flagrant d’injustice ».

TINgHIR 26 DECEMBRE 2010 : http://www.youtube.com/watch?v=m-M7K5ob5V0&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=m-M7K5ob5V0&feature=related

D’autres régions du Maroc ont soulevé des protestations sans précédent en ce mois de décembre comme celle de la région d’Al Hosseima, les oubliés du régime.

Dans le Rif à Boukidaren (Sidi Bouafif), région de Al Hoceima(*), la colère des habitants a éclaté un vendredi 10 décembre 2010, dès 9h30 du matin suite à l’ expropriation d’une famille et la démolition de son logement par l’autorité du makhzen escortée par des forces de l’ordre.

C’est par une femme que tout a commencé

Le 10 décembre dernier, une femme avec ses deux enfants s’est mise en travers de la route nationale et l’a bloquée en criant  » si je n’obtiens pas mes droits, je coupe la route avec mes deux enfants , face à l’injustice il ne me reste qu’à me suicider avec mes enfants « . En solidarité du courage de cette mère, les habitants se sont exécutés en barrant la route de concert. La route nationale fut bloquée mais les forces de répression, l’armée et la force mobile, ont lancé les grenades lacrymogène et ont tiré des balles en plastique sur la population. Les jeunes se sont rebellés en ripostant par des jets de pierres en criant à l’insurrection de la population. Malgré les premières arrestations et les premiers blessés, les jets de pierres contre les forces de répression ont continué en force. Ce jour là, des voitures ont été brûlées, des estafettes encerclées, et le plus étonnant est que  les forces de l’ordre ont pris la fuite. On compte plus de 30 blessés au sein des forces de l’ordre. D’autres villages environnants comme Tamassint, Imzouren, Aït Bouayach se sont solidarisés avec les habitants de Boukidaren. Les troupes armées venues en renfort de Nador se mobilisèrent toute la nuit de ce vendredi 10 décembre contre les manifestants des villages avoisinants qui ont rejoint les habitants de Boukidaren. Les représentants des associations : diplômés chômeurs, AMDH étaient aussi présents. Le courage des villageois fut exemplaires : des barricades ont été montées pour faire face au déploiement des troupes militaires et des forces répressives. Toute la nuit, les combattants n’ont eu de cesse de répondre aux forces de l’ordre en chantant des slogans de victoire.

AL-HOCEIMA LE 17 NOVEMBRE 2010, VIOLENCE CONTRE LES CHOMEURS : http://www.youtube.com/watch?v=5GocUBFa1SM&feature=related

AL-HOCEIMA RIF MAROC AYT YOUSSEF OU ALI BOKIDAN SIDI BOUAFIF 10/12/2010 : http://www.youtube.com/watch?v=X9IEp8ANRVk feature=player_embedded

Les émeutes de Laâyoune chef lieu du Sahara Occidental

En novembre dernier, le chef-lieu du Sahara Occidental n’est pas sorti du cauchemar de 1999. La situation du Sahara Occidental n’a trouvé aucune solution depuis 35 ans, pour sortir le Polissario des revendications sahraouies d’autodétermination. Pourtant, le Sahara Occidental, à l’inverse des autres régions « marginalisées » du Royaume, reste depuis 35 ans, l’otage des puissances de ce monde. Il l’est surtout du fait des rancœurs entre le Maroc et l’Algérie, résidues de la colonisation. C’est l’endroit du Maghreb le plus observé par la communauté internationale. Le démantèlement du camp Gdeim Izik  à une dizaine de kilomètres de Laâyoune le lundi 8 novembre dernier par les forces de police marocaine ont pu maîtriser les émeutes. Mais pour combien de temps encore ?

Le pouvoir du Makhzen arabe considère toutes ces revendications inutiles du fait de la marginalité des régions berbères mais la révolte des jeunes tunisiens et algériens inquiète fortement le pouvoir marocain. Il y a peu de temps encore, il était impossible pour le peuple marocain de manifester pour défendre ses droits publiquement sans craindre la répression sanglante du régime. Mais depuis quelques années, on assiste de plus en plus à des démonstrations publiques de protestation dans les différentes régions du Royaume quand ceux-là s’estiment mal traités.

Le Sahara, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, l’Egypte et la Jordanie(*) sont passés récemment par ce type de mouvements sociaux. Malheureusement aucune force politique dans la région n’est capable de porter cette colère populaire afin qu’elle puissent retrouver enfin sa marche vers le progrès, avec le respect des droits humains, l’arrêt des spoliations et l’exploitation des peuples de leur région. Le message de cette jeunesse maghrébine pourrait être des doléances comme celles-ci : les gouvernements du Maghreb et du Machrek doivent accorder l’importance de ces mouvements sociaux. Les peuples du Maghreb sont solidaires, ils le sont aussi contre toute les dictatures du Moyen Orient. Les émeutes pourraient être le début d’une revendication populaire unifiée à tout le Maghreb d’abord et pourquoi pas avec le monde arabo-musulman. Ce peuple est aguerrie de sa longue histoire commune. Il semble ne plus vouloir de l’islam politique du monde arabo-musulmans. Les dénominateurs communs des révoltes populaires sont la justice sociale, la gestion des minorités avec le droit à l’égalité des chances. On pourrait y ajouter, le droit des femmes dans une démocratie qu’ils sont en train de réinventer. La tunisie scande « horriya » ! Liberté ! La Liberté de conscience, la Justice sociale, si chères à ces peuples et surtout si chères à l’islam, dans son fondement premier. Aucune bannière religieuse ou nationaliste n’a su respecter ces principes fondamentaux. Enfin, aujourd’hui, personne ne pourra entraver la marche révolutionnaire d’un peuple très jeune qui lui,  sait ce que le  post-modernisme veut dire !

(*) Pour rappel, le tremblement de terre d’Al Hoceima en 2004, a fait 628 morts, plus de 926 blessés, 15.230 sans-abri avec l’effondrement de 2.539 maisons dont 2498 en milieu rural. Ce sont les oubliés du régime, la souffrance des victimes continues à faire partie de l’actualité quotidienne. Les habitants d’Al Hosseima avaient refusé les 30.000 DH proposés par l’Etat estimant l’aide insuffisante pour faire face aux projets de construction de logements décents. Devant le refus des autorités publiques de revoir à la hausse le montant de l’aide, le conflit a perduré malgré quelques tentatives avortées de solution. Il continue encore à envenimer le quotidien des habitants de Tamassint.

(**)Les autorités jordaniennes ont arrêté 51 personnes liées aux émeutes ayant éclaté mardi 4 janvier 2011, dans la ville de Maan (sud) après le meurtre de deux Jordaniens dans un conflit portant sur des emplois, a confié à l’AFP une source des services de sécurité. Le gouvernement jordanien a indiqué mercredi avoir restauré le calme à Maan, dans le sud du pays. Des centaines d’émeutiers ont mis le feu à plusieurs bâtiments publics et à des véhicules de police mardi après les obsèques de deux hommes tués la veille, dans le cadre d’un différend qui a éclaté après le choix d’un entrepreneur des ouvriers devant travailler sur un immense projet hydraulique à Dissi.

 

Docu « Gaza-strophe, le jour d’après », primé par France Télévisions !

Papier publié sur le site Al Har

« Un jour de justice pour l’oppresseur est bien plus terrible qu’un jour d’injustice pour la victime »

GAZA-STROPHE, le jour d’après est un documentaire d’une réalité à faire pâlir n’importe quel sioniste même celui qui s’ignore !  D’une vérité sans ombrage, le documentaire montre sur le vif, l’ampleur du désastre au lendemain de l’assaut israélien « plomb durci » qui a tué de nombreux civils, habitants de la bande de Gaza. Une guerre terrible dénoncée par le rapport Goldstone comme crime contre l’humanité. Réalisé par Khéridine Mabrouk et Samir Abdallah, le documentaire d’une durée de 55 mn sera projeté ce samedi  4 décembre à 15h00[i].

C’était le 20 janvier 2009, le jour d’après la dernière guerre israélienne, l’assaut criminel de son armée sur tout un peuple, reste impayé.  Mais les images de ce bouleversant documentaire immortalisent l’évènement tragique de Gaza.  C’est par le témoignage de dizaines de palestiniens dépassant la souffrance par des nokta (récits, blagues) ou à coup de poésies palestiniennes que l’arabe sait rendre admirable, que les réalisateurs nous rendront compte de ce qui s’est passé, alors qu’aucun journaliste n’a pu pénétrer sur les lieux. Ces images nous rappellent notre impuissance au moment des dégâts. Elles nous laissent à l’esprit qu’une année est passé mais que la situation, déjà catastrophique des Gazaouis, a empirée depuis sa première diffusion publique sur France ô, en février dernier.

Malgré tout, c’est l’ombre d’un espoir de paix qui se dessine à travers cette œuvre culturelle, d’information, d’interrogation. Un hymne à la résistance acharnée face à l’injustice que subit le peuple palestinien, une victoire face à l’oppresseur qui  veut taire au monde ses exactions. En effet, Gaza-strophe immortalise cette tragédie en « œuvre irrésistible » et  reçoit, ce 1er décembre,  le Grand  Prix France Télévisions du Documentaire et du Reportage Méditerranéen pour la catégorie « Enjeux Méditerranéen ». Ce Grand Prix France TV a reconnu l’œuvre pour « la capacité des réalisateurs à interroger et mettre en perspective les évènements, ainsi qu’à se mettre à l’écoute des protagonistes ». Une bien belle récompense quand on sait les pressions que le groupe France Télévisions a encourues pour les plier à déprogrammer le documentaire.  Les militants des droits humains saluent France TV de ne pas avoir cédé en persistant tout de même à le diffuser en prime time sur France ô, il y’a presque qu’un an !

Outre ce prix,  Gaza-strophe avait  été consacré deux fois  au  Jury Officiel  du 21e Festival International du Film d’Histoire de Pessac,  dans la catégorie du Documentaire et du Prix du Jury des Jeunes  Journalistes. L’œuvre reçu aussi  le Prix Ahmed ATTIA Pour le Dialogue des Cultures MEDIMED, Barcelone 2010.

Gaza-strophe, à voir ou à revoir en projection publique et surtout soutenez le film 100 mn, version cinéma ici :


[i] Sortie du film le 16 mars « GAZA-STROPHE, PALESTINE » – horaires au cinéma St Michel à Paris (7, place St Michel -Métro St michel) à partir du mercredi 16 mars : mercredi 16, samedi 19 lundi 21 et mardi 22 mars, 3 séances : 13h – 16h40 et 20h20 (débat après la séance de 20h20 avec les auteurs + invités) jeudi 17, vendredi 18 et dimanche 20 mars, 3 séances : 14h50, 18h30, et 22h10. Après la projection, il est possible de dialoguer en rencontrant les auteurs ainsi que les membres du PCHR de Gaza (Centre Palestinien des Droits de l’Homme). Abu Samer et Joker, ces deux militants des droits de l’Homme de Gaza ont guidé les deux réalisateurs tout au long de l’étroite bande de Gaza sur les traces des chars israéliens.

Sahara occidental : 35 ANS SANS SOLUTION

A l’époque, il n’y avait pas de rancune ni de méfiance entre le Maroc et l’Algérie. Rappelons que le Maroc a soutenu la guerre de libération algérienne et ce soutien à l’Algérie fut total et sans aucune ambiguïté.

Le nœud gordien entre ces deux pays est en rapport direct avec l’annexion de la région de Tindouf (Sahara occidental) par le Maroc en 1974. Boumédienne (qui a fait le coup d’état contre Ben Bella) est le grand responsable de cette opposition. Il faut savoir que la France avait annexé Tindouf parce qu’elle y trouva du fer en 1932. Avant cette date, la région de Tindouf était marocaine, de ce fait, le Maroc perd une manne naturelle importante dans un pays, qui déjà, possède peu de richesses minières. En 1958, lors d’une négociation entre les militants du FLN et les partis nationalistes marocains, Tindouf devait revenir au Maroc, une fois l’indépendance retrouvée. Mais l’Algérie rompit ce pacte en refusant ce qui revenait au Royaume. Ainsi, dès 1963, une guerre courte débuta entre les deux pays voisins, et depuis, ces deux voisins restèrent en froid, tant la question du Sahara ne régla jamais le problème.

En 1974, au sommet islamique de Casablanca, le Maroc annonce qu’il récupérera le territoire du Sahara. Boumedienne refuse et affirme que le Sahara appartient au peuple Sahraoui. Le Maroc met sa promesse à exécution en annexant la région historiquement occupée par l’Espagne, en 1884, puis par la France. La rancœur algérienne subsistera en raison de la guerre, suite à cette annexion.

En mai 75, l’Espagne se retire du Sahara, le 16 octobre 1975, la Cour Internationale de justice de la Haye qui est saisie par le Maroc, reconnaît l’existence du lien de souveraineté entre la population sahraouie et le roi du Maroc, avant la colonisation espagnole. Le 6 nov. 75, une Marche verte est organisée, cependant cette dernière déclenche une guérilla faisant des milliers de morts, de part et d’autres et autant de prisonniers. Le cessé-le-feu n’interviendra qu’en 1991.

Chaque fois que le Maroc propose une solution, l’Algérie s’y opposera. D’un point de vue géopolitique, le Maroc est un pays ouvert sur deux mers, l’Algérie n’en possède qu’une.

Quatre séries de négociations, entre Marocains et Sahraouis, ont eu lieu aux Etats-Unis par les Nations unies. Jamais de solutions abouties, car Alger met son veto, et ça n’avance pas.

L’Algérie « contrarie la dynamique de négociation »
Alger refuse d’ouvrir ses frontières et de coopérer, profite de sa richesse pétrolière pour affaiblir le Maroc, en faisant par ex. du chantage avec ses partenaires comme l’Espagne. Chantage au pétrole et au gaz pour les obliger à retirer leur soutien au Maroc, comme cela s’est produit, encore en 2008, entre Bouteflika et Zapatero.

Pourtant le Maroc pacifique tente de mettre en place, tant bien que mal, une coopération afin que la région du Maghreb puisse en profiter : l’Union du Maghreb existe mais seulement sur le papier, l’Algérie bloque, l’Union du Maghreb ne verra pas le jour. Le Maroc a ouvert ses frontières avec l’Algérie, il n’y a plus de visas aux Algériens, la réciproque ne l’est pas.

Le Maroc avance un pied en occident tout en préservant une culture traditionnelle millénaire. L’Algérie possède un grand territoire et beaucoup de richesse, malgré toute cette richesse, le peuple en pâtit. On la dit «démocrate » mais leur président Bouteflika est réélu jusqu’à sa mort, à défaut de n’avoir personne d’autres à proposer de mieux aux élections.

Le Maghreb serait à feu et à sang si le Maroc n’usait pas de ses atouts diplomatiques, surtout si le Maroc venait à revendiquer une partie de l’Algérie avant l’enclave de l’empire Ottoman (le Maroc a été le seul pays du Maghreb à échapper à l’emprise de l’Empire Ottoman, avec l’Egypte et d’une manière minime, la péninsule arabique).

Quand on sait la responsabilité du Pouvoir d’Alger dans les massacres perpétrés par le GIA et l’assassinat des moines de Tibéhirine avec la complicité des services secrets Français (avec le même chantage aux intérêts français dans le pays), on peut légitimement se demander pourquoi l’Algérie entretient toujours cette ambiguïté politico-territoriale alors qu’elle aurait tout à gagner avec le maroc comme partenaire dans la région. 

Les frontières françaises ont fini par diviser ce grand territoire qu’était le Maghreb (anciennement Ifriqiya). La colonisation a bien réussi à séparer ces peuples pourtant à la même culture. Le Maroc à préservé son identité d’avant la colonisation, c’est le plus ancien Etat nation, vieux de 12 siècles, difficile à déraciner !

J’espère que les maghrébins mettront la pression sur leur gouvernement pour que Vive l’UNION DU MAGHREB ARABE, seule solution pour une indépendance réelle et contre l’ingérence occidentale !

UN MISSILE MYSTERIEUX LANCE AU LARGE DES CÔTES SUD DE LA CALIFORNIE

Au dessus de l’Océan Pacifique, un missile mystérieux a été aperçu le 08 novembre, au large des côtes sud de la Californie et a été filmé par un hélicoptère de KCBS News. La trainée de condensation spectaculaire (contrail) a pu être vue par tout Los Angeles. Mais personne ne sait qui a lancé ce missile et pourquoi ! C’est un vrai mystère que les Américains souhaitent très vite éclaircir.

Les images d’une qualité exceptionnelle ont été prises par l’hélicoptère KCBS News aux alentours de 17 h00, heure locale. L’emplacement du missile a été localisé dans l’Ouest de Los Angeles, dans le nord de l’île de Catalina, à environ 35 miles au large de l’Océan, à partir d’un sous-marin. Un porte parole de la Navy a certifié que ce missile n’appartenait pas aux leurs. Il ajoute qu’il n’y a pas eu d’opération de la Marine dans cette partie de la région depuis que la base d’Air Force de Vandenberg a lancé une rocket Delta II, le 5 novembre dernier. News 8 a montré la vidéo montrant les images du missile à l’ancien ambassadeur américain de l’OTAN et à un ancien sous-secrétaire de la Défense, ces derniers garantissent que ce missile n’est pas un Tomahawt.

La télévision MSNBC Media affirme que la Navy n’aurait jamais procédé à des essais de tir de cette envergure sans en avertir la population. D’autant plus que Barack Obama est pour l’heure en tournée en Asie et qu’il prévoit durant son voyage d’aller en Inde, en Indonésie, en Corée de Sud et au Japon.

Marika EL HAKI

HOMMAGE AU PHILOSOPHE RIDHA CHAÏBI

http://www.al-har.fr/blog/2010/10/29/hommage-a-ridha-chaibi/

Nous, étudiants en L3 d’IJAZA, à l’Institut International de la Pensée Islamique (IIIT), avons appris avec effroi le décès accidentel de notre professeur Ridha Chaïbi, le 21 octobre 2010, lors de son séjour en Tunisie. Aujourd’hui, plus que jamais, nous voulons nous associer à la douleur de son épouse, de ses enfants et à celle des siens. Nous  soutenons leur courage et leur patience dans cette épreuve difficile. Nos Du’a iront vers eux. La mémoire de ce cher professeur et des heureux moments passés ensemble continuera à illuminer nos existences. R. Chaïbi était de ces hommes de haute droiture, avec une exigence morale importante. Son souci et son effort  furent de faire apparaître la complémentarité des différences, de réconcilier les oppositions, de transcender les divergences. Aujourd’hui il n’est plus là. Mais il nous reste en mémoire sa forte présence, sa générosité, son enseignement. Nous avons eu à faire, à chaque fois, à un cours magistral dans lequel sa pensée propre n’y paraissait pas. Il respectait dans les moindres détails la pensée des grands penseurs.  Sa simplicité faisait de lui un « accoucheur des esprits » de la lignée des grands philosophes.

Une étudiante me rappelle un débat sur Karl Marx dans lequel Fatima était en désaccord sur la notion de partage. Ridha se faisait le chantre de l’argumentation marxiste qui laissait de plus en plus perplexe notre étudiante : «Tout le monde obtient la même chose, peu importe si l’effort fourni est grand ou moindre... ».  Fatima débattit avec Ridha Chaïbi, ne sachant s’il était sérieux ou s’il la provoquait volontairement. Ridha finit par clore le débat en ces termes : « Mais c’est parce qu’il te reste encore de la bourgeoisie en toi ! ». A ce moment précis,  Fatima se sentit désabusée, choquée même !  Ridha continua : « mais non, ce n’est pas moi qui parle, c’est Marx qui dit cela… ».  Il l’avait bluffée. C’était la pensée de Marx lui-même qui se trouvait devant nous ! Jusqu’au bout,  notre professeur n’avait de cesse qu’il ne nous ait transmis avec justesse et passion les pensées philosophiques qui ont fait l’histoire de l’Occident.

Il y a bien un domaine où sa pensée trahissait son combat pour les libertés. Quand il dispensait les cours sur l’analyse de La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.  « Que signifie liberté ? Pour nous aider à y répondre, Ridha passe par deux voies   opposées qui s’affrontent : les pensées du marxisme et de l’utilitarisme. Leur point  commun ? Récuser La Déclaration des Droits de l’Homme. En voici un aperçu :

La distinction marxiste entre les droits des  libertés. La déclaration française des Droits de l’Homme est une déclaration « formelle » pour « reconnaître et mieux dominer ». Ridha nous explique : «Quand on déclare un individu libre de  s’exprimer et quand il s’exprime et contredit les opinions de son patron ou de l’autorité, il se trouve être assassiné car privé de sa vie ou de ses biens, de son emploi. Cet individu agira donc de sorte que ses supérieurs  ne soient pas choqués et fera qu’il leur plaise. C’est une liberté  « formelle ». La seul liberté « réelle » c’est quand l’individu agit sans aucune crainte et ceci ne sera possible que quand on aura supprimé la propriété privée, celle-ci est source de tous les maux humains ».

L’utilitarisme des libéraux : une liberté individuelle sans limite. Pour d’autres raisons que les marxistes,  les utilitaristes considéraient  La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyens comme un « contresens philosophique ».  Le Professeur Chaïbi nous éclaire encore : « On ne pourra jamais donc définir, selon eux, des principes moraux qui seraient universels et prétendre que ceux-ci sont les principes même de la raison « Selon la nature humaine il faut… », « Selon la raison il faut… ». Pendre la raison, la nôtre pour  témoin, est  irrationnel puisque la raison évolue « selon un calcul des plaisirs et des peines » et celles-ci évoluent selon les circonstances et les structures. Parler donc d’une déclaration universelle c’est vouloir se substituer au vrai décideur qui est l’individu. On a plus asservi, par cette déclaration,  l’individu que l’on a libéré ce dernier… ». Il nous obligea  à ouvrir notre esprit ; ce fut bien qu’il le fasse à travers le contenu de cette Déclaration.

Une autre étudiante, F. D., se souvient de sa particularité à provoquer : « Ses interventions parfois brutales auraient pu choquer, braquer mais sa compétence était tellement avérée qu’il n’y persistait aucune réaction négative de la part des étudiants. Sa droiture et sa simplicité, sa capacité d’accueil au sourire radieux, d’un accès facile aux savoirs didactiques  faisaient de lui un être sincère et bon ».  Notre professeur nous aiguisait à la pensée critique avec la finesse d’esprit qui représentait toute sa personnalité.

Le  décret de Dieu voulut que le terme de sa vie coïncide avec l’immense bonheur d’avoir été promu  maître de conférences à la faculté de lettres de l’université de Kairouan (Tunisie). Et comme naguère les Compagnons, ce docteur en philosophie mourut sur le chemin de l’Hijra. Puisse Dieu l’honorer en son sein et continuer à travers nos esprits  l’œuvre qu’il a semée. Ce sera à l’occasion de la remise du diplôme de la IJAZA, qui marque l’histoire de la toute première promo et du lancement du 3è cycle, que tous les professeurs et les étudiants rendront un dernier hommage à notre défunt Professeur  Ridha Chaïbi,  le 1er novembre 2010 à 18h30. Nous pensons, pour l’occasion, baptiser cette promo 2010 par son nom.

Marika EL HAKI

Journaliste islamologue et étudiante à l’IIIT.

Courants de Pensée en Islam : Ash’arisme courant majoritaire

L’Ash’arisme est la doctrine majoritaire en Islam avec le Maturidisme qui lui est presque identique. L’Ash’arisme nous est venue de Abu l’Hassan al Ash’ari (874–936) fils de Ismaïl qui est le fils ou petit fils d’Abu Musa al Ash’ari (m.662 ou 672), compagnon du Prophète (Abu Musa joua un grand rôle dans les troubles après la mort d’’Uthman se faisant berner par Amir ibn al ‘Aç qui nomma Mu’awiya à la place de ‘Ali).

En ce qui concerne les écoles juridiques sunnites, il y’en a 4 reconnues + une que l’on peut intégrer aux 4 : l’école Dhahirite (ibn Hasm) + l’école shiite qui a sa place à al Azhar depuis peu. Il ne faut pas confondre la jurisprudence -qui sont les écoles juridiques- et les doctrines des Usul al din, qui déterminent la ‘aqida (dogme en Islam) qui sont des théologiens (mutakalimun). Contrairement aux écoles juridiques, les écoles théologiennes se contredisent toutes et divisent la Umma, jusqu’au point du Takfir. Les points de divergences sont surtout à propos de la nature de Dieu (les attributs d’essence sont-ils séparés ou non de Dieu ? A-t-Il une main, un visage ? etc.), le libre arbitre, le kalifat et l’éternité du monde.

Il ne faut pas les confondre avec les écoles juridiques car chacune des 4 écoles juridiques appartiennent à l’école ash’arite ou maturidite de son fondateur et contemporain, Abu Mansur al-Maturidi (944). Ces deux Doctrines sont majoritaires en Islam à + de 90%. La différence entre ces deux doctrines se situe sur entre autres  la raison humaine, contrairement à l’école d’al-Ash’ari qui affirme que la connaissance de Dieu découle de la révélation par les prophètes, l’école Maturidite fait valoir que la connaissance de l’existence de Dieu peut être déduite par la raison seule.

Les maturidites donnent plus de pouvoir à l’homme que l’Ash’arisme qui se rapproche du hanbalisme littéraliste et déterministe (jabryite).  Les Hanbalites et Ash’arites croient que l’homme n’a aucun pouvoir, quoiqu’il fasse, bien ou mal, c’est Dieu qui crée les actes en l’’homme (perso, je trouve que c’est une aberration). Ils pensent que « les choses sont bonnes ou mauvaises parce que c’est Lui qui les a décrétées ainsi ». Pour sauver la transcendance divine, les ash’arites diront encore qu’on n’interroge pas Dieu sur ce qu’Il fait.

Il faut savoir que le fondateur de la doctrine orthodoxe (ash’arite) de l’Islam a établis sa doctrine en opposition à son maître al Jubaï, Mu’tazilite (autre école de pensée théologique disparue au XIIIème siècle). La doctrine Mu’tazilite repose sur le principe de la « Justice divine »(‘Adl), l’axe central : « Dieu ne peut pas faire le mal, le mal vient de l’homme ; Dieu est juste, donc Il ne peut pas créer le mal en l’homme ou créer un être impie, c’est l’homme qui le devient par obstination à vouloir faire le mal, c’est lui qui s’égare à force d’obscurité ». « Même si Dieu infini et tout puissant, dans son omniscience connaît les actes de ses créatures, sa Toute-puissance, ne prend pas part directement aux actes humains » car l’homme est  « créateur de ses actes » par un pouvoir (qudra) que Dieu a crée en lui. Les Mu’tazilites ont établis leur doctrine dès les débuts du 8ème siècle et surtout après la mort de ‘Uthman en jouant un rôle capital dans le développement du dogme en Islam. Ils s’opposaient surtout aux athées, à la trinité chrétienne et aux hanbalites qu’ils nommaient les muchabbihah, (anthropomorphisme) puisqu’ils reconnaissent que Dieu a des mains, un visage, est assis sur un trône au sens propre des termes.

Malgré tous ce qu’on a pu dire de mal sur les Mu’tazilites, il faut savoir qu’ils ont été les premiers à élaborer le dogme du Tawhid, l’unicité absolue de Dieu, que toutes les doctrines reconnaissent par l’Ijma’ (consensus des savants) et reprennant  les grandes bases. L’ash’arisme qui je le rappelle est la doctrine théologienne majoritaire et orthodoxe de l’Islam donc celle de la pensée majoritaire à 90% nous vient d’Abu l’Hassan al Ash’ari qui était lui-même mu’tazilite jusqu’à la disgrâce des mu’tazilites. Lors des révoltes contre le pouvoir abbaside qui officialisèrent  la doctrine Mu’tazilite, Abu l’Hassan al Ash’ari profite des révoltes pour se retirer de cette école de pensée et reconnaître le hanbalisme comme pensée juste. Il créé ainsi un syncrétisme entre le mu’tazilisme, en reprenant le Tawhid, le Kalam ou théologie spéculative, la philosophie,  la raison humaine mais inférieure à la révélation et la littéralité du texte coranique, la négation de la liberté humaine, la thèse du Coran « incréé » des hanbalites en y ajoutant la « théorie de l’acquisition »(Kasb).

Al Ash’ari , en se rapprochant de leurs thèses, a ardemment souhaité être reconnu par les Hanbalites qui l’on rejeté avec toutes ses thèses. Ainsi Les « salafites »  aujourd’hui encore combattent et demeurent, comme leurs prédécesseurs, contre l’interprétation du texte coranique, la philosophie, l’Ijtihad, l’aggiornamento des interprétations et des sources secondaires de la jurisprudence (Istihsan et Maçlaha Moursala). Les Wahhabites se réclament d’Ahmad ibn Hanbal (m. 855) donc de l’école hanbalite qui ne reconnait pas la raison humaine, ni la liberté humaine, prône le taqlid (imitation aveugle) reconnaisse le fatalisme et la politique de la ta’a (obéissance aux dirigeants même si injuste) car « c’est Dieu qui a voulu qu’ils accèdent au pouvoir ».

Je sais que ce qui précède est un peu confus à comprendre mais je vous conseille vivement de lire les textes originaux des auteurs de toutes ces écoles théologiques de l’époque classique et de vous en faire vous même une idée (textes traduit en français et en anglais pour beaucoup). Vous seriez surpris des aberrations et des buts politiques s’y dégageant. Il faut aussi bien connaitre l’Histoire de l’Islam, vous pourriez comprendre le contexte du développement de la théologie musulmane et de sa jurisprudence et comprendre pourquoi,  par exemple, un Ibn Taymyya prêchait le Djihad (contexte de l’invasion Mongols et des croisades) ou pourquoi Abdel Wahhab a pu être aussi radical avec les Sufis (les musulmans étaient devenus de vrais adorateurs des tombes ou ziyara et redevenaient des litholatres /adorateurs des pierres).

Dès la mort du Prophète (ç), il existait jusqu’à + de 20 écoles(madahab) aujourd’hui il n’en reste plus que quatre, la raison est plus politique que religieuse. Les Shiites, les  Mu’tazilites, les Hanbalites, les Kharajites, les Sufies par exemple sont les doctrines les plus anciennes. L’orthodoxie s’est implantée bien après eux, à partir du Xème siècle, et le sunnisme est déterminé à partir du shiisme par opposition politico-religieuse au pouvoir, surtout sous le khalifa de ‘Uthman qu’ils accusaient d’avoir favorisé sa famille, et par la suite pendant le khalifat  Ommeyyade (famille de ‘Uthman) qui usurpa le pouvoir à la place de ‘Ali.

Contrairement à une idée bien enracinée, au début de l’islam, ne fut pas le sunnisme, d’une formation lente et plus tardive, s’est créé en réaction contre le mu`tazilisme, à la fin du VIIIe et au début du IXe s, et plus encore après. Dès le IIe siècle, par exemple  ‘Abdallah b. al Mubârak (*) définit  juridiquement, pour la première fois, les sunnites comme ceux qui rejettent l’insurrection dans tous les cas, que le khalife soit pieu ou non. Ainsi les juristes ne s’occupaient plus de savoir qui était dans le cas particulier d’une résistance légitime. Tous ceux qui s’opposaient aux pouvoir étaient des bughât (rebelles). Le gouvernement devait donc avoir le monopole du pouvoir et la prise en compte de la résistance dans le monde musulmans est, depuis, restée bien mince. La grande majorité aujourd’hui, sunnite, obéit au « principe d’obéissance » pourvu que le souverain n’empêche pas la religion de s’épanouir.

Les Salaf ne sont pas l’apanage des « salafistes » seuls car le terme « Salaf » désigne les pieux prédécesseurs DES TROIS PREMIERS SIECLES, » la communauté la meilleure jamais produite aux hommes » (S.III :110)  sont donc aussi bien les Tassawuf (soufisme /existaient dès les débuts de l’islam), les Mu’tazilites (du 7 et 8ème au XIIIè s.), les philosophes  (dès le VIIIème siècle) ou les Shiites (dès le VIIème) que les hanbalites.

Les Hanbalites que sont Ahmad ibn Hanbal puis ses adeptes après lui : ibn Taymyya, ibn Qayim al Jawziyya, Ad-Dhahabi, ibn Kathir et Abdel Wahhab (les Wahhabites, radicaliseront sa pensée) et les contemporains tels  al Albani,  ibn Bâz et al ‘Outhaymine sont similaires par la même doctrine jabryite. Ceux là se considèrent comme détenant la doctrine « Véridique » des Salaf et seront donc sauvés du feu de l’enfer alors que tous les autres sont dans le faux et méritent pour cela l’enfer. Ils appuient cette affirmation par un hadith faible qui dit : « Les Juifs se sont divisés en soixante et onze sectes, les Chrétiens se sont divisés en soixante-douze sectes et ma communauté se divisera en soixante-treize sectes. » et « toutes iront en Enfer sauf à se conformer à ma tradition et à celle de mes compagnons. ».

(cf. LES 73 « SECTES » DE L’ISLAM)

(*) Cf. Les 73 « Sectes » de l’Islam interprétées de façon erronée. Hadith rapporté par ‘Abdu-llâh Ibn Al-Mubârak (mort en 797 a.p. JC)  : «  72 passions ont pour origine (asl) 4 passions [initiales] (ahwâ) à partir d’elles, bifurquèrent [les] 72 [autres]. [Elles sont,] la passion (secte) des :« qadarîyyah », des « murdji ah », des « chî’ah » et des « khawâridj » (http://minhajalhaqq.blogvie.com/2010/08/22/l%E2%80%99origine-des-72-sectes/#respond).

VERITABLE TSUNAMI A France INTER

C’est un véritable tsunami qui se dessine à France Inter. La voyouterie de Sarkozy déteint partout ! Cette maladie de la censure se propage comme une traînée épidémique dans tous les médias : des journalistes, des humoristes, des chroniqueurs, des journaux entiers sont mis au tapis ou virés à la moindre liberté d’expression.

C’est dire à quel point les valeurs de la République sont transformées par des soudoiements de députés comme dans l’affaire Douillet/Joly ou d’une Garde des sceaux qui abaisse l’âge minimum de l’incarcération à 12 ans. La particularité de ce gouvernement c’est le choix de la proie idéale pour faire le sale boulot. Rachida Dati ne pourra pas être taxée de raciste en remplissant les prisons de maghrébins et de noirs pour faire passer ses réformes (et s’entendre dire, après coup, par Zemmour, que c’est intrinsèquement lié aux ethnies arabes et noirs). Dans ce gouvernement, se trouve des types genre médecin sans frontière, transformé en bourreau de l’ingérence humanitaire et en pro-israéliens, des socialistes (DSK) en représentant du capitalisme et de la gouvernance mondiale de la finance, des Ministres tels celui du Travail et de la Solidarité, en personnage controversé par des conflits d’intérêts à n’en plus finir -dorénavant traditionnels dans notre belle démocratie- finissent par montrer au monde que notre gouvernement magouille avec les plus riches fortunes du pays (Béttancourt, Boloré, etc.).

On voit à quel point, la liberté d’expression des humoristes est bafouée avec les licenciements de Didier Porte et de Stéphane Guillon par Jean-Luc Hees. Leurs chroniques ne plaisent pas du haut de la monarchie. Il est évident que ces licenciements ont été commandités par le chef -Ô suprême- de Nôtre République. Pour preuve j’en reviens à la nomination de Jean-Luc Hees au poste de président de Radio France en mai 2009 par le conseil des Ministres. Sa nomination constituait la première application de la loi organique du 5 mars 2009, qui donne le plein pouvoir à l’Etat pour nommer les présidents de l’audiovisuel publique. Cela perpétue les nombreuses réformes pour restreindre toutes les libertés encore possibles avant lui. On comprend mieux pourquoi Jean-Luc Hees appelle Philippe Val à le rejoindre à France Inter au poste de Directeur de cette même radio.

Laissez-moi maintenant vous parler de Philippe Val qui répond à l’appel de Jean-Luc Hees au lendemain du procès des Caricatures de Muhammad par Charlie Hebdo. On le dit « couché sur la liste des ralliés à Sarkozy ». Pour quelqu’un qui défend la liberté d’expression, ses prises de positions islamophobes, pro-israélienne, faisant fi de l’oppression palestinienne en soutenant, par sa vindicative habituelle, les États Unis et Israël le rendant en cela complices de leurs exactions en territoires occupés. C’est encore lui qui a dit, un beau jour de 1998, que BHL est « l’Aimé Jacquet de la philosophie» (sic). C’est plutôt lui qui est à la merci de JL Hees, « le Domenech de l’équipe de France [Inter] ». Selon les dires de François Morel, « il n’en est pas loin ».

Oh, mais Val est bien le candidat rêvé à ce poste, sa principale compétence est de faire le ménage dans une des rares radios à pouvoir encore s’exprimer librement. En effet, la censure qu’il a incarnée longtemps à Charlie Hebdo, lui vaut la réputation , par ses pairs, de dictateur. Val a à son palmarès licencié bon nombre de ses salariés comme François Camé, Anne Kerloch, Philippe Corcuff, Olivier Cyran, Lefred-Thouron, Mona Cholet…

Mais surtout le plus cocasse de ses licenciements, c’est celui de Siné. L’affaire révèlera que derrière les motifs avancés par Philippe Val se cachait l’affaire Clearstream. En fait Philippe Val l’accusait d’avoir tenu des propos antisémites sur Jean Sarkozy, en juillet 2008. Mais en réalité, c’est la volonté de notre -Ô vénéré- Président de la République française, par l’entremise de l’Archange déchue, Philippe Val, de taire l’affaire Clearstream. Selon les affirmations de Siné, ce fut « un prétexte pour le licencier en raison de leur désaccord concernant Denis Robert et Clearstream » (l’avocat de Charlie Hebdo, c’est l’avocat de Clearstream).

Philippe Val a publié dans le n° 714 de Charlie Hebdo une pétition pour le droit au blasphème, signée entre autres par Bernard-Henri Lévy, Salman Rushdie et Taslima Nasreen (alors pourquoi censure-t-il les libertés « blasphématoires » sur la République, n’est-on pas en laïcité ?). Ah j’oubliais dans la liste très longue des prises de position peu orthodoxes de ce Val-nu-pieds, il est farouchement opposé à l’Internet : il a fait fermer le site d’un particulier qui faisait un résumé hebdomadaire des éditions de Charlie Hebdo et a, encore dans sa ligne de conduite totalitaire, longtemps refusé que Charlie Hebdo utilise le site Web pour communiquer.

La France est tombée sur la tête ! Elle marche à contre-courant, elle favorise dorénavant la précarité, la pauvreté, le nettoyage de la racaille dans les banlieues, les arrêtés anti-mendicité et les répulsifs anti-SDF (Argenteuil), le limogeage des pourfendeurs des valeurs éthiques, déontologiques inhérentes aux divers organes de la République.

C’est le pouvoir de la rupture, farouchement opposé au vivre-ensemble du pacte social. L’exacerbation à outrance envers les musulmans : ils sont vus maintenant comme incompatibles avec les valeurs de la République.

La désillusion des clivages politiques à un moment où la crise économique est en déflagration. La dégradation du niveau de vie de la majorité de la population et l’avènement de la politique Sarkoziste (le Président de la rupture) accentue les aberrations. Tel un Alain Soral entrant dans le parti du FN et tels électeurs qui ne voient plus de différence entre une gestion de gauche et de droite. Symptôme de désaveu envers la classe politique détruisant le rôle démocratique d’opposition.

Qu’on se le dise ! A la moindre incartade des médias où des personnages politiques à la botte esclavagiste de Sarkozy, n’a plus qu’à tirer un trait à sa participation au monde des idées. Nicolas Sarkozy, en bon diable, arrive à faire graviter autour de lui tous les organes des pouvoirs. Et cet état de fait ne laisse que peu de mouvements aux bâillonnés des médias.

Révoltez-vous ! Citoyens.

Marika El Haki