DOMENECH REFUSE DE SALUER L’ENTRAINEUR BRESILIEN

LA VERITE SUR SON REFUS

« Il n’est pas aimé en France et je pense qu’il y a suffisamment de raisons pour cela »

Ces déclarations proviennent de l’entraîneur de l’Afrique du Sud, Carlos Alberto Parreira, consterné par le refus de Raymond Domenech de lui serrer la main.

Dans le ridicule, on ne peut faire mieux ! Domenech finit en beauté ou « s’en va comme un prince » du Mondial 2010 en refusant de saluer l’entraîneur de l’équipe gagnante (sic!). Si l’équipe de France a perdu c’est à cause de lui et lui seul. On est loin du caractère de bonté d’Aimé Jacquet, homme simple, il réussit le défit inespéré de propulser l’équipe « black, blanc, beur » au plus haut de toute sa carrière (je me souvient encore, j’avais participé à la production « les bleus dans les yeux » quand j’étais au Studio Canal+) personne n’y croyait.

Depuis Domenech, l’équipe va de défaite en défaite. Rappelez-vous le Mondiale 2006, l’équipe perd la coupe du Monde par un coup de tête de Zidane sur le thorax de Materazzi, Domenech était l’entraîneur. Y’a comme un malaise depuis qu’il est à la tête de l’équipe de France. Dans ce Mondial, par exemple, pour ne parler que de celui là, on a eu affaire à des joueurs qui refusent de s’entraîner, à des insultes et doigt d’honneur… Soit il canalise mal son équipe, soit il porte la chkoumoun, soit il est très mauvais coach. Dans tous les cas son éviction aurait dû être de mise avant l’éviction d’Anelka ! Comme si la France n’avait pas été assez ridiculisée par une équipe de joueurs qu’on a traité de tous les noms « immatures »,  » pourris » « mauvais » et je passe la presse sur-médiatisée au sujet des « passes » que se payaient certains joueurs à coup de sommes faramineuses pour les beaux seins d’une P*** (interdit au – de 16 ans). Les Footballers sont passés de l’espoir de toute une jeunesse à des joueurs prévaricateurs !

L’équipe de France sort battue et dépitée, s’en est fini du Mondial. Ne reste que l’amertume pour ces millions de Français qui reviennent brutalement à leur dure réalité que le Mondial pouvait faire oublier pour un temps. Domenech et son orgueil resteront la risée du monde après son ultime geste pitoyable relégué par tous les médias du monde et que je traduit ici, pour vous, ce qu’en dit la presse brésilienne recueillant les déclarations de l’entraîneur de l’équipe vainqueur, celui justement ignoré par Domenech :

« 

Tout d’abord, Parreira arrive avec le bras tendu et main ouverte. Domenech fait mine de s’éloigner. Le Brésilien retient le Français par l’épaule et l’attire vers lui (voir photos). Domenech commence alors à faire des gestes avec sa main. Le dialogue entre eux est impossible.

« Je l’ai salué pour lui rendre hommage par gentillesse et correction, nous travaillons dans le football, nous sommes sous pression et je savais qu’il ne sera plus l’entraîneur français. Mais il a refusé. Il a dit quelque chose, mais je ne comprenait pas. Il parle d’une manière très imparfaite en anglais. Il a dit que j’aurais offensé son équipe. Mais je ne me souviens de rien, je n’ai jamais parlé de l’équipe de France en des termes agressifs bien au contraire, j’ai toujours parler d’eux d’une façon louable » explique le Brésilien, surpris par la réaction de Domenech. Parreira ajoute : c’est après dans les vestiaires qu’un assistant son, une personne beaucoup plus polie et douce, m’a expliqué que, avant la Coupe du Monde, lors de la sélection française, je lui aurais dit que la France ne mérite pas d’être dans le Mondial. Mais je ne me souviens pas avoir dit ça ». L’entraîneur brésilien conclue : « Ce fut une triste réalité. Il n’est pas aimé en France et je pense qu’il y a suffisamment de raisons pour cela »

Marika El Haki

Traduction du portugais des propos recueillis par le  journal brésilien en ligne,  uol.com.br :

http://copadomundo.uol.com.br/2010/ultimas-noticias/2010/06/22/domenech-se-recusa-a-cumprimentar-parreira-apos-a-partida.jhtm

GRECE : COMPTABILITE OCCULTE OU SORCELLERIE FINANCIERE : A QUI PROFITE LA CRISE

En échange de son soutien à un mécanisme d’aide envers la Grèce, Angela Merkel, la » femme la plus puissante du monde » (classement Forbes) a réussi à imposer ses conditions au sommet de Bruxelle du 26 mars. Elle avait posé trois conditions : un rôle central pour le FMI, pas de déclenchement du mécanisme tant que la Grèce parvient à se refinancer sur les marchés et la réécriture des règles européennes. Pour comprendre la raison de ces conditions drastiques que Merkel impose à la Grèce, il faut revenir à une rétrospection salutaire.

Tout le monde sait maintenant que derrière la faillite de la Grèce l’ombre diabolique de la banque américaine, Goldman Sachs, l’une des plus puissantes au monde, plane au-dessus d’elle.

Chronologie d’une faillite grecque et le bourbier dans lequel, Goldman Sachs la précipitée :

2000-2001 : Inéligible à la création de l’euro en 1999, la Grèce  cherche à tout prix (et c’est le cas de le dire) à magouiller ses finances pour pouvoir entrer dans le cercle très fermé des pays adoptant l’euro.  En 2001, juste avant l’admission de le Grèce dans l’union monétaire européenne, Goldman Sachs aide le gouvernement à emprunter des milliards. Cet accord, occulté aux yeux du public en le déclarant comme une opération de change et non comme un emprunt, permit à Athènes de satisfaire les règles de déficit de l’Europe tout en continuant à dépenser au-delà de ses moyens. La Grèce, grâce à cette                    « entourloupe » finit par remplir les critères de Maastricht en 2001, et fait donc partie des pays de lancement de la monnaie fiduciaire en 2002.

Les instruments développés par Goldman Sachs, JP Morgan Chase, et toute une série d’autres banques ont permis aux responsables politiques de la Grèce, d’Italie et peut-être d’autres pays encore de masquer ces emprunts.  Certaines des opérations grecques portaient le nom de personnages de la mythologie grecque  tels qu’Ariane et  Eole. Eole, baptisé comme le dieu des vents, est un contrat qui permis à l’Etat de réduire le montant de sa dette en 2001. En recevant des fonds immédiatement, elle s’est engagée à reverser à Goldman Sachs  les recettes futures des taxes d’aéroport. En 2001, les revenus tirés de la loterie nationale  avaient été hypothéqués par un même type de « comptabilité créatrice » similaire, baptisé Ariane. Le gouvernement avait alors comptabilisé ces opérations comme transaction ventes, et non comme emprunts. En camouflant ainsi les dettes grecques, la banque de Wall Street aurait encaissé 300 millions d’euros de commissions pour le montage de ces produits dérivés.  « Ces produits dérivés sont très utiles », commente Gustavo Piga, un professeur d’économie qui a rédigé un rapport sur la transaction italienne pour le Council on Foreign Relations.  » Mais ils deviennent néfastes s’ils servent à maquiller les comptes. »

Le New York Times du 13 février publie ceci :  » Tout comme dans la crise américaine des subprimes et l’implosion d’AIG, les dérivés financiers ont joué un rôle dans la fuite en avant de la dette grecque. Les instruments développés par Goldman Sachs, JP Morgan Chase et bien d’autres banques ont permis aux politiciens de masquer de nouveaux emprunts en Grèce, en Italie, et sans doute ailleurs. »

Goldman Sachs fait aussi partie de ceux qui ont spéculé contre la Grèce et contre l’Euro en pariant sur la faillite financière de la Grèce.  Goldman Sachs et le fonds spéculatif dirigé par John Paulson seraient les deux principaux acteurs des attaques contre la Grèce et l’euro. Ils gagnent des fortunes avec leurs conseils de « bankster », parce qu’ils connaissent mieux que quiconque la fragilité dans laquelle ils ont mis leur client, gagnent à nouveau des fortunes en spéculant sur leurs pertes.

La Grèce doit au reste du monde 300 milliards de dollars, les grandes banques sont coincées par une bonne partie de cette dette. Une défaillance aurait des répercussions dans le monde entier. Le 11 février, Spiegel Online exprime sa crainte : « une faillite de la Grèce pourrait causer la ruine de tout le système de l’euro ». Rudophe Hickel, spécialiste de gauche des questions financières, insiste sur le fait que toute l’agitation à propos de la Grèce a été provoquée volontairement par ceux qui spéculent sur les monnaies,  » car les bénéficiaires d’une éventuelle faillite de l’Etat sont avant tout ceux qui spéculent en Bourse sur les monnaies ».

Dans les Échos du 17 fevrier, on y lit que Simon Johnson, l’ancien « chief economist » du FMI, souhaite que la Commission européenne enquête sur les agissements de Goldman Sachs. Mais Goldman Sachs est si puissante qu’elle est partout comme une pieuvre avec ses hommes de mains tels  Henry Paulson, ancien président de la banque Goldman Sachs, secrétaire au Trésor sous G.W.Bush. Mark Patterson, lobbyste de Goldman Sachs, devenu chef de cabinet de Timothy Geithner, actuel secrétaire au Trésor de Barack Obama. Après la Grèce, l’Espagne et l’Italie, le Portugal, l’Island et l’Irland seront dans la ligne de mire des spéculateurs.

On comprend donc aisément pourquoi il est si difficile de punir les responsables de cette crise économique sans précédent… Qui paiera alors ?  Ben… les contribuables pardi !

Marika El Haki

Source : Der Spiegel, NY Times, Schweizer Wochenzeitung (WOZ), les Echos, Focus, Réseau Voltaire
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Réponse à Jean QUATREMER, du 24 mars 2010 sur Angela Merkel

Les agissements spéculatifs des banques ou plutôt « bankster » rendent l’euro plus fragile que les prises de position d’Angela Merkel. Je ne suis pas économiste, mais je crois être capable de voir ce qui ne tourne pas rond dans ce que je lis dans la presse et tout particulièrement à propos du papier de Jean Quatremer.

Ce n’est pas de l’irrationnel que de réfléchir pour trouver des solutions dans l’objectif de se protéger d’une faillite générale de toute l’Europe. Par là même ce n’est pas de « l’irresponsabilité de la part de la chancelière Allemande » que de défendre l’opinion publique allemande. Depuis longtemps le peuple Allemand (habitué à un haut standing de vie) fait des sacrifices (avec la réunification de la RDA et depuis l’euro) en payant les dures réformes que le gouvernement allemand leur impose. Ils sont donc en droit d’imposer des sanctions en cas de dérives des autres pays membres de la zone euro qui « magouillent » avec les Banques et les cabinets d’audit (style Ernest & Young) qui valident les comptes « pourris » des banques pour paraître présentables. C’est eux les vrais responsables de cette crise financière.

Je suis en revanche d’accord que « Le but étant d’afficher la solidarité de l’Europe » histoire que les marchés ne cèdent pas à la panique en refusant à la Grèce les 15 milliards d’euros qu’elle a cruellement besoin d’emprunter dans les semaines à venir, seule possibilité pour refinancer sa dette. Si les marchés cèdent à la peur, la Grèce serait techniquement en cessation de paiement et s’en suivrait pour la zone euro l’hécatombe. Merkel a simplement reflété l’opinion publique allemande qui souhaitait « exclure la Grèce de la zone Euro ». Elle a choisi la position de soutenir la Grèce mais à ses conditions. L’accord sur lequel les 16 membres sont tombés est d’abord « un renforcement qui passera par un mécanisme de sanctions et de contraintes plus dissuasives que celles prévues par le Pacte de stabilité. Par exemple, une suspension des droits de vote au Conseil des ministres ». Cela poussera les Etats européens à ne pas vivre au dessus de leur moyen avec un contrôle plus strict pour les « tricheurs ». C’est la « gouvernance européenne » des puissants sur le plus faible. L’implication du FMI va apporter une expertise pour ce genre de situation et proposera au gouvernement grec des « prêts bonifiés » à 1/3 soit (mais c’est mieux que rien). Il n’y a pas le choix, le FMI prendra le contrôle de la Grèce ainsi que pour les autres qui auront le même sort (cela n’arrangera les affaire de Sarkozy pour 2012, DSK étant son principal adversaire sic).

Dans mon article, je voulais attirer l’attention par l’exemple de la Grèce sur les utilisations des swaps qui ont causé les spéculations en précipitant sa chute et provoqueront celle des autres pays : les « PIGS » en jargon financier : Portugal (dénoté par Fitch à « AA » le 24 mars, pays en faillite et  prochain sur la liste), Ireland, Greece, Spain, sont les quatre « cochons noirs » de l’Europe. Ces quatre pays ont en commun le trop plein de déficits budgétaires, ils se sont jetés dans des dettes extérieures trop lourdes. Leur irresponsabilité risque fortement de mettre en péril toute l’Europe à une mort certaine. Alors oui ! » Nous sommes interdépendants et il faut savoir gérer cela avec le sens des responsabilités », c’est donc justement avec responsabilité qu’Angela Merkel a tenté de gérer cette crise au cœur de l’Europe en pointant la Grèce du doigt et en donnant un exemple pour les autres « tricheurs».

Que reproche-t-on à l’Allemagne ? Que grâce à ses exportations, l’Allemagne a pris le devant de tous les pays ? Et à cause de sa productivité extraordinaire, tous les flux monétaires du commerce international vont vers l’Allemagne et pas vers les autres pays ? On ne peut pas reprocher à un pays d’être bon ! En effet l’Allemagne exporte beaucoup et consomme peu chez eux. Christine Lagarde dans l’interview du Financial Time du 14 mars leur demande d’exporter moins…et de payer plus ! Cela a été un tollé dans la presse allemande. Je me demande pourquoi on attaque si durement l’Allemagne ?

En conclusion, je crois foncièrement qu’Angela Merkel va au-delà du « clientélisme » électoral. La Rhénanie-du-Nord – Westphalie est le Land (dont la Ruhr) le plus peuplé (23%), le poids le plus puissant d’Allemagne (22% du PIB) et se situe même en tête de l’Europe. Elle est donc tiraillée entre rassurer ses électeurs et rester solidaire avec la zone euro. Rien de plus normal en soi ! Pour ne pas me répéter je finirais par dire que les propos de ce Quatremer(*) sont inacceptables !

J’ai honte en tant que française de lire ce type de torchon ! Et je demande à nos amis Allemands de nous excuser pour les critiques injustes lancées contre eux !

(*) lien de l’article de Jean Quatremer :

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/03/angela-merkel-la-dame-de-plomb-.html

JUSTMANLEVI OÙ MUSIQUE RIME AVEC LES TRADITIONS 

Adil ABDI n’a rien d’un chanteur ordinaire, il est plus qu’un cela. Nourri d’influences africaine, caribéenne, reggae, gnaouie, flamenco, andalouse et même blues rock, son style est original, il invente, créé et marque le tempo. Ses oeuvres s’articulent autour d’un triptyque : multiculture, melting-pot musical et traditions. Toutes ces musiques, ajoutées à sa voix, émergent de l’improvisation du moment, qu’il partage avec un public composé tantôt d’amis, tantôt de fans et d’inconnus. Il y a quelque chose d’unique chez ce musicien, auteur compositeur et interprète, l’inspiration du moment le conduit à faire jaillir une composition étonnante, grâce à sa très riche palette sonore. 

Issu d’un père passionné de Reggae, de Blues, de Country Music et de Rock, et d’une mère aimante, sa vie, son esprit et son être le prédestinaient à un tout autre destin que celui de ses frères et sœurs. Grâce aux nombreux vinyles de son père et dès son plus jeune âge, Adil débute dans le monde merveilleux et enchanteur de la musique. Le voilà à écouter le répertoire de son père tout en mémorisant par cœur les chansons. Il apprend, dans le même temps, les langues étrangères. Bien que la musique pour Adil soit un état vibratoire dans le cœur, née en même temps que lui, nous dit-il, il y a tout du moins un moment clé qui l’a marqué à jamais.  

Durant une cérémonie sacrée d’une Lila tagnaouite, le jeune garçon de 14 ans a senti pour la première fois qu’il rentrait en transe. Par l’intensité mystique de ces séances solennelles, à la frontière entre le monde des hommes et celui des esprits, cette confrérie à la fois culturelle et cultuelle, marginalisée et pourtant populaire, l’a marqué à jamais. Par des souvenirs toujours vivaces, Justmanlevi voulait devenir celui qui met autrui en transe afin de posséder ce pouvoir singulier de transmettre au public l’énergie émanant de cette même émotion vécue. 

Il décide de quitter l’école à 18 ans. Avec sa première guitare classique qui lui a coûté la modique somme de 10 dollars et des notions d’accords classiques et de flamenco, un bon répertoire américain des années 70 et un style de musique marocain, le voilà parti dans une expérience initiatique de deux ans. A travers des voyages, dans tout le Royaume : du Nord au Sud, ses lunettes de soleil, sa guitare classique et ses dreadlocks, il était très heureux de sa nouvelle vie remplie de joie, d’amour, de soleil, de concerts et de mer. 

A 20 ans, il met en œuvre un projet artistique pour les jeunes, sur la côte atlantique à Mohammedia, et met à profit sa proximité avec Rabat pour s’inscrire au Conservatoire. Adil sanctionne ses connaissances musicales en se formant au Solfège, à la Balance, au Luth, aux techniques vocales et visuelles et à la musique andalouse. Ascolaire, il refusait de se conformer aux règles de son professeur de guitare parce qu’il ne comprenait pas les limites imposées lors de ses cours de musique. C’est dans ce concept que la musique et le chant sont apparus pour lui comme une volonté de libération personnelle sans limite. 

A 23 ans, le chanteur veut devenir un maître Gnaoui, il s’achète un Gambri, mais cette nouvelle vocation fut de courte durée, son instrument à corde est volé. Pour Adil, cet incident était le signe qu’il ne sera jamais un Maalem gnaoui. Cherchant sa voie, il explore et s’influence de musiques diverses. Il a aimé vivre comme un saltimbanque, donner des concerts ici et là, rencontrer tant de personnes, de tant de pays, de cultures, de modes de vie, et de langues différentes. C’est après 4 années de “vagabondage”, qu’Adil a ressenti un état spirituel puissant, qui le pousse à s’éloigner du monde, de ses origines et de son pays. Il quitte alors le Royaume, de frontières en frontières, entre deux pays, il erre dans le désert, solitaire durant une paire d’années. L’expérience à l’étranger l’a forgé et lui a permis de retrouver son chemin. Le musicien n’a rien programmé de sa vie, tout s’est fait en fonction de son intuition. Parfois, dit-il : “nous trouvons notre véritable direction, lorsque nous nous laissons porter par le vent.”. Ainsi, le vent l’a conduit à Essaouira, dans la cité des alizés, tantôt venteuse en été, à l’inverse des autres villes du Royaume, où la chaleur est extrême, avec ses vagues d’une force incantatoire et sa lumière éblouissante, ensoleillée toute l’année, Justmanlevi s’y sent bien. Sa population multiculturelle et multi-confessionnelle apporte une fusion énergétique, grâce au melting-pot d’artistes, qui font succès aux compositions musicales qu’il produit, dans son studio international Hugo. Il a eu le privilège de rencontrer des artistes renommés, comme Trevy Félix, avec qui il a performé le Roots Reggae, à Essaouira. La rencontre avec Oum a été intense également. 

Ainsi, à travers sa musique, il a su transcender les frontières culturelles et créer un héritage musical riche et varié. Mêlant les styles Gnaoua, Rap, Trance, Pop, Rock, Reggae, Espagnol et Africain, les œuvres de Justmanlevi témoignent de sa capacité à unifier les gens à travers la musique.

SARKOZY : DE TOCQUEVILLE A LA RELIGION !

Marika El Haki

 

 

« Que faire d’un peuple maître de lui-même s’il n’est pas soumis à Dieu ? ». Ces mots, d’Alexis de  Tocqueville* -héritier du positivisme, mais partisan du rôle politique de la religion dans les sociétés démocratiques sécularisées-  placent ainsi au centre du débat, le vieux thème politico-religieux que nos précédents présidents n’auraient même pas osé mettre à l’ordre du jour, sans entacher la sacrée loi de la laïcité. Nicolas Sarkozy, lui, l’a fait !

Dans ses vœux aux Français, Nicolas Sarkozy s’est presque essoufflé sur le terme salvateur de « civilisation ». Dans l’article du Monde du 17 janvier, c’est le fondement même de la religion qu’il remet au goût du jour avançant que « Dans le fond de chaque civilisation, il y a quelque chose de religieux ». Le gage « d’espérance », dans la bouche de           N. Sarkozy, est le mentor de son élection à la place suprême de l’Etat laïc. Qu’il souhaite d’ailleurs ardemment « dépoussiérer » ! N’en déplaise à la majorité des Français, le Président parle à l’univers d’une « spiritualité des spiritualités » qui aurait sa place au niveau national et international, en particulier pour l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis.

La réflexion du sociologue, Alexis de Tocqueville, dans son Traité De la démocratie en Amérique, fait ressortir que la démocratie moderne passe par le fait religieux : « La religion n’est donc qu’une forme particulière de l’espérance et elle est

 

aussi naturelle au cœur humain que l’espérance elle-même. L’incrédulité est un accident… la religion tient à un des principes constitutifs de la nature humaine». L’Homme ne peut vivre sans la religion même si les révolutionnaires ont cherché des substituts existentiels aux questions qui angoissent l’Homme : « Ne cherchez pas à arracher aux hommes leurs anciennes opinions religieuses pour en substituer de nouvelles, de peur que dans le passage d’une foi à une autre, l’âme se trouvant brusquement un moment vide de croyances…». 

 

L’analyse tocquevillienne montre qu’aux Etats-Unis, au contraire de la France, le phénomène religieux fonctionne dans un système de démocratie à l’américaine. Si les croyances et pratiques restent limitées à «se tenir dans les bornes qui lui sont propres» elles libèrent l’être d’un certain nombre de questions essentielles en apportant des solutions. Celles-là demeurent une utilité sociale par le respect de l’individu avec la perspective de mœurs conservatrices. Quand le lien politique faiblit, le lien moral se resserre. La religion est un antidote, alors que l’égalitarisme à l’extrême engendre la dislocation du lien social. Tocqueville était sceptique face à une société basée sur le bien-être matériel sans limites. Cette société là va à sa perte.

 

Notre président de la république l’a bien compris. Il suffit d’observer comment sa campagne « d’ouverture » lui a permis d’introduire au centre des débats politiques : la création du CFCM, l’affaire du voile –allant jusqu’à s’entretenir avec le grand mufti d’Al-Azhar avant de se prononcer contre le voile-, sa réforme des abattoirs… Et l’établissement du ministère de l’Identité nationale qui -paradoxalement à l’image que ces termes véhiculent- aurait pu s’appeler « le ministère des religions ».

 

*A.de Tocqueville (1805/1859) : penseur politique,  Sociologue, historien. Source : De la démocratie en Amérique, religion et modernité politique (vol. I, p. 401, p. 403, vol. II, p. 32, vol. II, p. 182).