Emission « Islam et Spiritualités » du vendredi 14 sept. 2012

Première émission en direct du 14 sept. sur Radio Etoiles du Coeur, animée par Frédéric de Bé. Les questions traités sont les suivantes :

1. Ma réaction suite au film « Innocence of Muslim »

2. Réponse à la question : L’islam est-il une religion de paix ?

3. La différence entre Bourka, Hayk, Niqab et le foulard = divergences entre Musulmans sur le dévoilement du visage ou pas

4. Exégèse des versets relatifs aux voiles

Bonne écoute !

http://edc.radio.free.fr/edc/radio/emission/redc.php?emi=isspi&date=2012-09-14

Citation : “Ils ignoraient ce qu’étaient les diverses méthodes qui concernent la totalité des hommes dont la Révélation invite chaque homme à franchir les portes, (…) ils croyaient qu’il s’agissait d’une voie unique. Ils se sont ainsi trompés quant au dessein du législateur, se sont égarés et ont égaré les autres” (Averroès alias Ibn Rushd (philosophe Arabo-musulman du 12è siècle)

!…إغضب (colère…!)

Le film “Innocence of Muslim” (l’innocence des Musulmans) retraçant une piètre caricature de la vie du Prophète de l’islam, a été produit et réalisé par un cinéaste amateur, Sam Bacile, que la presse internationale et française ont annoncé comme un promoteur immobilier se déclarant « israélo-américain », d’origine californienne. Plusieurs démentis ont été faits mais les médias français tel l’AFP, le Nouvel Obs, Rue 89 et d’autres en France, continuent de le nommer tel quel. L’AFP déclare par exemple que « Sam Bacile », « s’affirmant israélien , avait assuré être l’auteur du film mardi (11 sept.sic!) dans une interview au Wall Street Journal. ».

Les protagonistes de la propagande :
Sam Bacile est un pseudonyme qui décrit l’islam comme un « cancer » et une religion de haine. Le pasteur néo-conservateur, Terry Jones participe à la réalisation. Morris Sadek est un blogueur américain, violemment islamophobe, d’origine égyptienne et Copte. D’autres extrémistes chrétiens comme « l’Association pour Jésus Christ » sont impliqués dans l’affaire. En fait on découvre au final que le film « innocence des Musulman » dont la bande annonce de 14 mn, visible sur Youtube, a été tourné en 2011 avec la collaboration d’un copte (chrétien d’Egypte) condamné en 2009 pour fraude bancaire, réalisé par l’Américain Alan Roberts, auteur de films pornos et est produit par Sam Bacile. L’autorisation de tournage a été donné par une organisation caritative chrétienne, au nom de Media for Christ « pour faire briller la lumière de Jésus » (son président est le Nassralla chrétien !). Une belle promotion arabe faite par des Coptes et par des chrétiens évangéliques anti-musulmans de droite, tel Morris Sadek, Egypto-américain et le très controversé prêtre, Terry Jones qui a déjà brûlé des exemplaires du Coran. Notons que ce dernier a été arrêté pour pédophilie en 2010 !

Ces trois ingrédients anti-musulmans ne doit tromper personne. Ajoutés à cela, l’annonce de l’israélité de Sam Bacile par les médias du monde, est de la pure désinformation. En effet, nous savons que Klein Steve, le consultant pour le film controversé et militant activiste renommé de l’intégrisme chrétien islamophobe, a déclaré que le réalisateur du film, n’est pas un israélien et que son nom est un pseudonyme. Cette propagande raciste a réussi son objectif : provoquer les plus violents d’entre  les Musulmans. Le film, raille la religion musulmane et ses adeptes, montrant le Prophète de l’islam presque nu, affalé avec ses femmes. Aïcha est physiquement décrite, en petite boulotte, laide à côté de Muhammad représenté en stupide homme, mangeant comme un sauvage et sanguinaire. Le tout, illustré dans un décors grotesque avec photos de paysages désertiques en lieu et place de l’arrière plan du film, donnent l’effet d’une bombe violente lancée en direction des Musulmans.

Terry James, un criminel protégé ?
Cette provocation minable envers 1,5 milliard de personnes dans le monde, est perpétrée pour la quatrième fois par un pasteur accusé de pédophile. Vous souvenez-vous de ce pasteur qui s’est attiré les foudres de l’opinion ? Pas pour ses méfaits de pédophilies mais pour avoir brûlé plusieurs exemplaires du Coran. Terry Jones, appelait déjà à un message fort contre l’Islam et ses musulmans, en brûlant le Coran un 11 septembre 2010. Mais il avait été arrêté juste avant, le 4 août 2010 pour « pornographie sur enfants ». Le pasteur Terry Jones avait partagé sur un site populaire du réseau Limewire des photos d’enfants nus dans les différents États d’Amérique. La brève de cette annonce avait été publiée par NBC News et a été aussitôt censurée. Elle n’est restée sur le site à peine un mois après la publication. On peut encore voir le cache donnant l’information mais le lien indique en anglais : “vous n’avez pas la permission d’accéder..” :

“You don’t have permission to access /news/2010/08/06/pastor-terry-jones-arrested-for-child-pornography/” on this server

La brève disait ceci :

“Le pasteur qui appelait à un message fort contre l’Islam et ses musulmans, en brûlant le Coran ce 11 septembre, a été arrêté le 4 août 2010 pour pornographie. Le pasteur Terry Jones a partagé sur un site populaire du réseau Limewire des photos d’enfants nus dans les différents États d’Amérique”

Le 11 septembre 2010, le pasteur avait renoncé à brûler le Coran, nous dit le Monde de cette période. Mais que s’est-il passé entre le 4 septembre, date à laquelle, je me retrouve sur le site NBC News pour retrouver la brève censurée  le 11 septembre 2010 ?

Terry Jones a déclaré, selon le Monde du 9 sept., avoir obtenu la promesse que le projet de construction d’un centre culturel islamique près de Ground Zero à News York serait déplacé. Cette information a été immédiatement démentie par les promoteurs du projet.

Il récidive son message, l’année suivant, en mars 2011. Mais cette fois, il met à exécution sa menace. C’est son assistant qui  brûle un exemplaire du Coran. L’événement est diffusé sur internet. Ces images avaient été perçues comme un affront par les Afghans du nord du pays, en provoquant la mort de 12 soldats américains.

En avril 2012, rebelote, Terry Jones brûle, pas un mais plusieurs exemplaires du Coran ainsi qu’une représentation du Prophète, pour protester contre l’emprisonnement d’un iranien converti au christianisme et devenu pasteur. Ce sont à chaque fois des actes éminemment politiques. La dernière en date, le lynchage barbare par les « révolutionnaires » libyens sur l’ambassadeur ainsi que la mort de trois de ses collègues.

Colère…!
Le film qui a provoqué cette folie coléreuse et barbare, dure deux heures et a coûté 5 millions de dollars, nécessitant l’embauche de 59 acteurs et 45 techniciens. Les acteurs affirment avoir été trompés, croyant jouer dans un film de fiction épique, et découvrant ensuite qu’un doublage avait transformé leurs répliques en propagande anti-musulmane. On se demande bien qui a pu investir autant d’argent pour un navet pareil ?

A Benghazi (fief de la révolution libyenne, sic!) et en Égypte (révolutionnaire, re-sic!), en Tunisie, au Yemen mais aussi au Soudan et à Paris ou en Indonésie, des manifestants, révoltés par le film, manifestent soit dans le calme, soit avec violence. Des drapeaux américains sont brûlés en protestation contre le film. On a mis le feu aux poudres “volontairement” pour compliquer les relations dans cette région avec les USA et surtout mettre dans l’embarra Barack Obama et empêcher sa réélection en novembre prochain.

En vingt-quatre heures, ce film a fait le tour du web provoquant, en plus des drapeaux brûlés, le lynchage de l’ambassadeur ainsi que trois des membres de l’ambassade américaine en Libye. Les photos macabres de l’ambassadeur circulent sur le web, ironie du sort ? Ceux que l’Amérique a armés et soutenus se sont retournés contre leurs bienfaiteurs. Ce pauvre homme a fini de la même manière que Mouamar Kadhafi, le dictateur et guide de la révolution libyenne.

Marie-Christine Saragosse, D.G. de TV5 Monde, pressentie à la présidence de l’AEF ?

Marie-Christine Saragosse, actuelle D.G de TV5 Monde, est candidate à la présidence de l’AEF, holding qui regroupe les chaînes France 24, Monte Carlo Doualiya, la radio RFI, et une partie de TV5 Monde.

L’Etat, étant son principal actionnaire devra statuer sur le choix du futur président (les désignées tutelles sont Aurélie Filippetti, la Ministre de la Culture, et Laurent Fabius, le Ministre des Affaires étrangères). Une première dans une République normale, le CSA devra auditionner tous les candidats à hui clos et donner son rapport à Hollande en fin de semaine.

On saura donc , si M-C Saragosse est choisie pour diriger une AEF en crise depuis l’affaire d’espionnage informatique qui a secoué l’ambiance interne, a mis en émoi Christine Ockrent et en péril la gestion de l’AEF. Les relations entre AEF et sa tutelle sont très mauvaise. Quand on sait que toutes les tentatives de réformes sont des échecs, avec l’ incapacité à réformer : statut quo sur celle de France 24 et de RFI, ainsi que TV5 Monde (TV5 est subventionné à 45% par l’Etat).

Mais ce qu’on ne mesure pas, ce sont les conséquences des guerres de pouvoir, dont les premières victimes sont les salariés qui souffrent, l’épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Ils sont continuellement traversés par des sentiments de peur et d’angoisse d’avenir. Cette nomination permettra-t-elle de résoudre les conflits du paysage de l’audiovisuel public extérieur de la France ? Souhaitons-lui bonne chance !

Vous avez dit Lapidation ?? Partie 1_4

Colloque sur la Journée de la femme le 24 mars 2012 :

Partie 1_4 : https://youtu.be/SsatKmAQ1pA

Partie 2_4 : https://www.youtube.com/watch?v=ps6cD45btzQ.

Marika El Haki nous expose les invalidités de la Lapidation par le Coran et dans la Sunna. C’est une pratique barbare ante et anti-islamique. Le Prophète de l’islam n’a jamais lapidé. C’était dans les mœurs juives de lapider. Les Arabes vivant avec des Juifs, se trouvant souvent dans les clans alliés. Pour certains, à proximité des usages religieux Juifs, faisaient de même avant l’avènement de l’islam. Jésus l’abolie, la logique juridique islamique aurait dû suivre les lois des prophètes des communautés précédentes, comme celle de l’abolition de la lapidation par Jésus. D’autant que les Juifs ont aboli cette pratique barbare depuis longtemps ! Il faut l’interdire de facto afin qu’elle n’apparaisse plus dans la charia et disparaisse des mentalités de ceux qui mélangent coutumes ancestrales de crime d’honneur et religion !

BIENVENUE A LA « DEMOCRATIE » LIBYENNE !

Big Kadhafi vient à peine de quitter les lieux – le complexe de Bab-al-Azizia – que les vautours occidentaux tournoient déjà au-dessus; c’est la ruée pour s’emparer du “gros lot” – les ressources pétrolières et gazières libyennes.

La Libye est autant un pion dans une importante partie d’échecs géopolitique, géo-économique et géostratégique qu’une saynette moralisatrice présentée sous forme de reality-show ; des “rebelles” idéalistes gagnent contre l’ennemi public

N° 1. Autrefois, cet ennemi public était Saddam Hussein puis Oussama ben Laden et c’est aujourd’hui Mouammar Kadhafi. Demain ce sera le président Bachar al-Assad en Syrie, un jour ce sera le président Mahmoud Ahmadinejad. L’ennemi n’est jamais l’ultra-réactionnaire famille Saoud d’Arabie.

Comment l’OTAN a gagné la guerre

Malgré la spectaculaire réapparition du fils de Kadhafi Seif al-Islam, l’OTAN a pratiquement gagné la guerre civile libyenne (ou “activité militaire kinétique,” selon la Maison Blanche). Les masses « populaires libyennes » ont été au mieux spectatrices, ou en petite partie actrices sous la forme de quelques milliers de « rebelles » munis de kalashnikovs.

Le haut de l’affiche a été tenu par la R2P (Responsabilty To Protect, “devoir de protéger”). Dès le début, la R2P brandie par la France et la Grande Bretagne avec le soutien des Etats Unis s’est comme par enchantement muée en changement de régime. Ce qui a amené dans cette production des acteurs non cités dans le casting: des “conseillers” fournis par les monarchies arabes ainsi que des “contractors” ou “mercenaires”.

L’OTAN a commence à l’emporter en déclenchant l’opération Sirène au moment de l’Iftar (rupture du jeune du mois de Ramadan – samedi soir dernier. « Sirène » était un nom de code pour l’invasion de Tripoli. C’était le coup de force final – et désespéré – de l’OTAN après que l’absence complète de résultats des rebelles chaotiques après cinq mois de lutte contre les troupes de Kadhafi.

Jusqu’alors, le plan A de l’OTAN avait été d’essayer de tuer Kadhafi. Ce que la claque de la R2P – de droite comme de gauche – a baptisé « l’usure régulière de l’OTAN » se résumait à prier pour trois résultats : Kadhafi est tué, Kadhafi se rend, Kadhafi fuit.

Non que rien de tout ça ait empêché des bombes de tomber sur des maisons, des universités, des hôpitaux où même près du ministère des affaires étrangères.  Tout – et tout le monde – était une cible. “Sirène” comportait une distribution haute en couleurs de “rebelles de l’OTAN”, de fanatiques islamistes, de journalistes crédules « embedded », des foules enthousiastes pour la télévision, et des jeunes de Cyrénaïque manipulés par des transfuges opportunistes du régime de Kadhafi qui s’attendent à de gros chèques de la part des géants pétroliers Total et BP.

Avec “Sirène”, l’OTAN est arrivée dans le flamboiement (au sens littéral) de toutes ses armes: des hélicoptères Apache tirant sans discontinuer et des avions bombardant tout ce qui ce qui est à leur portée. L’OTAN a supervisé le débarquement de centaines de combattants venus de Misrata, à l’est de Tripoli tandis qu’un bateau de guerre de l’OTAN leur fournissait des armes lourdes.

Rien que dans la journée de dimanche, il y dû avoir 1300 civils tués à Tripoli et au moins 5000 blessés. Le ministère de la santé a annoncé que les hôpitaux étaient débordés. Quiconque croyait à ce moment là que les bombardements incessants de l’OTAN avaient quelque chose à voir avec le « devoir de protéger » et la résolution 1973 de l’ONU s’est retrouvé dans une unité de soins intensifs.

L’OTAN a fait précéder “Sirène” par des bombardements intensifs sur Zawiya – une ville clef avec sa raffinerie de pétrole à 50 kilomètres à l’ouest de Tripoli. Ce qui a stoppé l’approvisionnement de Tripoli en carburant. Selon l’OTAN elle-même, au moins la moitié des forces armées libyennes a été “dégradée” – le Pentagone parle ainsi des tués ou des blesses graves. Ce qui signifie des dizaines de milliers de morts. Ce qui explique aussi la disparition mystérieuse des 65 000 soldats chargés de défendre tripoli. Et explique aussi largement pourquoi le régime de Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, s’est alors effondré en à peine 24 heures.

Le lancement de l’opération Sirène par l’OTAN – après 20 000 sorties aériennes et 7 500 frappes sur des cibles au sol – n’a été rendu possible que par une décision cruciale de l’administration Obama début juillet, autorisant, ainsi que l’avait rapport le Washington Post, « le partage des matériaux les plus sensible avec l’OTAN, y compris l’imagerie et les interceptions de signaux qui pouvaient être transmises aux forces spéciales françaises et britanniques sur le terrain en plus des aviateurs dans le ciel. »

C’est que, sans la puissance de feu inégalée du Pentagone, son know how, ses satellites et ses drones, l’OTAN serait encore empêtrée dans l’Opération Bourbier Interminable – et l’administration Obama ne pourrait pas savourer une grande victoire dans ce « drame kinétique. »

Qui sont ces gens ? 

Qui sont ces gens qui ont soudainement manifesté bruyamment leur joie sur les écrans de télévision européens et US? Après les sourires pour les caméras et les tirs en l’air à la Kalashnikov, préparez-vous  à quelques grands feux d’artifice fratricides.

Les troubles ethniques et tribaux sont condamnés à exploser. Beaucoup de Berbères venus des montagnes de l’ouest et qui sont entrés à tripoli par le sud ce dernier weekend sont des salafistes rigoristes. Il en va de même avec la nébuleuse salafiste/Frères Musulmans de Cyrénaïque qui a été entraînée militairement pas les agents de la CIA présents sur le terrain. Autant ces fondamentalistes se sont servis » des Européens et des Américains pour se rapprocher du pouvoir, autant ils pourraient se transformer en force de guérilla agressive en cas de marginalisation par les nouveaux maîtres de l’OTAN.

La grande “révolution”  basée à Benghazi, vendue à l’Occident comme un mouvement populaire a toujours été un mythe. Il y a seulement deux mois, les « révolutionnaires » en armes étaient à peine un millier. La solution de l’OTAN a été de bâtir une armée de mercenaires – avec toutes sortes de types louches allant d’anciens membres des escadrons de la mort colombiens à des recruteurs venus du Qatar et des Emirats Arabes Unis qui ont ramassé de nombreux Tunisiens au chômage et des membres de tribus mécontents de Tripoli. Tout ça en plus de l’équipe de mercenaires de la CIA – salafistes de Derna et de Benghazi – et de l’équipe se la famille Saoud – le gang  des Frères Musulmans.

Il est difficile de ne pas se souvenir du gang de ka drogue de l’UCK au Kosovo –la guerre que l’OTAN avait “gagnée” dans les Balkans. Ou des pakistanais et des Saoudiens, soutenus par les Etats Unis, qui armaient les « combattants de la liberté » en Afghanistan dans les années 1980.

Et nous avons maintenant  l’équipage de personnages douteux du Conseil National de Transition basé à Benghazi.

Son chef, Mustapha Abdeljalil, ministre de la justice de Kadhafi de 2007 jusqu’à sa démission le 26 février a étudié la charia et le droit civil à l’université de Libye. Ce qui pourrait lui permettre de croiser le fer intellectuellement avec les fondamentalistes islamiques à Benghazi, el-Beïda et Derna – mais il pourrait utiliser ses compétences pour faire avancer leurs intérêts dans un arrangement pour le partage du pouvoir.

Quant à Mahmoud Jibril, le président du bureau exécutive du Conseil, il a étudié à l’université du Caire puis à celle de Pittsburgh. Il est l’homme clef de la connexion qatarie – car il a travaillé dans la gestion des avoirs de Sheukha Mozah, l’épouse très en vue de l’émir du Qatar.

Il y a aussi le fils du dernier monarque de Libye, le roi Idriss, déposée par Kadhafi il y a 42 ans (sans effusion de sang); la famille royale saoudienne adorerait une nouvelle monarchie en Afrique du Nord. Et le fils d’Omar Mokhtar, le héros de la résistance contre la colonisation italienne – une personnalité plus séculière..

Le nouvel Irak?

Croire que l’OTAN va gagner la guerre et laisser les “rebelles” assumer le pouvoir relève de la blague. Reuters a déjà signalé qu’une  « force relais” d’environ 1 000 soldats du Qatar, des Emirats et de Jordanie va venir à Tripoli pour faire la police. Et le Pentagone laisse déjà entendre que des soldats US seront sur le terrain pour “contribuer à sécuriser les armes”. Une délicate attention qui donne à comprendre qui sera réellement aux responsabilités : les néo-colonialistes  « humanitaires » et leurs sous-fifres Arabes.

Abdel Fatah Younis, le commandant “rebelle” tué par les rebelles eux-mêmes, était la carte des services secrets français. Il a été tué par la faction des Frères Musulmans – au moment même où Nicolas Sarkozy tentait de négocier la fin de la partie avec Seif al-Islam Kadhafi, le fils de Kadhafi étudiant de la London School of Economics de retour de chez les morts.

Les grands gagnants sont donc, au final, Londres, Washington, la monarchie saoudienne et les Qataris (ils ont envoyé des avions de guerre et des « conseillers », ils gèrent déjà les ventes de pétrole). Avec une mention spéciale pour le complexe Pentagone/OTAN – considérant qu’Africom mettra finalement en place sa première base africaine en Méditerranée, et que l’OTAN se rapproche du moment où elle pourra déclarer la méditerranée « lac OTAN. »

L’islamisme? Le tribalisme ? Ce pourraient être les moindres maux de la Libye comparé à un nouvel Eldorado ouvert au néo-libéralisme. Il n’est guère douteux que les nouveaux maîtres Occidentaux vont essayer de recréer une version plus sympathique de l’infâme et rapace Autorité Provisoire de la Coalition, et de transformer la Libye en rêve idéal des néo-libéraux en s’appropriant 100 % des avoirs libyens, en s’assurant le rapatriement de l’ensemble des profits, les banques étrangères achetant les banques locales, avec un faible impôt sur les revenus et les sociétés.

En attendant, la fracture profonde entre le centre (Tripoli) et la périphérie pour le contrôle des ressources énergétiques va s’aggraver. BP, Total, Exxon et les géants pétroliers occidentaux seront généreusement récompensés par le Conseil National de Transition – au détriment des entreprises russes, chinoises et indiennes. Les troupes de l’OTAN sur le terrain aideront certainement le Conseil à retenir le message.

Les cadres dirigeants du secteur pétrolier estiment qu’il faudra au moins un an pour un retour de la production pétrolière à son niveau d’avant la guerre civile, 1,6 million de barils par jour, mais ils affirment que les revenus annuels du pétrole pour les nouveaux dirigeants pourraient s’élever à 50 milliards de dollars. On estime en général les réserves de pétrole à 46,4 milliards de barils ; 3 % des réserves mondiales pour une valeur de 3 900 milliards de dollars aux cours actuels du brut. Les réserves connues de gaz s’élèvent à quelques 1500 milliards de m3.

Donc, au bout du compte, la R2P (responsabilité de protéger) gagne. L’impérialisme humanitaire gagne. Les monarchies arabes gagnent. L’OTAN en tant que Robocop mondial gagne. Mais ce n’est quand même pas assez pour les habituels suspects impérialistes qui appellent déjà au déploiement d’une « force de stabilisation. » Tout ça au moment même où des progressistes déboussolés sous toutes les latitudes continuent à saluer la sainte alliance du néocolonialisme occidental, des monarchies arabes ultra-réactionnaires et des salafistes radicaux.

Ce ne sera terminé que quand la grosse bonne femme arabe [l’Arabie saoudite] chantera. Quoi qu’il en soit, passage à l’étape suivante : Damas !!!

Source : Pepe Escobar, Asia Times (Hong Kong) 24 août 2011

DESINFORMATION / SCENARII DE LA MORT DE BEN LADEN

ACTU MONDE Encore un montage photo de Ben Laden mort Mercredi 04 mai 2011, c'est la deuxième photo de Ben Laden mort qui circule actuellement sur le Web un montage d'une scène du film « Black Hawk Down » par . L'image postée sur le Net et sur Twitter était présentée comme « le » premier vrai cliché d'Oussama ben Laden mort. Sur cette photo, qui semble avoir été prise de nuit par infra-rouge (vu sa couleur verdâtre dominante), on peut y voir un militaire américain (non cagoulé, ce qui est étrange pour un membre des forces spéciales) manifestement à genoux à côté du corps de Ben Laden gisant sur le dos. Sur la tête de ce dernier, juste au-dessus de son œil gauche, on voit une tâche noire qui pourrait attester de l'impact d'une balle. Mais rien de « particulièrement atroce » en vue par contre.

Je pense que toute cette désinformation autour du défunt ennemi public n° 1 est lancée sciemment pour semer la confusion dans le monde. La façon dont ils ont procédé dans le scénario de la capture de Ben Laden est à fort potentiel cinématographique. Tous les ingrédients sont là pour toute sorte de spéculation y compris les manipulations religieuses. Les réactions sont vives et émotionnelles donc irrationnelles, c’est le but recherché ! Nous savons selon Alain Chouet, ex-chef de la DGSE, qu’Al Qaïda n’existe plus depuis 2002, comme son intervention le démontre (conf. le lien ci-après : http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/al-qaida-n-existe-plus-selon-la-69791).

La question est donc : Pourquoi toutes ces informations intox ? Les USA nous préparent-ils à quelque chose de grave ? « Plus aucune action terroriste dans le monde ne serait donc imputable à Al Qaïda depuis huit ans ; l’organisation ne compterait plus que quelques dizaines d’individus ; et les revendications de Ben Laden au fil des ans ne seraient même pas sûres » affirme Allain Chouet.

La capture de Ben Laden à Abbotabad, le 02 mai 2011 au Pakistan, dans une ville située dans une vallée entourée de collines verdoyantes, près du Cachemire pakistanais et qui abrite une population plutôt aisée et de nombreux militaires pakistanais, ainsi qu’une académie militaires posent de nombreuses questions. Comment est-il possible, quand on se visualise une forteresse d’environ huit fois plus haute que les résidences alentours, protégée par des murs d’enceinte  haut de quatre à cinq mètres entourés de fils barbelés, n’ait pas attiré l’attention des militaires ?

L’assaut du commando américain qui a permis la prise de l’ennemi ne cesse d’alimenter les polémiques en tout genre. Le corps de BL emmené par des commandos américains, les prélèvements ADN en un temps record, pour procéder à son identification, l’absence de preuves par l’immersion en haute mer de son corps, lance les discours religieux de la non conformité aux règles du rituel d’inhumation islamique requises.

Les raison de ce choix d’inhumation par les américains, les fausses photos représentant Ben Laden abattu et en sang mais surtout l’impossibilité du non jugement du chef d’al Qaïda par un tribunal international, posent d’énormes problèmes de crédibilités. Les prétextes, avancés par le gouvernement américain qui justifient l’absence de preuves de la mort de Ben Laden sont les suivantes : éviter de reproduire la même erreur qu’avec Ernesto Guevara et d’en faire une icône d’un combat qui symbolise la lutte contre l’impérialisme et le colonialisme occidental, les risques divers d’exhumer le corps par ses adeptes pour l’enterrer ailleurs et en faire un lieu de pèlerinage. Cet argumentaire religieux qui fait appel à la règle de nécessité prévue par le droit islamique, ne tient pas debout. D’une part, les salafistes ne vénèrent aucun tombeau, c’est sur quoi leur doctrine tient fondamentalement. D’autre part, c’est justement la prise de Ben Laden, dans des conditions inacceptables et inhumaines qui confortera justement son statut de martyr et d’icône de la révolution !

En attendant, la menace de vengeance annoncée par tous les médias et confirmée par Al Qaïda, auront pour conséquences le renforcement de la sécurité partout dans le monde pour des raisons politiques et met en réel danger, voire d’avorter les révolutions arabes et le vent de liberté qui leur sont attachées. Au pire, cela pourrait justifier une nouvelle croisade, cette fois avec le Pakistan ? L’Iran ? La Syrie ?

En France Vigipirate est au niveau rouge sur tout le territoire…

Soyons vigilant en prenant de la distance critique avec l’information !

Un printemps 56 en 2011 pour tout le Maghreb ?

La Une de l’Express cite : « Les autorités marocaines ont interdit, ce lundi à Rabat, une réunion de soutien aux manifestants tunisiens. Face aux troubles, le régime de Tunis peut compter sur son voisin maghrébin« .  Cette manifestation en solidarité avec la Tunisie, organisée par un collectif d’associations, dont l’AMDH (Association Marocaine des Droits Humains), devant l’ambassade de Tunisie à Rabat a été interdite par le régime marocain. Les autorités marocaines auraient prétexté par « l’impossibilité pour un pays voisin de la Tunisie d’autoriser sur son territoire une manifestation hostile au régime de Zine El Abidine Ben Ali« . Mais les motivations sont toutes autres : Le Maroc tente, tant bien que mal depuis quelques années, d’avorter les révoltes parmi ses habitants.

C’est à Tinghir dans le sud du Maroc, à Al Hosseima dans le Rif mais aussi à Laâyoun (Sahara Occidental) que les tensions sont les plus vives

La colère populaire semble venir de petits patelins, éparpillée, non canalisée, apolitique, et souvent menée par beaucoup de femmes. Les émeutes qui secouent la Tunisie et l’Algérie pourraient fortement secouer le Maroc dans les jours ou les mois prochains. Ce sont les mêmes revendications sociales, les mêmes hogra (humiliation). En Tunisie et en Algérie, c’est une situation identique au Maroc. Désastreuse pour la dignité humaine, la corruption sévit depuis des lustres ou 80% des marocains profitent de celle-ci. Les richesses sont mal réparties et cela dure depuis des décennies.

Les révoltes de Tinghir

Dans la province de Tinghir, un mouvement Berbère s’est révolté le 26 décembre, MAIS BLACK OUT DES MEDIAS. Les évènements de Tinghir que la presse arabophone et francophone marocaine n’ont pas fait l’écho, sont les prémices d’un enflammement qui risque fort de s’étendre. Depuis la création d’une province à Tinghir en 2009, la région est en proie à des tensions constantes à cause des déficits sociaux grandissants. C’est le taux très important de chômage qui frappe un grand nombre de jeunes de la région et les conditions archaïques de l’infrastructure de Tinghir-centre et des régions avoisinantes. Ce 26 décembre dernier, ils étaient 20 000 manifestants à avoir répondu, ce dimanche matin à Tinghir, au mot d’ordre de grève de la Fédération des associations de développement (FAD). Mais la marche pacifique aux revendications de protestations contre la régression des indicateurs sociaux dans la région s’est soldée en émeutes violentes. Des centaines de personnes appartenant à l’aile extrémiste du mouvement amazigh « Guigouch » n’ont eu que faire de l’appel pacifique lancé par les organisations. Les manifestants ont commencé vers 13h à lancer des pierres en direction des forces de l’ordre tout près du siège de la nouvelle province. Des véhicules privés et publics ont été endommagés et plusieurs éléments des Forces auxiliaires ont été blessés, dont certains grièvement. Neuf d’entre eux ont été transportés d’urgence à l’hôpital Moulay Ali Charif d’Errachidia.

A une année de l’approbation Royale de créer une province à Tinghir, le projet de mise à niveau n’est pas entré en vigueur, et la question urbaine reste de loin la plus problématique.  « Les contestataires sont en colère contre l’aggravation des pressions exercées sur les habitants des oasis sur le plan urbanistique, consistant à leur imposer des lois et des conditions irréalisables qui ne prennent compte ni des particularités locales, ni de la nature de la région, encore moins du manque d’infrastructures à même de leur permettre de remplir les conditions exigées « , déplore un communiqué de la FAD de Tinghir, rendu public après la manifestation. Selon la même source, «cette situation a créé une récession sans précédent dans les métiers du bâtiment qui figure comme une source de revenus pour beaucoup de familles et impacte gravement la stabilité sociale dans la région menacée, notamment par la montée en puissance de l’habitat anarchique qui a engendré chez les habitants un sentiment flagrant d’injustice ».

TINgHIR 26 DECEMBRE 2010 : http://www.youtube.com/watch?v=m-M7K5ob5V0&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=m-M7K5ob5V0&feature=related

D’autres régions du Maroc ont soulevé des protestations sans précédent en ce mois de décembre comme celle de la région d’Al Hosseima, les oubliés du régime.

Dans le Rif à Boukidaren (Sidi Bouafif), région de Al Hoceima(*), la colère des habitants a éclaté un vendredi 10 décembre 2010, dès 9h30 du matin suite à l’ expropriation d’une famille et la démolition de son logement par l’autorité du makhzen escortée par des forces de l’ordre.

C’est par une femme que tout a commencé

Le 10 décembre dernier, une femme avec ses deux enfants s’est mise en travers de la route nationale et l’a bloquée en criant  » si je n’obtiens pas mes droits, je coupe la route avec mes deux enfants , face à l’injustice il ne me reste qu’à me suicider avec mes enfants « . En solidarité du courage de cette mère, les habitants se sont exécutés en barrant la route de concert. La route nationale fut bloquée mais les forces de répression, l’armée et la force mobile, ont lancé les grenades lacrymogène et ont tiré des balles en plastique sur la population. Les jeunes se sont rebellés en ripostant par des jets de pierres en criant à l’insurrection de la population. Malgré les premières arrestations et les premiers blessés, les jets de pierres contre les forces de répression ont continué en force. Ce jour là, des voitures ont été brûlées, des estafettes encerclées, et le plus étonnant est que  les forces de l’ordre ont pris la fuite. On compte plus de 30 blessés au sein des forces de l’ordre. D’autres villages environnants comme Tamassint, Imzouren, Aït Bouayach se sont solidarisés avec les habitants de Boukidaren. Les troupes armées venues en renfort de Nador se mobilisèrent toute la nuit de ce vendredi 10 décembre contre les manifestants des villages avoisinants qui ont rejoint les habitants de Boukidaren. Les représentants des associations : diplômés chômeurs, AMDH étaient aussi présents. Le courage des villageois fut exemplaires : des barricades ont été montées pour faire face au déploiement des troupes militaires et des forces répressives. Toute la nuit, les combattants n’ont eu de cesse de répondre aux forces de l’ordre en chantant des slogans de victoire.

AL-HOCEIMA LE 17 NOVEMBRE 2010, VIOLENCE CONTRE LES CHOMEURS : http://www.youtube.com/watch?v=5GocUBFa1SM&feature=related

AL-HOCEIMA RIF MAROC AYT YOUSSEF OU ALI BOKIDAN SIDI BOUAFIF 10/12/2010 : http://www.youtube.com/watch?v=X9IEp8ANRVk feature=player_embedded

Les émeutes de Laâyoune chef lieu du Sahara Occidental

En novembre dernier, le chef-lieu du Sahara Occidental n’est pas sorti du cauchemar de 1999. La situation du Sahara Occidental n’a trouvé aucune solution depuis 35 ans, pour sortir le Polissario des revendications sahraouies d’autodétermination. Pourtant, le Sahara Occidental, à l’inverse des autres régions « marginalisées » du Royaume, reste depuis 35 ans, l’otage des puissances de ce monde. Il l’est surtout du fait des rancœurs entre le Maroc et l’Algérie, résidues de la colonisation. C’est l’endroit du Maghreb le plus observé par la communauté internationale. Le démantèlement du camp Gdeim Izik  à une dizaine de kilomètres de Laâyoune le lundi 8 novembre dernier par les forces de police marocaine ont pu maîtriser les émeutes. Mais pour combien de temps encore ?

Le pouvoir du Makhzen arabe considère toutes ces revendications inutiles du fait de la marginalité des régions berbères mais la révolte des jeunes tunisiens et algériens inquiète fortement le pouvoir marocain. Il y a peu de temps encore, il était impossible pour le peuple marocain de manifester pour défendre ses droits publiquement sans craindre la répression sanglante du régime. Mais depuis quelques années, on assiste de plus en plus à des démonstrations publiques de protestation dans les différentes régions du Royaume quand ceux-là s’estiment mal traités.

Le Sahara, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, l’Egypte et la Jordanie(*) sont passés récemment par ce type de mouvements sociaux. Malheureusement aucune force politique dans la région n’est capable de porter cette colère populaire afin qu’elle puissent retrouver enfin sa marche vers le progrès, avec le respect des droits humains, l’arrêt des spoliations et l’exploitation des peuples de leur région. Le message de cette jeunesse maghrébine pourrait être des doléances comme celles-ci : les gouvernements du Maghreb et du Machrek doivent accorder l’importance de ces mouvements sociaux. Les peuples du Maghreb sont solidaires, ils le sont aussi contre toute les dictatures du Moyen Orient. Les émeutes pourraient être le début d’une revendication populaire unifiée à tout le Maghreb d’abord et pourquoi pas avec le monde arabo-musulman. Ce peuple est aguerrie de sa longue histoire commune. Il semble ne plus vouloir de l’islam politique du monde arabo-musulmans. Les dénominateurs communs des révoltes populaires sont la justice sociale, la gestion des minorités avec le droit à l’égalité des chances. On pourrait y ajouter, le droit des femmes dans une démocratie qu’ils sont en train de réinventer. La tunisie scande « horriya » ! Liberté ! La Liberté de conscience, la Justice sociale, si chères à ces peuples et surtout si chères à l’islam, dans son fondement premier. Aucune bannière religieuse ou nationaliste n’a su respecter ces principes fondamentaux. Enfin, aujourd’hui, personne ne pourra entraver la marche révolutionnaire d’un peuple très jeune qui lui,  sait ce que le  post-modernisme veut dire !

(*) Pour rappel, le tremblement de terre d’Al Hoceima en 2004, a fait 628 morts, plus de 926 blessés, 15.230 sans-abri avec l’effondrement de 2.539 maisons dont 2498 en milieu rural. Ce sont les oubliés du régime, la souffrance des victimes continues à faire partie de l’actualité quotidienne. Les habitants d’Al Hosseima avaient refusé les 30.000 DH proposés par l’Etat estimant l’aide insuffisante pour faire face aux projets de construction de logements décents. Devant le refus des autorités publiques de revoir à la hausse le montant de l’aide, le conflit a perduré malgré quelques tentatives avortées de solution. Il continue encore à envenimer le quotidien des habitants de Tamassint.

(**)Les autorités jordaniennes ont arrêté 51 personnes liées aux émeutes ayant éclaté mardi 4 janvier 2011, dans la ville de Maan (sud) après le meurtre de deux Jordaniens dans un conflit portant sur des emplois, a confié à l’AFP une source des services de sécurité. Le gouvernement jordanien a indiqué mercredi avoir restauré le calme à Maan, dans le sud du pays. Des centaines d’émeutiers ont mis le feu à plusieurs bâtiments publics et à des véhicules de police mardi après les obsèques de deux hommes tués la veille, dans le cadre d’un différend qui a éclaté après le choix d’un entrepreneur des ouvriers devant travailler sur un immense projet hydraulique à Dissi.

 

Docu « Gaza-strophe, le jour d’après », primé par France Télévisions !

Papier publié sur le site Al Har

« Un jour de justice pour l’oppresseur est bien plus terrible qu’un jour d’injustice pour la victime »

GAZA-STROPHE, le jour d’après est un documentaire d’une réalité à faire pâlir n’importe quel sioniste même celui qui s’ignore !  D’une vérité sans ombrage, le documentaire montre sur le vif, l’ampleur du désastre au lendemain de l’assaut israélien « plomb durci » qui a tué de nombreux civils, habitants de la bande de Gaza. Une guerre terrible dénoncée par le rapport Goldstone comme crime contre l’humanité. Réalisé par Khéridine Mabrouk et Samir Abdallah, le documentaire d’une durée de 55 mn sera projeté ce samedi  4 décembre à 15h00[i].

C’était le 20 janvier 2009, le jour d’après la dernière guerre israélienne, l’assaut criminel de son armée sur tout un peuple, reste impayé.  Mais les images de ce bouleversant documentaire immortalisent l’évènement tragique de Gaza.  C’est par le témoignage de dizaines de palestiniens dépassant la souffrance par des nokta (récits, blagues) ou à coup de poésies palestiniennes que l’arabe sait rendre admirable, que les réalisateurs nous rendront compte de ce qui s’est passé, alors qu’aucun journaliste n’a pu pénétrer sur les lieux. Ces images nous rappellent notre impuissance au moment des dégâts. Elles nous laissent à l’esprit qu’une année est passé mais que la situation, déjà catastrophique des Gazaouis, a empirée depuis sa première diffusion publique sur France ô, en février dernier.

Malgré tout, c’est l’ombre d’un espoir de paix qui se dessine à travers cette œuvre culturelle, d’information, d’interrogation. Un hymne à la résistance acharnée face à l’injustice que subit le peuple palestinien, une victoire face à l’oppresseur qui  veut taire au monde ses exactions. En effet, Gaza-strophe immortalise cette tragédie en « œuvre irrésistible » et  reçoit, ce 1er décembre,  le Grand  Prix France Télévisions du Documentaire et du Reportage Méditerranéen pour la catégorie « Enjeux Méditerranéen ». Ce Grand Prix France TV a reconnu l’œuvre pour « la capacité des réalisateurs à interroger et mettre en perspective les évènements, ainsi qu’à se mettre à l’écoute des protagonistes ». Une bien belle récompense quand on sait les pressions que le groupe France Télévisions a encourues pour les plier à déprogrammer le documentaire.  Les militants des droits humains saluent France TV de ne pas avoir cédé en persistant tout de même à le diffuser en prime time sur France ô, il y’a presque qu’un an !

Outre ce prix,  Gaza-strophe avait  été consacré deux fois  au  Jury Officiel  du 21e Festival International du Film d’Histoire de Pessac,  dans la catégorie du Documentaire et du Prix du Jury des Jeunes  Journalistes. L’œuvre reçu aussi  le Prix Ahmed ATTIA Pour le Dialogue des Cultures MEDIMED, Barcelone 2010.

Gaza-strophe, à voir ou à revoir en projection publique et surtout soutenez le film 100 mn, version cinéma ici :


[i] Sortie du film le 16 mars « GAZA-STROPHE, PALESTINE » – horaires au cinéma St Michel à Paris (7, place St Michel -Métro St michel) à partir du mercredi 16 mars : mercredi 16, samedi 19 lundi 21 et mardi 22 mars, 3 séances : 13h – 16h40 et 20h20 (débat après la séance de 20h20 avec les auteurs + invités) jeudi 17, vendredi 18 et dimanche 20 mars, 3 séances : 14h50, 18h30, et 22h10. Après la projection, il est possible de dialoguer en rencontrant les auteurs ainsi que les membres du PCHR de Gaza (Centre Palestinien des Droits de l’Homme). Abu Samer et Joker, ces deux militants des droits de l’Homme de Gaza ont guidé les deux réalisateurs tout au long de l’étroite bande de Gaza sur les traces des chars israéliens.

Synthèse : « De la Liberté » John Stuart Mill, Chapitre IV « Des limites de l’autorité de la société sur l’individu »

Biographie de l’auteur :

John Stuart Mill est né le 20 mai 1806 à Londres, meurt le 8 mai 1873 à Avignon en France. Philosophe et économiste britannique, il est le plus fameux penseur du libéralisme du XIXème siècle. Son père  James Mill qui était aussi philosophe de la verve de Hume, influença considérablement la pensée de son fils; aidé par son ami Jeremy Bentham et David Ricardo. JSM reprend donc la doctrine classique de  l’utilitarisme benthamien et de son père prônant qu’une action est bonne si ses conséquences profitent au bonheur du plus grand nombre. JSM s’en écarte tout de même en développant sa propre théorie : un utilitarisme indirecte. Cette théorie fait référence à une certaine éthique de l’acte juste, qu’on peut nommer le conséquentialisme. John S. Mill fait partie de la génération des empiristes, il fut formé à une éducation rigoureuse, par son père, sous les recommandations de son maître à penser J. Bentham. James Mill souhaitait en faire un génie et le préparer à reprendre leurs idées, pour en faire un grand penseur et continuer à véhiculer l’utilitarisme après eux.

Enfant précoce, JSM apprit à trois ans le grec, le latin à 8 ans et à 14 ans, il termine son cycle universitaire en histoire, littérature, mathématiques, sciences et philosophie. A seize ans, il devient écrivain publique. C’est pendant sa carrière de haut fonctionnaire dans l’administration  des Indes orientales qu’il écrira la plupart de ses oeuvres. Il est l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages dont les plus connus sont Système de Logique, Principes de l’Economie politique mais aussi Considération sur le Gouvernement représentatif, l’Utilitarisme, la Sujétion des Femmes, son Autobiographie et enfin De la Liberté qui fait l’objet de notre note de lecture. C’est grâce à l’aide précieuse de sa femme Harriet Taylor, qu’il écrira son essai De la liberté. Cette œuvre restera  pour lui la meilleure, du fait de sa collaboration étroite avec sa femme qui allait mourir, avant la publication de cet essai. Il dira d’ailleurs de cette oeuvre qu’elle fut la « conjonction » de l’esprit d’Harriet et du sien et que peu importe qui porte la plume puisqu’il fut impossible de démêler de la pensée, la sienne du sien. Il lui dédicacera l’essai sur la liberté.

DE LA LIBERTE

Chapitre IV : Des limites de l’autorité de la société sur l’individu :

D’emblée, John Stuart Mill pose la question, comme le titre du IVème chapitre en témoigne, des limites de l’intervention de l’Etat sur l’individu. Comment l’Etat doit-il se positionner pour garder une mesure équitable entre tous quand il doit réprimer la mauvaise conduite d’un individu tout en laissant à chacun une liberté complète ?

Il débute ce IVème chapitre par trois questions essentielles en y répondant par des exemples concrets avec une habileté démonstrative qui justifiera par ses arguments le projet d’une société libérale idéale :

Quelle est donc la juste limite de la souveraineté de l’individu sur lui-même ? Où commence l’autorité de la société ? Quelle part de la vie humaine revient-elle à l’individualité, quelle part à la Société ?

John Stuart Mill répond à la première question en lui joignant la seconde comme une suite logique d’une mesure équitable dans la condition que chacune des parties, l’individu et la société, ne se limite qu’à la part qui la concerne plus particulièrement. La société, comme l’individu doit posséder sa propre mesure selon une ligne de conduite envers autrui que chacun doit respecter, seule condition pour vivre en société. Cette mesure doit être fixée par un principe équitable dont le fil conducteur est de deux sortes :

i) ne pas nuire aux intérêts d’autrui ou plutôt de certains de ses intérêts que JSM renvoie aux disposition légales et à un accord tacite;

ii) que chacun assume sa part de travail et de sacrifice dans la société selon ce même principe dans l’objectif de défendre et de protéger la société de tout abus contraire à la loi.

La société détient le rôle de contrôler les actes de l’individu pour empêcher celui-ci de faire du tort à autrui. Mill affirme que la société est en droit et à tout pouvoir pour punir l’individu qui refuse de remplir ses obligations envers la société. Puisque l’individu reçoit protection de la part de la société, il est par conséquent redevable envers elle.

Mill distingue deux sortes d’actions :

i) celle qui est préjudiciable aux autres, dans ce cas, la sanction de la société s’impose et son jugement doit avoir lieu.

ii) celle entreprise par un individu qui est nuisible ou effectuées sans prendre assez d’égard pour le bien-être d’autrui mais ne risque la violation d’aucun de ses droits constitués, de ce fait l’action mauvaise est subie par lui-même et acceptée de lui. Dans un tel cas, Mill exclut  la société de tout contrôle, c’est au rôle de l’opinion de punir justement, par des vexations. Si tant est que cet individu possède la capacité suffisante d’une intelligence ordinaire.

On voit maintenant comment Mill compte réguler équitablement les droits de chacun sans les enfreindre et sans empiéter sur le bon fonctionnement de la société. A partir de ces données exposées précédemment, on comprend comment Mill soutient le principe de liberté complète légale et sociale d’agir pour chaque individu. Ce principe de liberté absolue octroyée à chaque individu est par conséquent la limite entre ce qui affecte directement les intérêts des autres membres de la société  et ce qui n’affecte directement que la personne. Cela donne à tous une parfaite liberté d’agir légale et sociale et d’en assumer les conséquences. Ainsi  JSM rend l’individu responsable de ses actions à partir du moment qu’il acquière sont autonomie, il est en droit d’accéder  à la liberté complète. Il argumente par cela, (dans la mesure où n’entre pas en ligne de compte les intérêts fondamentaux d’autres personnes) que tout membre de la société est totalement libre de rechercher son propre bien être, de la manière la plus libre au seul risque de subir la réprobation des autres membres : « Mais personne n’est autorisé à dire à un homme d’âge mûr que, dans son intérêt, il ne doit pas faire de sa vie ce qu’il a choisi d’en faire. Il est celui que son bien-être préoccupe le plus: l’intérêt que peut y prendre un étranger est insignifiant  ».

La réprobation de l’opinion encourue par le coupable dans ce cas précis doit être juste. Cette justice, Mill en décrit les contours : « Nous pouvons exprimer notre aversion et nous tenir à distance d’une personne ou d’une chose qui nous déplaît; mais que cela ne nous incite pas à lui rendre la vie difficile. Il faut penser qu’elle porte déjà ou portera l’entière responsabilité de son erreur. Si elle gâche sa vie en la dirigeant mal, ce n’est pas une raison de désirer la lui gâcher davantage : au lieu de vouloir la punir, il faut plutôt s’efforcer d’alléger sa punition en lui montrant comment éviter ou guérir les maux auxquels sa conduite l’expose. ».

Mill distingue là encore deux sortes de défauts : les défauts personnels ne sont pas  une obligation sociale parce qu’ils n’entrent ni dans l’immoralité ni dans la méchanceté. Ce sont  des devoirs envers soi-même, qui sont selon lui, le manque de prudence entraînant en lui-même un manque de respect ou un manque de développement. De plus en ces devoirs envers soi-même, nul « ne saurait être rendu responsable du bien qu’on fait à l’humanité ». Ce type de personne ne doit subir que la baisse d’estime que les autres sont en droit de lui infliger car ne concerne que lui-même et entre dans champs personnel de l’individualité. Cela signifie que la majorité est en droit de réprouver une conduite jugée dégradante sans pour cela avoir le droit de l’interdire, ou le contraindre à réparer ses fautes par quelque châtiment que ce soit.

Il contrecarre les objections éventuelles qui seraient faites face à ce type d’homme qui ne s’occuperait que de ses affaires personnelles sans s’interroger de la conduite des autres. Un individu égoïste et indifférent aux actions des gens qui n’entrent pas dans leurs intérêts directes. En effet, Mill ne sous-estime pas les vertus privées mais mettra en avant les vertus sociales qui seules rendront des comptes à la société. Pour lui, c’est le rôle de l’éducation de les développer toutes deux. Comme pour l’éducation, les vertus privées s’accomplissent et s’acquièrent plus aisément par la persuasion et la conviction que sous l’égide du fouet ou de la cravache. En effet c’est par l’école que l’homme, une fois l’éducation achevée et arrivant à maturité, agit conformément à ce qu’il comprend. les vertus privées devraient déjà lui être inculquées. Ici Mill intègre l’idée de liberté et de ses exigences. C’est dire qu’il ne donne pas l’entière responsabilité à l’individu si celui-ci s’avère incapable de gérer sa vie,  par son imprudence, (qui rappelons le, n’empiète bien évidemment pas sur les droits constitués des autres gens). La société « a eu tout pouvoir sur eux pendant la première partie de leur existence ; elle a eu toute la période de l’enfance et de la minorité » pour tenter de leur donner les capacités à raisonner afin de bien se conduire. Si elle échoue, comme le précise JSM « Si la société laisse un grand nombre de ses membres dans un état d’enfance prolongée, sourds à l’influence de la considération rationnelle des motifs généraux, c’est la société seule qui est à blâmer pour les conséquences », alors raison de plus pour ne pas lui donner  le pouvoir de légiférer et de le punir en ce qui concerne ses intérêts personnels. Celui-ci subit déjà les sanctions naturel, c’est à dire le mépris et le dégoût de ses semblables. Si l’Etat persiste à punir ce type d’individu, elle ne fera qu’empirer la situation et transformera l’objet du délit en un devoir d’ « opposition » contre sa tutelle qui prétend le contraindre à la prudence dans ses affaires personnelles. La conséquence sera de faire exactement le contraire de ce que l’État prescrit.

Il prêche d’autres principes de bienveillance désintéressée pour promouvoir le bien d’autrui : Les hommes raisonnables ne doivent pas contraindre le coupable dans ses actions personnelles : « Les hommes doivent s’aider les uns les autres à distinguer le meilleur du pire, et s’encourager à préférer l’un et à éviter l’autre. Ils ne devraient avoir de cesse que de se stimuler mutuellement à exercer leurs plus nobles facultés et à orienter davantage leurs sentiments et leurs desseins vers la sagesse, et non la folie, vers des objets de contemplation édifiante, et non dégradante. ».

Excepté pour celui dont « la moralité est défaillante et odieuse » qui par sa conduite, entraînent le mépris des devoirs envers les autres parce qu’il enfreint les règles nécessaires à la protection de ses semblables. Mill caractérise les « vices moraux » méritant inéluctablement le jugement de la société par la loi : la cruauté, la méchanceté, l’envie, la dissimulation, l’hypocrisie, l’irascibilité gratuite, le ressentiment disproportionné, l’amour de la domination, le désir d’accaparer plus que sa part, l’orgueil et l’égoïsme. Pour ces conduites, la société en tant que protectrice des droits de chacun doit sanctionner d’une manière suffisamment sévère.

Il revient par conséquent à l’État de disposer des conditions matérielles et sociale nécessaires pour que chacun accède à l’épanouissement. Il est à noté que JSM ne cherche nullement à réformer la nature humaine. Il est tout aussi conscient de sa faiblesse et des sentiments abjectes qu’elle est capable de ressentir. Il vise simplement à établir une société juste, seule condition à l’épanouissement de l’homme, malgré sa nature.

Pour éviter toute confusion, JSM insiste pour dire que le coupable tombe sous le coup de la désapprobation morale -ou de la loi- et sort de la sphère privée, non pas pour la cause ni les erreurs qui ont provoqué le préjudice, mais pour le manquement au devoir envers la société ou envers autrui. C’est le degré du préjudice subit par la victime qui sera l’objet du délit : « Si, par exemple, de par son intempérance ou son extravagance, un homme se trouve incapable de payer ses dettes, ou si, s’étant chargé de la responsabilité morale d’une famille, les mêmes raisons le rendent incapable de la nourrir et de l’élever, il mérite la réprobation et peut être justement puni, non pas pour son extravagance, mais simplement pour avoir manqué à son devoir envers sa famille ou ses créanciers. ». Un soldat ou un policier sera puni par la loi, s’il a bu car il est dans l’exercice de ses fonctions alors que l’ivresse n’est pas passible de sanction par la loi. Cela fait toute la différence pour Mill.

En définitive, Mill assure que la liberté est la protection contre toute contrainte, la plus redoutable de toutes étant celle d’une opinion publique qui veut imposer ses coutumes et ses croyances. La liberté n’est pas la loi du nombre.

Mill s’oppose donc au sophisme qui fait croire faussement qu‘une majorité aurait toujours raisons et donc qu’elle aurait force de loi pour imposer à une minorité ses visions politiques ou religieuses. Pour éviter que la société ne tombe dans le totalitarisme par l’intolérance de l’opinion publique, il conclu qu’une opinion générale aura des chances d’être biaisée par des considérations personnelles. En effet, l’analyse perspicaces que fait Mill montre l’esprit visionnaire pour son époque et la préoccupation qu’il avait de protéger entre toutes les libertés individuelles de tous les membres de la société y compris la minorité.

JSM avait conscience qu’un principe que requière la liberté individuelle est de limiter l’action des hommes les uns sur les autres. Que ce principe équitable est régi à la seule sphère de l’argumentation et donc de la vertu privée (le reproche, l’exhortation, les conseils…) condition essentielle pour un vivre ensemble en société. Dans le cas contraire le risque de dégénérer en rapport de force qui ne résoudrait pas les conflits et porterait un frein au bien être général par des abus et des persécutions de toutes sortes d’un groupe sur un autre. JSM soutient que la tolérance peut se décliner différemment selon les cultures, les époques et les attentes personnelles de chacun. Mill positionne cette tolérance comme un fondement à la discussion par lequel les individus matures sont capables de reconnaître l’existence de visions totalement différentes du monde et qui peut être préjudiciable si l’opinion publique ne reconnaît pas les droits à la différence.

Ses analyses sur les pratiques différentes en matière religieuses ou politiques sont intéressantes car il confronte les différents cas de figures à sa réciprocité. Mill fait un grand nombre de suppositions sur des faits existants qui seraient une menace à la liberté privée. Il part de faits éloignés comme l’abstinence de la chair du porc chez les musulmans et leur  antipathie instinctive envers ceux qui en mangent. La possibilité par sa majorité d’interdire la consommation de porc à tous ses membres y compris pour les chrétiens, serait perçue comme une injustice flagrante par les non musulmans. Il soulève un autre cas, celui des pratiques catholiques européennes, plus proches de son pays géographiquement et culturellement, qui imposent aux protestants l’abstinence du mariage pour leurs pasteurs ou encore le cas de l’Espagne qui ne tolèrent aucune autre pratique religieuse que celle des catholiques romains. Que dire du puritanisme calviniste et méthodique qui domine la nouvelle Angleterre et le royaume britanniques ? Ce puritanisme par leurs notions de morale et de religiosité menace les amusements publics et privés de son pays car puissants socialement et politiquement. Même une constitution démocratique pourrait donner le droit de veto à son public sur les affaires personnelles des autres. Mill n’épargne personne : les socialistes qui formaient déjà en son temps une police morale et physique pour empêcher les patrons de donner et aux bons ouvriers de recevoir un salaire plus important selon le mérite et la nature du travail ; le Sabbat, qui a pour origine une coutume juive, celle de s’abstenir de travail un jour dans la semaine, est dénoncé par Mill parce que justifiant la législation de l’arrêt du travail le dimanche pour répréhensible du point de vue religieux. Enfin JSM conclut à cette séries de preuves par l’illégitime persécution que subit le mormonisme dans son propre pays sous prétexte de civilisade.

Il prouve donc par tous ces exemples que toute légitimation de la société pour faire des lois qui auraient la force d’interdire aux autres une pratique qu’une majorité prétendrait être inacceptables et donc imposerait ses vues sur la minorité, ont la même finalité : « L’idée qu’il est du devoir d’un homme de veiller à ce qu’un autre soit religieux est la cause de toutes les persécutions religieuses jamais perpétrées; et si on l’admettait, elles les justifieraient pleinement ».

Tous les membres de la société doivent avoir en tête ce principe qu’ils ne peuvent imposer à l’autre ce qu’ils ne voudraient pas qu’on leur impose.

C’est principalement pour toutes ces raisons que John Stuart Mill considère raisonnable qu’on reconnaisse la différence des divers individus, leur liberté d’entreprendre ce que l’individu considère être la vie la meilleure pour lui-même, en lui octroyant une plus large sphère de liberté en accord avec la vie en société. En effet il part du principe qu’il est impossible de prendre comme critère du bien l’universalité absolue dans laquelle tous les hommes y trouveraient un fondement dans lequel on déduirait des règles de vie communes à tous. In fine, l’idée maîtresse de l’oeuvre de John Stuart Mill, c’est le principe de non-nuisance à autrui qui définit la limite de l’autorité de la société sur l’individu.