CAMEL BECHIKH, INVITE DANS L’EMISSION ISLAM ET SPIRITUALITES

Interviewé par Marika El Haki dans l'émission Islam et Spiritualités du 30 nov. 2012

Camel Bechikh, interviewé par Marika El Haki dans l’émission Islam et Spiritualités du 30 nov. 2012

                                                                                                                                                                                   Marika El Haki reçevait Camel Bechikh, Président de « Fils de France », autour du thème :

Musulmans et Citoyens patriotes français, « Fils de France » dans l’émission Islam et Spiritualités du 30 novembre 2012, rediffusion :

http://edc.radio.free.fr/edc/radio/emission/emi_show.php?emi=isspi&date=2012-11-30&type=B

Pour consulter le sujet en détail, allez svp, ici  :

http://carton.jeanclaude.free.fr/phpBB3/viewtopic.php?f=49&t=2325

Vous pouvez poser vos questions avant les émissions ou en direct à partir de 17h :

etoilesducoeur@gmail.com

Soyez nombreux à nous écouter sur la Web TV Radio Etoiles du Coeur, ISLAM ET SPIRITUALITES est une émission hebdomadaire, tous les vendredi de 17h à 19h en direct sur :

http://edc.radio.free.fr/

Amicalement,

Marika EL Haki

REPONSE A UN FBOOKEUR QUI INCITE A LA HAINE DES MUSULMANS

Suite à un message de statut que j’ai vu passer sur mon fil du mur, j’ai décidé de répondre à l’ignorance par un petit éclairage. Aussi je me permets de partager avec vous la réponse que je lui adresse au message ci-dessous :

  • S.S. a écrit sur son statut : « Sourate V, 51: « O vous qui croyez ! Ne prenez pas pour amis les Juifs et les Chrétiens ; ils sont amis les uns des autres. Celui qui, parmi vous, les prend pour amis, est des leurs. Dieu ne dirige pas le peuple injuste. »  

Vous savez ce qu’ils pensent de vous quand vous leur serrez la main? Ils ont la haine… parce que le Coran le leur ordonne ! »

Sous le statut de S., nous pouvons voir une vidéo qui n’a rien à voir avec l’intitulé qui la présente, si ? :

http://www.dailymotion.com/video/xhv57a_nanterre-france-la-mosquee-diffuse-lyappel-du-muezzin-a-la-priere_news

C’est quoi cet appel à la haine S. ? Vous citez un verset hors contexte sans savoir de quoi il en retourne. Vous faîtes comme tous ces haineux envers les non-musulmans qui incitent à la haine et au mépris de l’autre. Vous stigmatisez tout un pan de la société française mais aussi plus d’un milliard de personnes dans le monde !

Croyez-vous vraiment que les musulmans haïssent les Chrétiens et les Juifs ?? Et qu’ils pensent vraiment que le Coran leur ordonne de ne pas lier d’amitié avec eux ? C’est le comble de l’absurdité et ce n’est pas du tout malin de votre part car c’est d’un ridicule qui frise l’ignorance !!

Quel est votre intention derrière ce statut ? On se le demande bien…

D’abord ce verset que vous citez n’est pas la traduction juste mais erronée. A mon avis si vous regardez l’origine de la traduction, ce doit être traduit par le Royaume d’Arabie Saoudite (pourtant grand ami des Juifs et des Chrétiens !).

La traduction que j’ai, donne une toute autre signification(*) :

« Vous qui croyez, NE NOUEZ NI AVEC LES JUIFS, NI AVEC LES CHRÉTIENS DE RAPPORTS DE PROTECTION. Qu’ils le fassent les uns avec les autres ! Quiconque d’entre vous en nouerait avec eux, conséquemment serait des leurs. »

J’ai deux points à faire remarquer pour comprendre ce verset qui a été pris hors contexte :

A) Le contexte de la révélation du verset :

Selon le contexte de l’époque, les musulmans liaient des pactes de protection en cas d’attaque d’autres tributs : La Charte ou la Constitution de Médine, l’un des écrits authentiques le plus ancien de cette période prophétique précédant la Vulgate d’Othman (premier Assemblage sous forme de Livre du Coran) en expliquait les conditions. La Constitution de Démine était semblable à une fédération de clans ou tribus nomades. Elle était liée par l’accord solennel des uns envers les autres : les membres constituaient une unité politique. Elle traitait de la responsabilité de chacun envers les autres membres sur le prix du sang encouru par un membre du groupe et du rachat d’un membre du groupe capturé. Dans d’autres articles de la Constitution on traite les divers aspects des rapports des croyants entre eux et avec les incroyants, d’autres encore traitent des droits et devoirs des Juifs. De nombreux groupes Juifs sont nommés, non pas par leur nom mais simplement comme « les Juifs de (c’est à dire, attaché à) tel et tel clan arabe ».

Chaque clan juif était allié à l’un ou l’autre des puissants clans arabes. Les Juifs étaient donc divisés entre eux et ne formaient pas un groupe compact. Toutefois les Juifs devinrent de plus en plus hostiles au Prophète et à sa religion et se servirent de leur connaissance de l’Ancien Testament pour critiquer Muhammad et le Coran. Le milieu illettré leur facilitait la tâche pour critiquer le Coran sur certains points de l’Ancien Testament(**). Cette Constitution d’un genre nouveau a permis de toute façon à maintenir la paix dans l’oasis.

B) Lecture de tous les versets qui traitent des « Gens du Livre » (Ahl al Kitab) : Chrétiens et Juifs :

Cet éclairage (dont vous n’aviez sans doute pas connaissance) étant établi, nous devons maintenant pour comprendre la signification d’un verset, lire tous les autres versets qui citent « les Gens du Livre » (Chrétiens et Juifs). Le Coran ayant été révélé par versets et sorates successifs selon des circonstances et pendant une durée de 23 ans. Il a été rassemblé en un Livre qui ne suit pas la chronologie des événements durant cette période donnée. Ce qui lui confère une complexité supplémentaire aux lecteurs .

Aussi pour exemple, les verset 57 et 58 que l’on peut lire un peu plus loin dans cette Sorate V, éclaire le verset que tu cites dans ton statut :

« Vous qui croyez, ne nouez pas de rapports de protection avec ceux qui tournent votre religion en moquerie, se jouant d’elle, parmi ceux qui ont reçu avant vous l’Ecriture (où Gens du Livre : Chrétiens et Juifs), non plus que parmi les dénégateurs. Prémunissez-vous de Dieu, si vous êtes croyants  » (verset 57)

et enfin le verset 58 :

« … (avec ceux qui), si vous appelez à la prière, la tournent en dérision, se jouant d’elle

– et cela parce qu’ils sont un peuple de déraison. »

Maintenant avec tout ceci, vous pouvez constater qu’une autre lecture est possible. Aidé de l’histoire et des circonstances de révélation, cela ne laisse que peu de doute à cette interprétation que Musulmans, Juifs, Chrétiens et même Athées peuvent très bien lier des pactes de protection et d’amitié à partir du moment ou le respect coexiste. Si le respect est rompu, même sans le Coran, le pacte l’est aussi. Avec une personne qui ne nous porte aucun respect ou se moque de nous, il est évident qu’on a tout intérêt de ne rien nouer du tout avec ces gens là et cela n’a absolument rien à voir avec « l’exégèse » du verset 51 que notre S. S. semble faire quand il interprète ainsi :  »

« Vous savez ce qu’ils pensent de vous quand vous leur serrez la main? Ils ont la haine… parce que le Coran le leur ordonne ! »

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Le Coran a donc bon dos :

Il est donc important d’avoir une connaissance des écrits scripturaires et historiques. Cette connaissance est le seul rempart à l‘obscurantisme et aux détracteurs qui veulent faire dire au Coran ce qu’il est loin de dire. Leurs techniques passent par des  interprétations abusives qui forcent une lecture littérale du texte coranique et qui fait préjudice à toute la communauté musulmane et incite à la haine.

NB : Si commentaires, il y avait merci de ne pas insulter :

(*) : Traduction du Coran : Jacques BERQUE  » LE CORAN, Essai de traduction » Édition revue et corrigée, Albin Michel, 2ème Ed. 1995.

(**) : W.M. Watt dans son livre MAHOMET, PROPHÈTE ET HOMME D’ÉTAT, bibliothèque Payot, Paris, 1962.

LA CONTROVERSE DU MAÏMONIDE « ISLAMIQUE »

Voici ma réaction à la pétition envoyée à l’UNESCO pour avoir cité Maïmonide comme « un savant musulman » dans le rapport de l’UNESCO sur la science (lire le lien ci-dessous pour comprendre ce qui suit)

http://www.europe-israel.org/2010/12/08/petition-a-madame-irina-bokova-directrice-generale-de-lunesco/

Et voilà ma réponse :

Cette histoire de mosquée me dépasse donc je ne rentrerai pas dans le débat politico-religieux de la question soulevée par cette pétition. On sait ce que cela vaut quand religion et politique se mélangent.
Pour la majorité, l’UNESCO est une Organisation à vocation universelle dont l’objectif est de promouvoir la diversité culturelle, le dialogue interculturel et une culture de la paix. C’est tout ce que je retiens de celle-ci. Je suis aussi à bout d’argument devant tant de sectarisme à propos de Maïmonide ; les grandes figures de l’Histoire appartiennent à l’humanité et non pas aux juifs ou aux musulmans ni aux chrétiens, ni aux athées ! La Religion a bon dos, et multiples facettes, d’une certaine manière, l’Homme la façonne et la transforme à sa guise. Surtout quand la politique s’en mêle. En conséquence, l’homme devient au service de la Religion alors que c’est à la Religion d’être au service de l’homme.

J’aimerais ici apporter ma vision des choses avec Maïmonide.

Maïmonide (alias en hébreux : הרב משה בן מימון HaRav Moshé ben Maïmon et en arabe : عبد الله القرطبي اليهودي Abou Omrane Moussa ibn Maimoun ibn Abdallah al-Kourtoubi al-Yahoudi « Moïse fils de Maïmoun fils d’Abdallah le cordouan Juif»)apparaît comme un penseur fortement influencé par la culture arabo-musulmane. Beaucoup contestent que Maïmonide puisse se prévaloir d’une quelconque appartenance à la civilisation arabo-musulmane.

Permettez-moi de rappeler à la raison quand il est avéré que Maïmonide fut disciple du maître d’ibn Bajja (musulman andalou). Ce grand penseur avait donc comme maîtres de nombreux musulmans tels qu’ Al Farabi surnommé « le second maître après Aristote » ou Avicenne dont il fut très influencé, ou encore Ibn Bajja (Avempace), Ibn Tuyfal ou enfin son contemporain Ibn Rushd (Averroès).

Le code maïmonidien, « le Mishneh Torah » est le seul ouvrage écrit en langue hébraïque,toutes ses autres contribution sont essentiellement en langue arabe. Cette œuvre majeure, Mishnet Torah a sans nul doute de fortes analogies avec le l’Ihya ‘Ulûm al Dîn (revivification des sciences religieuses) d’Al Ghazali (m.1111). Ces deux œuvres ont en commun les disciplines juridico-religieuses et sont destinées à revitaliser les sciences religieuses (le premier pour le judaïsme, le second pour l’islam). D’ailleurs ceux de ses coreligionnaires et inquisiteurs juifs qui l’avaient disgracié (à cause de sa philosophie) sont ceux-là même qui vouaient une admiration au « Tahafut al falasifa » (l’incohérence des philosophes) dont l’auteur est encore ce même Al-Ghazali. Ce dernier, penseur musulman dans l’âme, mit tous les moyens d’une excellente maîtrise philosophique aristotélicienne pour réfuter la philosophie et mettre fin à cette discipline dans le monde musulman.

Que vous le vouliez ou non Maïmonide fait partie des grands noms de l’Âge d’Or musulman, comme il l’est pour l’Âge d’Or juif en influençant l’humanité. Comme l’a été l’étude de l’Averroisme (avec l’étude de la pensée d’Averroès allias Ibn Rushd) pour les Juifs (par l’entremise de Maïmonide), pour les Chrétiens (avec Saint Thomas d’Aquin) mais aussi pour les philosophes modernes.

Dans le Guide des égarés , qui fut écrit comme toutes ses œuvres en langue arabe, (excepté le « Mishneh Torah ») on peut voir une similitude avec le « Régime du Solitaire » d’Al Farabi dans lequel il développe une thèse d’allure néoplatonicienne consistant dans la réduction du moi à l’être divin, le but de l’existence humaine étant l’union avec Dieu au moyen d’une ascension plus intellectuelle que mystique ou religieuse (Al-Farabi est mort à Damas en 950). Ceux qui connaissent la philosophie islamique, reconnaîtront aisément chez Maïmonide la « parabole du Roi » d’Avicenne mais aussi le conte philosophique de Hayy Ibnou Yaqzan (Vivens filius Vigilantis : du Vivant fils de l’Eveillé ou du Vigilant) dont voici un extrait de son auteur :

« Alors je demandais au Sage de me guider sur le chemin du voyage, de me montrer comment entreprendre un voyage tel qu’il en faisait lui-même. Je le fis sur le ton dont pouvait l’en requérir un homme qui en brûlait d’envie, en avait le plus ardent désir. Il me répondit: Toi et tous ceux dont la condition est semblable à la tienne, vous ne pouvez entreprendre le voyage que je fais moi-même. Il vous est interdit; à vous tous la voie en est fermée, à moins que ton heureux destin ne t’aide, toi, en te séparant de ces compagnons. Mais maintenant, l’heure de cette séparation n’est pas encore venue: un terme lui est fixé, que tu ne peux anticiper. Il faut donc te contenter pour le moment d’un voyage coupé de haltes et d’inaction; tantôt tu es en route, tantôt tu fréquentes ces compagnons. Chaque fois que tu t’esseules pour poursuivre ta marche avec une parfaite ardeur, moi je fais route avec toi, et tu es séparé d’eux. Chaque fois que tu soupires après eux, tu accomplis un revirement vers eux, et tu es alors séparé de moi; ainsi en sera-t-il jusqu’à ce que vienne le moment où tu rompras totalement avec eux. »

Ce conte philosophique qui a rendu célèbre Ibn Tufayl matérialise les exigences que sont la vie en société (Al-Farabi) et l’isolement propice à la vie spéculative (Ibn Bajja)… On retrouve cette idée philosophique dans le dernier mot des « Ennéades » de Plotin : « Telle est la vie des dieux et des hommes divins et bienheureux : s’affranchir des hommes d’ici-bas, s’y déplaire, fuir seul vers le seul ».

Je tiens à signaler ici qu’il n’est absolument pas question ici de dire que Maïmonide est musulman mais de rendre à César ce qui appartient à César : le patrimoine musulman reconnaît Maïmonide comme parfaitement « musulman » c’est à dire conforme au dogme Islamique.

D’autre part, on s’accorde bien à accepter l’idée que la philosophie islamique est grecque hellénisante alors pourquoi ne pas reconnaître, de bonne grâce, que la philosophie de Maïmonide est « islamique » ?

Enfin, je n’évoque pas les débats sans fin des biographes de Maïmonide sur les divergences à propos de sa conversion ou non à l’islam. Je vous laisse lire l’article du Washington Post intitulé « the great Islamic Rabbi ». J’espère, par ce retour sommaire à l’histoire de la philosophie islamique, dépassionner le débat qui fait tort au patrimoine universel,au dialogue des cultures et à la culture de la paix car nous faisons tous partie d’un tout :

http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2008/12/30/AR2008123002789.html
En français pour les non anglophones :
http://translate.google.fr/translate?hl=fr&langpair=en|fr&u=

http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2008/12/30/AR2008123002789.html

Courants de Pensée en Islam : Ash’arisme courant majoritaire

L’Ash’arisme est la doctrine majoritaire en Islam avec le Maturidisme qui lui est presque identique. L’Ash’arisme nous est venue de Abu l’Hassan al Ash’ari (874–936) fils de Ismaïl qui est le fils ou petit fils d’Abu Musa al Ash’ari (m.662 ou 672), compagnon du Prophète (Abu Musa joua un grand rôle dans les troubles après la mort d’’Uthman se faisant berner par Amir ibn al ‘Aç qui nomma Mu’awiya à la place de ‘Ali).

En ce qui concerne les écoles juridiques sunnites, il y’en a 4 reconnues + une que l’on peut intégrer aux 4 : l’école Dhahirite (ibn Hasm) + l’école shiite qui a sa place à al Azhar depuis peu. Il ne faut pas confondre la jurisprudence -qui sont les écoles juridiques- et les doctrines des Usul al din, qui déterminent la ‘aqida (dogme en Islam) qui sont des théologiens (mutakalimun). Contrairement aux écoles juridiques, les écoles théologiennes se contredisent toutes et divisent la Umma, jusqu’au point du Takfir. Les points de divergences sont surtout à propos de la nature de Dieu (les attributs d’essence sont-ils séparés ou non de Dieu ? A-t-Il une main, un visage ? etc.), le libre arbitre, le kalifat et l’éternité du monde.

Il ne faut pas les confondre avec les écoles juridiques car chacune des 4 écoles juridiques appartiennent à l’école ash’arite ou maturidite de son fondateur et contemporain, Abu Mansur al-Maturidi (944). Ces deux Doctrines sont majoritaires en Islam à + de 90%. La différence entre ces deux doctrines se situe sur entre autres  la raison humaine, contrairement à l’école d’al-Ash’ari qui affirme que la connaissance de Dieu découle de la révélation par les prophètes, l’école Maturidite fait valoir que la connaissance de l’existence de Dieu peut être déduite par la raison seule.

Les maturidites donnent plus de pouvoir à l’homme que l’Ash’arisme qui se rapproche du hanbalisme littéraliste et déterministe (jabryite).  Les Hanbalites et Ash’arites croient que l’homme n’a aucun pouvoir, quoiqu’il fasse, bien ou mal, c’est Dieu qui crée les actes en l’’homme (perso, je trouve que c’est une aberration). Ils pensent que « les choses sont bonnes ou mauvaises parce que c’est Lui qui les a décrétées ainsi ». Pour sauver la transcendance divine, les ash’arites diront encore qu’on n’interroge pas Dieu sur ce qu’Il fait.

Il faut savoir que le fondateur de la doctrine orthodoxe (ash’arite) de l’Islam a établis sa doctrine en opposition à son maître al Jubaï, Mu’tazilite (autre école de pensée théologique disparue au XIIIème siècle). La doctrine Mu’tazilite repose sur le principe de la « Justice divine »(‘Adl), l’axe central : « Dieu ne peut pas faire le mal, le mal vient de l’homme ; Dieu est juste, donc Il ne peut pas créer le mal en l’homme ou créer un être impie, c’est l’homme qui le devient par obstination à vouloir faire le mal, c’est lui qui s’égare à force d’obscurité ». « Même si Dieu infini et tout puissant, dans son omniscience connaît les actes de ses créatures, sa Toute-puissance, ne prend pas part directement aux actes humains » car l’homme est  « créateur de ses actes » par un pouvoir (qudra) que Dieu a crée en lui. Les Mu’tazilites ont établis leur doctrine dès les débuts du 8ème siècle et surtout après la mort de ‘Uthman en jouant un rôle capital dans le développement du dogme en Islam. Ils s’opposaient surtout aux athées, à la trinité chrétienne et aux hanbalites qu’ils nommaient les muchabbihah, (anthropomorphisme) puisqu’ils reconnaissent que Dieu a des mains, un visage, est assis sur un trône au sens propre des termes.

Malgré tous ce qu’on a pu dire de mal sur les Mu’tazilites, il faut savoir qu’ils ont été les premiers à élaborer le dogme du Tawhid, l’unicité absolue de Dieu, que toutes les doctrines reconnaissent par l’Ijma’ (consensus des savants) et reprennant  les grandes bases. L’ash’arisme qui je le rappelle est la doctrine théologienne majoritaire et orthodoxe de l’Islam donc celle de la pensée majoritaire à 90% nous vient d’Abu l’Hassan al Ash’ari qui était lui-même mu’tazilite jusqu’à la disgrâce des mu’tazilites. Lors des révoltes contre le pouvoir abbaside qui officialisèrent  la doctrine Mu’tazilite, Abu l’Hassan al Ash’ari profite des révoltes pour se retirer de cette école de pensée et reconnaître le hanbalisme comme pensée juste. Il créé ainsi un syncrétisme entre le mu’tazilisme, en reprenant le Tawhid, le Kalam ou théologie spéculative, la philosophie,  la raison humaine mais inférieure à la révélation et la littéralité du texte coranique, la négation de la liberté humaine, la thèse du Coran « incréé » des hanbalites en y ajoutant la « théorie de l’acquisition »(Kasb).

Al Ash’ari , en se rapprochant de leurs thèses, a ardemment souhaité être reconnu par les Hanbalites qui l’on rejeté avec toutes ses thèses. Ainsi Les « salafites »  aujourd’hui encore combattent et demeurent, comme leurs prédécesseurs, contre l’interprétation du texte coranique, la philosophie, l’Ijtihad, l’aggiornamento des interprétations et des sources secondaires de la jurisprudence (Istihsan et Maçlaha Moursala). Les Wahhabites se réclament d’Ahmad ibn Hanbal (m. 855) donc de l’école hanbalite qui ne reconnait pas la raison humaine, ni la liberté humaine, prône le taqlid (imitation aveugle) reconnaisse le fatalisme et la politique de la ta’a (obéissance aux dirigeants même si injuste) car « c’est Dieu qui a voulu qu’ils accèdent au pouvoir ».

Je sais que ce qui précède est un peu confus à comprendre mais je vous conseille vivement de lire les textes originaux des auteurs de toutes ces écoles théologiques de l’époque classique et de vous en faire vous même une idée (textes traduit en français et en anglais pour beaucoup). Vous seriez surpris des aberrations et des buts politiques s’y dégageant. Il faut aussi bien connaitre l’Histoire de l’Islam, vous pourriez comprendre le contexte du développement de la théologie musulmane et de sa jurisprudence et comprendre pourquoi,  par exemple, un Ibn Taymyya prêchait le Djihad (contexte de l’invasion Mongols et des croisades) ou pourquoi Abdel Wahhab a pu être aussi radical avec les Sufis (les musulmans étaient devenus de vrais adorateurs des tombes ou ziyara et redevenaient des litholatres /adorateurs des pierres).

Dès la mort du Prophète (ç), il existait jusqu’à + de 20 écoles(madahab) aujourd’hui il n’en reste plus que quatre, la raison est plus politique que religieuse. Les Shiites, les  Mu’tazilites, les Hanbalites, les Kharajites, les Sufies par exemple sont les doctrines les plus anciennes. L’orthodoxie s’est implantée bien après eux, à partir du Xème siècle, et le sunnisme est déterminé à partir du shiisme par opposition politico-religieuse au pouvoir, surtout sous le khalifa de ‘Uthman qu’ils accusaient d’avoir favorisé sa famille, et par la suite pendant le khalifat  Ommeyyade (famille de ‘Uthman) qui usurpa le pouvoir à la place de ‘Ali.

Contrairement à une idée bien enracinée, au début de l’islam, ne fut pas le sunnisme, d’une formation lente et plus tardive, s’est créé en réaction contre le mu`tazilisme, à la fin du VIIIe et au début du IXe s, et plus encore après. Dès le IIe siècle, par exemple  ‘Abdallah b. al Mubârak (*) définit  juridiquement, pour la première fois, les sunnites comme ceux qui rejettent l’insurrection dans tous les cas, que le khalife soit pieu ou non. Ainsi les juristes ne s’occupaient plus de savoir qui était dans le cas particulier d’une résistance légitime. Tous ceux qui s’opposaient aux pouvoir étaient des bughât (rebelles). Le gouvernement devait donc avoir le monopole du pouvoir et la prise en compte de la résistance dans le monde musulmans est, depuis, restée bien mince. La grande majorité aujourd’hui, sunnite, obéit au « principe d’obéissance » pourvu que le souverain n’empêche pas la religion de s’épanouir.

Les Salaf ne sont pas l’apanage des « salafistes » seuls car le terme « Salaf » désigne les pieux prédécesseurs DES TROIS PREMIERS SIECLES, » la communauté la meilleure jamais produite aux hommes » (S.III :110)  sont donc aussi bien les Tassawuf (soufisme /existaient dès les débuts de l’islam), les Mu’tazilites (du 7 et 8ème au XIIIè s.), les philosophes  (dès le VIIIème siècle) ou les Shiites (dès le VIIème) que les hanbalites.

Les Hanbalites que sont Ahmad ibn Hanbal puis ses adeptes après lui : ibn Taymyya, ibn Qayim al Jawziyya, Ad-Dhahabi, ibn Kathir et Abdel Wahhab (les Wahhabites, radicaliseront sa pensée) et les contemporains tels  al Albani,  ibn Bâz et al ‘Outhaymine sont similaires par la même doctrine jabryite. Ceux là se considèrent comme détenant la doctrine « Véridique » des Salaf et seront donc sauvés du feu de l’enfer alors que tous les autres sont dans le faux et méritent pour cela l’enfer. Ils appuient cette affirmation par un hadith faible qui dit : « Les Juifs se sont divisés en soixante et onze sectes, les Chrétiens se sont divisés en soixante-douze sectes et ma communauté se divisera en soixante-treize sectes. » et « toutes iront en Enfer sauf à se conformer à ma tradition et à celle de mes compagnons. ».

(cf. LES 73 « SECTES » DE L’ISLAM)

(*) Cf. Les 73 « Sectes » de l’Islam interprétées de façon erronée. Hadith rapporté par ‘Abdu-llâh Ibn Al-Mubârak (mort en 797 a.p. JC)  : «  72 passions ont pour origine (asl) 4 passions [initiales] (ahwâ) à partir d’elles, bifurquèrent [les] 72 [autres]. [Elles sont,] la passion (secte) des :« qadarîyyah », des « murdji ah », des « chî’ah » et des « khawâridj » (http://minhajalhaqq.blogvie.com/2010/08/22/l%E2%80%99origine-des-72-sectes/#respond).

LES 73 SECTES DE L’ISLAM

Les musulmans ne sont pas prêts à afficher leurs désaccords sur les sujets qu’ils considèrent en opposition avec leur conscience. Il ne sont pas non plus prêts aux vrais débats de fond (lapidation,  apostasie, sur la place de la femme dans la société, divorce et même sur le voile).

Les dialogues inter-religieux sont beaucoup plus faciles que les dialogues intra-religieux surtout en ce qui concerne les multiples différences de pensée de toute la communauté musulmane !

Les musulmans resteront tels quels tant qu’ils n’imposeront pas à leurs « ‘Ulama », de toutes obédiences, de se réunir  pour un « Vatican II  islamique »  et régler une fois pour toutes les questions qui dérangent.

Un des problèmes que la communauté musulmane rencontre est de croire au dogme :  » tout ce qui n’est pas sunnite est dans l’égarement… » Et donc « tout ce qui est sunnite obtiendrait le salut »*.

Mais qu’est-ce que la sunna ? Les Shiites sont les premiers à se dire défenseurs de la sunna du Prophète (ç) ?

En effet ce qui confirme la position de rejeter « tous les autres » est dû à un Hadith connu de tous, et qui inconsciemment fait encore ravage, ce hadith le voici :

 » Les Juifs se sont divisés en soixante et onze sectes, les Chrétiens se sont divisés en soixante-douze sectes et ma communauté se divisera en soixante-treize sectes. »

A la question des Compagnons de savoir qui sera la secte sauvée (« al firqa al nadjiya ») ?

Le Prophète (ç) aurait dit :

« toutes iront en Enfer sauf à se conformer à ma tradition et à celle de mes compagnons. » rapporté par At-Tirmidhi, abou dawud et ibn Majja.

Pour commencer il n’est pas rapporté dans les Sahih des 2 Chuyûkh (Bukhari/Muslim).

Dans sa chaîne de transmission il y ‘ a un menteur (qui défendait sa secte). Ensuite selon Ibn Hajjar, hadith faible à cause de ‘Amr Ibn ‘Alqama celui qui rapporte le Hadith. Et d’autres faiblesses de taille.
De plus ibn Hazm (dhahirite) a trouvé le contenu forgé sur cette phrase en particulier « toutes iront en enfer sauf à se conformer à ma tradition et à celle de mes compagnons ».

En réalité, ce hadith a mal été compris. C’est plutôt pour la gloire de l’Islam qu’un autre hadith lui reconnait 73 vertus en face des 71 du judaïsme et des 72 du christianisme. On a transformé vertus en branches de l’Islam et faussement aussi la « al firqa al nadjiya » est la seule qui mène au salut c’est à dire conforme à la Sunna.

Fakhr ad-Dîn al Razi dans son commentaire du Coran a dit au sujet des sectes de ce hadith :

« L’authenticité de cette tradition a été attaquée et l’on a fait observer que si par les 72 sectes, il faut entendre autant de divergences sur les dogmes fondamentaux des religions il y’en a pas un pareil nombre; que si au contraire il s’agit d’enseignements secondaires dérivés des doctrines fondamentales, il y a en plus du double. »

Al Ghazali (mort en 1111 ap.JC) a donné une autre interprétation de ce hadith : »toutes les 73 branches iront au paradis exceptée une seule, les Zindiq ».

Al Ach’ari, fondateur de l’école ach’arite, qui influencera al Razi  plus tard, alors qu’il était très malade, convoqua à son chevet un homme et lui dit : »Je témoigne que je n’ai jamais regardé comme kâfir (mécréant) aucun des ahl al qibla (shiites et autres non orthodoxes), car tous orientent leur esprit vers le même objet d’adoration; ce en quoi ils s’écartent les uns des autres n’est qu’une différence d’expression« .

notes de fin de page :

Pour en savoir plus lire sur ce site : « Les limites de la commanderie du bien » ici   https://monalika08.wordpress.com/2010/02/11/les-limites-de-la-commanderie-du-bien-dans-les-interpretations-coraniques/
La genèse des premières divisions dans l’Islam « Ahl al ‘Adl wa at-Tawhid » ici   https://monalika08.wordpress.com/2008/08/08/7/
et un guide pour le dialogue intra-religieux : https://monalika08.wordpress.com/category/dialogue-interreligieux/

* Voir sur ce site :  Coran et Sunna : Quelles différences ?

https://monalika08.wordpress.com/category/islam/

DIALOGUE INTERRELIGIEUX, UN GUIDE POUR LES MUSULMANS

Présentation du Livre :

 » INTERFAITH DIALOGUE A Guide for Muslims »

Edition anglaise : The Internationnal Institute of Islamic Though (IIIT)

Auteurs : Mohammad Shafiq et Mohammed Abu Nimer                                                                                       

 

1-  Biographies des auteurs :

 

Mohammed Abu-Nimer est un éminent expert du dialogue arabo-juif et de la paix en zone de conflit. Entre autres compétences d’importance, il est Directeur de l’Institut de la Paix et du Développement à l’Université américaine. Il a eu plusieurs prix pour la Paix. Publication : Plusieurs livres dont : Dialogue Interconfessionnel au Moyen-Orient.

Mohammad Shafiq est le Directeur Général du Centre d’Etude pour le dialogue interreligieux au Collège de Nazareth, à Rochester, New York. Il est Imam et participe activement dans plusieurs forums interconfessionnels. Publication : plus de 40 articles et plusieurs livres sur le dialogue interreligieux. « The Growth of Islamic Thought in North America » (amana, 1994).

2-  Présentation de l’oeuvre :

 

Rédigé par Muhammad Shafiq et Mohammed Abu-Nimer, ce livre a vu le jour dans le cadre d’un grand projet impliquant de très importantes Organisations interreligieuses telles qu’ILDC et Salam. Ces derniers ont organisé plusieurs réunions entre les principaux érudits musulmans et les chefs religieux pour aider à élaborer ce Guide. C’est une approche islamique dont l’objectif est une meilleure communication interconfessionnelle. Les auteurs exposent les problèmes éthiques et pratiques prudentes –en accord avec de nombreux versets coraniques- dont la plus importante directive coranique en la matière est « de discuter avec eux de la plus belle façon » (16 :125).  

 

 

A- LA RESURGENCE DU DIALOGUE INTERCONFESSIONNEL : Les musulmans, aux yeux des Occidentaux, portent l’image d’ennemis des autres religions. Les croisades, la Renaissance et les Orientalistes du 19è s. furent préjudiciables aux musulmans. Des mouvements de Libération et l’anticolonialisme se sont crées dans certains pays, surtout en Palestine, après la 2nd Guerre Mondiale. Les films hollywoodiens ont véhiculé une vision contraire à la vraie nature de l’Islam : Moïse et Jésus ont utilisé la lumière de la raison pour sauver les âmes alors que Mohammed a prêché avec l’épée et converti avec force. En sus, le 11 septembre, a provoqué une multitude de questions à propos de son message de paix. Cette date reste une épreuve pour les musulmans. Les arabes ont subit toutes sortes d’humiliations.  

 

B- LES OBJECTIONS DES MUSULMANS AU DIALOGUE : Certains musulmans s’opposent à toute participation par peur de créer une nouvelle religion. Ils sont sûrs que les rituels et prières communs sont une innovation. Pourtant le Coran dit que la beauté de l’humanité c’est la pluralité des communautés, sinon Dieu nous aurait formés d’une seule nation (10:99 et 5:48). D’autres pensent que ce dialogue est un appel à la conversion à l’Islam. Cela est faux. Les autres confessions seraient sur la défensive. Il n’y a pas de polémique dans ce dialogue moderne qui ne cherche nullement à créer une nouvelle religion ou l’abandon des piliers de l’Islam. Les Imams pourraient l’enseigner et ainsi réapprendre l’art de l’écoute, comprendre leurs similitudes et leurs différences à travers des discussions théologiques et philosophiques, évaluer la spiritualité des autres peuples par l’enseignement de leur histoire et travailler ensemble, avec un projet commun en relation avec la justice et l’aide humanitaire…

                                                                                           

C- REPONSE A L’OECUMENISME : HISTOIRE D’UN DIALOGUE : En 1910, a eu lieu la toute 1ère Conférence Mondiale des Missionnaires Chrétiens. Ce fut un échec en raison de leur supériorité envers les autres religions. Après la 2nd Guerre Mondiale, leurs efforts, divisés, restaient désastreux. Les Eglises y remédient en créant le Conseil Mondial des Eglises (WCC). En élaborant des stratégies actives pour travailler humainement avec les non Chrétiens, le WCC organise deux autres Conférences Mondiales, en 1961 et en 1967. Le Pape Jean XXIII, en 1962 met en place Vatican II. Ce qui aura pour finalité l’œcuménisme. Des échanges intra-religieux et interreligieux sur « le Patrimoine spirituel » débutent avec les Juifs et se poursuivent avec les Musulmans qui « croient en Un Dieu Unique et honorent tous les prophètes ». L’Indouisme est perçue, dorénavant, comme une religion à travers laquelle « Hommes et Femmes contemplent le mystère Divin » et le Bouddhisme « qui reconnait ses limites au Monde en mouvement ». L’œcuménisme est une étape majeure. Elle encourage la spiritualité et les vérités morales. Les musulmans pourraient en faire autant en se basant sur sa propre histoire qui n’est pas étrangère à ce type de dialogue. A l’instar de la communauté musulmane de Rochester de New York, ils y participeraient activement, créeraient un pont avec les autres communautés religieuses et protégeraient ainsi tous les musulmans des environs.

 

D- LES ARGUMENTS DES OPPOSANTS : Les opposants utilisent certains versets du Coran pour appuyer leurs arguments alors qu’au contraire le Coran et les Hadith confirment le dialogue entre musulmans et non musulmans. Se servant du verset (2 :120), ils condamnent tout dialogue. Heureusement, une approche scientifique de l’Histoire, révèle le contexte de ce verset : Dieu a demandé aux musulmans qui priaient vers Jérusalem, de prier dorénavant vers la Mecque. C’est dans ce seul cas que Dieu a dit que les Juifs et les Chrétiens en ce temps, ne seraient satisfaits jusqu’à ce que le prophète ne rallie leur croyance. Ce verset ne dit pas de rompre tout lien avec eux, mais les informe qu’une entente absolue est impossible. Par une mauvaise compréhension, les Musulmans accusent ces activités interreligieuses de tenter une expansion de la politique occidentale et d’éradiquer l’Islam. Cette crainte est justifiée du manque de confiance et d’endurance spirituelle. Ces déficiences proviennent d’absence d’opportunités de présenter l’Islam.

 

E- LES ARGUMENTS DES AUTEURS / INVITATION AU DIALOGUE                  

Avec le verset 3:110, le Coran appelle la communauté musulmane à devenir individuellement ou ensemble, « la meilleure communauté ». Beaucoup de Musulmans disent que le dialogue interreligieux est une possibilité que s’amenuise le devenir de « la meilleure communauté ». Ils oublient que le prophète s’est engagé lui-même par l’apport du dialogue. Le respect des « gens du Livre » n’est nullement de les aimer ou d’adorer leur religion dans le sens de devenir un seul avec les autres. Cette méthodologie du dialogue force d’elle-même les Musulmans à réexaminer et à reconfirmer leur propre identité religieuse. D’un coté plus optimiste, les communications avec l’occident et ses sociétés pluralistes peuvent apporter, individuellement, aux non Musulmans, la connaissance et la compréhension de l’Islam.  

 

MANUEL POUR LE DIALOGUE INTRA RELIGIEUX ET INTERRELIGIEUX. Si les différences entre des personnes de même confession où de confessions différentes sont naturelles, Mohammad Shafiq insiste sur le faite qu’il est plus difficile de mettre en place avec succès un dialogue entre les Musulmans de différentes doctrines que de mettre en place un dialogue interreligieux. Les musulmans restent divisés mais ne veulent pas le reconnaître, ce qui rend plus difficile le dialogue intra-religieux pour les leaders. En général, beaucoup d’imams ne sont pas entraînés aux règles et aux codes (adab) pour discuter dans ce type de dialogue. Les autres communautés religieuses ont depuis longtemps acquis l’expérience de l’engagement intra-religieux. Ils ont évolué en pratiquant la technique de ce dialogue et sont donc plus enclin à s’ouvrir et écouter les autres. Les auteurs illustrent plusieurs principes de directives coraniques décrites à la page 23 : des techniques de communications qui pourraient être enseignés en direction des musulmans comme être polis et s’éloigner de la haine, parler avec douceur, ne pas médire sur autrui ni des autres religions, proscrire la colère et être tout pardon, patient, équitable et respecter la dignité humaine.

Pour qu’un dialogue intra-religieux réussisse, les Musulmans ont intérêt à développer ces compétences fondamentales. Si pour les communautés vivant dans l’Ouest, le dialogue interreligieux devient une nécessité, le dialogue intra-religieux l’est encore plus. Elle garantit une meilleure cohérence entre Musulmans et apporte l’Unité surtout en ce qui concerne la solidarité musulmane. Une bonne organisation des Musulmans sera plus respectable et aura plus d’impact, lors des dialogues interreligieux, qu’une communauté désorganisée.

 

Les auteurs demandent aux leaders de ces rencontres d’avoir toujours en tête qu’ils sont, avant tout, les représentants de l’Islam et de son prophète qui enseigne une attitude positive. Leurs comportements doivent être le reflet des ces principes. Il est donc essentiel, pour fonder de bonnes bases, d’avoir une bonne éducation (adab) et de bonnes manières. Pour les aider, il existe un manuel, en dix commandements, du dialogue interreligieux publié par Léonard Swidler (Temple University, Département of Religion) dont les détailles peuvent être lus à la page 25. Le même type de manuel existe aussi du coté musulman, en cinq commandements, écrit par Isma’il R. Al-Faruqi (professeur de M.Shafiq et pionnier de ce type de dialogue).