L’Emir Abdelkader, émission du 14 déc. avec Elyamine SOUM

Sociologie et diplômé de relations internationales et d’études latino-américaines, ses travaux à l’EHESS (Centre d’analyses et d’interventions sociologiques (CADIS)) portent sur les questions internationales, religieuses et de cohésion sociale.

Sociologie et diplômé de relations internationales et d’études latino-américaines, ses travaux à l’EHESS (Centre d’analyses et d’interventions sociologiques (CADIS)) portent sur les questions internationales, religieuses et de cohésion sociale.

WP SOUMElyamine SOUM et moi-même, nous débattons autour d’un personnage hors du commun  :

« L’EMIR ABDELKADER »

PODCAST DU 14 DEC. 2012 :  http://edc.radio.free.fr/edc/radio/emission/emi_show.php?emi=isspi&date=2012-12-14&type=B

Elyamine SOUM est Diplômé de sociologie, de relations internationales et d’études latino-américaines, ses travaux à l’EHESS (Centre d’analyses et d’interventions sociologiques (CADIS)) portent sur les questions internationales, religieuses et de cohésion sociale.
Il a co-écrit Discriminer pour mieux régner avec le sociologue Vincent Geisser. Il s’agit d’une enquête inédite sur la question de la diversité dans les partis politiques français. En collaboration avec des universitaires américains et français, il a co-dirigé l’ouvrage Islamophobie dans le monde moderne. Sollicité en 2008 par la Ministre Christine Boutin, il a participé à la consultation sur les valeurs républicaines.
Conférencier et acteur associatif, il est particulièrement impliqué dans le débat public en Europe et est considéré comme « prometteur » selon Le Monde dans un article sur les nouvelles élites. Elyamine Soum parle plusieurs langues, notamment l’anglais, l’arabe, l’espagnol et le portugais. Il intervient régulièrement dans les médias internationaux et français tels que France 24 et France Ô. Il est collaborateur auprès du journal brésilien Opera Mundi. En janvier 2012, il publie « La France que nous voulons », un ouvrage se proposant d’irriguer de propositions le débat public, avec un regard francoptimiste et jeune. Plusieurs idées de l’ouvrage sont reprises, par des responsables politiques, notamment sur la question des étudiants étrangers, dans une proposition de loi au Sénat.

Deux heures de débat avec E. SOUM, dans l’émission « Islam et Spiritualités » en direct à partir de 18h (horaire exceptionnel) sur la Web TV Radio :  http://edc.radio.free.fr/

« La vie mouvementée d’Abd el-Kader, l’homme qui a tenu tête aux armées françaises de 1832 à 1847, épouse l’histoire compliquée de l’Algérie et de la France, de l’Orient et de l’Occident. » (Benjamin Stora)

Comment est présenté l’Emir dans les manuels scolaires ?

« Le plus grand adversaire de Bugeaud est Abdelkader. C’est un homme loyal, pieux et courageux. Vaincu par Bugeaud, il se réfugie au Maroc, mais ses troupes sont défaites au combat d’Isly (1844). Abdelkader revient en Algérie. Abandonné par tous, il se rend au duc d’Aumale (1847). Il termine sa vie en Syrie où il devient l’ami fidèle des Français. Un jour d’émeutes, il hisse le drapeau tricolore sur sa maison et recueille les chrétiens en danger. »

La vie mystique ferait surtout partie de la deuxième période de vie de cette figure emblématique, qu’est Abdelkader :

« Il se lève deux heures avant l’aube et s’adonne à la prière, à la méditation religieuse jusqu’au lever du soleil. Il se rend alors à la mosquée. Après avoir passé une demi-heure en dévotions publiques, il rentre chez lui, prend une rapide collation, puis travaille dans sa bibliothèque jusqu’à midi. L’appel du muezzin l’appelle une nouvelle fois à la mosquée, où sa classe est déjà rassemblée, attendant son arrivée. Il prend un siège, ouvre le livre choisi comme base de discussion, et lit à haute voix; constamment interrompu par des demandes d’explications qu’il donne en ouvrant ces trésors multiples d’études laborieuses, d’investigations et de recherches qu’il a accumulées tout au long de son existence agitée. La séance dure trois heures…après quoi il se retire pour se reposer ». C.H. Churchill, La vie d’Abd el-Kader, 1867.)

Mais qui est vraiment l’émir Abdelkader ? On lui a attribué une vie tantôt réaliste, tantôt charismatique mais aussi beaucoup de malentendus. Elyamine Soum nous éclairera sur ce personnage controversé, ce soir, vendredi 14 décembre, dans l’émission « Islam et Spiritualités » à l’horaire exceptionnel de 18h à 20h sur ce lien :

http://edc.radio.free.fr/

Soyez nombreux à nous écouter et à nous poser vos questions et vos commentaires en direct à partir de 18h sur la Web TV Radio Etoiles du Coeur :

etoilesducoeur@gmail.com

A tout à l’heure !

Marika

 

Rediffusion de l’émission n°3 : « Islam et Spiritualités » du 28 sept. 2012

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Rediffusion de l’émission du vendre 28 septembre 2012

http://edc.radio.free.fr/edc/radio/emission/redc.php?emi=isspi&date=2012-09-28

Islam et Spiritualités n°3 dont le thème était le soufisme. Un sujet que VOUS avez choisi et que j’ai traité vendredi 28 sept.

Pour les prochaines émissions, si vous souhaitez que je continue le thème du soufisme ou que je traite un autre sujet qui vous intéresse en islam, merci de me le suggérer à cette adresse mail :

edc.islametspiritualites@live.fr

Pour continuer le sujet, ou pour vos commentaires, vous pouvez, au choix, vous rendre :

–  sur le forum de la radio Étoiles Radio du Cœur : http://carton.jeanclaude.free.fr/phpBB3/viewforum.php?f=49

–  sur ma page Facebook (à aimer au préalable) : https://www.facebook.com/pages/Marika-El-Haki/134615689897111

Mais de grâce, si l’émission vous intéresse et si vous souhaitez que l’émission continue, participez avec vos questions, vos suggestions, vos critiques (constructives) ou avec vos commentaires !!! Merci 🙂

LA PROCHAINE ÉMISSION EN DIRECT AURA LIEU VENDREDI 05 OCTOBRE DE 19H à 21H.

Dîtes-moi aussi si la tranche horaire de 19H/21H, pour regarder en direct est bonne et poser vos questions ? ou celle de 17H/21H ? La durée de 2 heures est-elle trop longue ? Si oui, souhaitez vous réduire sa durée ?

A très bientôt sur mon blog ou sur Radio Étoiles du Cœur   http://edc.radio.free.fr/   !

Amitiés,

Marika El Haki

Emission n° 2 : « Islam et Spiritualités » du jeudi 20 sept. 2012

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Seconde émission en direct du jeudi 20 sept. sur Radio Étoiles du Cœur, animée par Marika et Jean-Claude.

Les questions des auditeurs traitées sont les suivantes :

1. Ma réaction sur la manifestation à Paris contre le film « Innocence of Muslim » (suite à la vidéo qui circule; sur le web)

2.   Le Prophète de l’Islam a-t-il égorgé tous les Juifs de Khaybar ? Contexte et réalité historique;

3.   Revendication de l’islam de France, inégalités de traitement par rapport aux autres religions monothéistes ;

4.   Qu’est-ce que le Djihad et contexte de guerre défensive ;

5.   L’apostasie est-elle « réprimée » ?

6.   Le Prophète a-t-il été annoncé dans la Bible ?

7.   Différences entre Sunnites et Shiites ;

8.   Qu’est-ce que la doctrine wahhabite ;

9.   La polygamie dans le Coran ;

10. Exégèse des versets coraniques relatifs aux voiles (suite de la première émission)

…/…

Prochaine émission en direct « Islam et Spiritualités », de 19h à 21h ici

Soyez nombreux à poser vos questions en direct ou bien par mail à cette adresse :

edc.islametspiritualites@live.fr

Je ne manquerai pas d’y répondre en direct !

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Citation : “Ils ignoraient ce qu’étaient les diverses méthodes qui concernent la totalité des hommes dont la Révélation invite chaque homme à franchir les portes, (…) ils croyaient qu’il s’agissait d’une voie unique. Ils se sont ainsi trompés quant au dessein du législateur, se sont égarés et ont égaré les autres” (Averroès alias Ibn Rushd, philosophe Arabo-musulman du 12è siècle)

Emission « Islam et Spiritualités » du vendredi 14 sept. 2012

Première émission en direct du 14 sept. sur Radio Etoiles du Coeur, animée par Frédéric de Bé. Les questions traités sont les suivantes :

1. Ma réaction suite au film « Innocence of Muslim »

2. Réponse à la question : L’islam est-il une religion de paix ?

3. La différence entre Bourka, Hayk, Niqab et le foulard = divergences entre Musulmans sur le dévoilement du visage ou pas

4. Exégèse des versets relatifs aux voiles

Bonne écoute !

http://edc.radio.free.fr/edc/radio/emission/redc.php?emi=isspi&date=2012-09-14

Citation : “Ils ignoraient ce qu’étaient les diverses méthodes qui concernent la totalité des hommes dont la Révélation invite chaque homme à franchir les portes, (…) ils croyaient qu’il s’agissait d’une voie unique. Ils se sont ainsi trompés quant au dessein du législateur, se sont égarés et ont égaré les autres” (Averroès alias Ibn Rushd (philosophe Arabo-musulman du 12è siècle)

Vous avez dit Lapidation ?? Partie 1_4

Colloque sur la Journée de la femme le 24 mars 2012 :

Partie 1_4 : https://youtu.be/SsatKmAQ1pA

Partie 2_4 : https://www.youtube.com/watch?v=ps6cD45btzQ.

Marika El Haki nous expose les invalidités de la Lapidation par le Coran et dans la Sunna. C’est une pratique barbare ante et anti-islamique. Le Prophète de l’islam n’a jamais lapidé. C’était dans les mœurs juives de lapider. Les Arabes vivant avec des Juifs, se trouvant souvent dans les clans alliés. Pour certains, à proximité des usages religieux Juifs, faisaient de même avant l’avènement de l’islam. Jésus l’abolie, la logique juridique islamique aurait dû suivre les lois des prophètes des communautés précédentes, comme celle de l’abolition de la lapidation par Jésus. D’autant que les Juifs ont aboli cette pratique barbare depuis longtemps ! Il faut l’interdire de facto afin qu’elle n’apparaisse plus dans la charia et disparaisse des mentalités de ceux qui mélangent coutumes ancestrales de crime d’honneur et religion !

L’islam, une religion dangereuse pour ses adeptes ?

Je vous invite à lire ce qu’écrivent deux des plus imminents académiciens de l’étude de l’Islam (islamologie). Montgomery Watt (1909-2006) et Ignaz GOLDZIHER (1850-1921) ont consacré leur vie à l’étude de l’essence de la religion musulmane, de sa communauté et de son Prophète. Ils remettent en question l’idée de plus en plus acceptée par un consensus honteux, que l’islam, de par son prophète, est une religion dangereuse pour les hommes. Opinions qui continuent jusqu’à nos jours à défrayer les chroniques, les amalgames et à augmenter l’islamophobie.

Cet état de choses est une réalité. Je vois déjà beaucoup remettre en question le terme « islamophobie », ceux-là même qui souhaitent brouiller les pistes pour ne pas dévoiler leurs critiques malsaines contre la religion des musulmans et en mettent une couche aux amalgames qui stigmatisent de fait et naturellement les musulmans. Leurs arguments tournent toujours autours des mêmes insultes envers le représentant de leur croyance : la pédophilie du Prophète, les razzias, l’antisémitisme musulman, l’islamisation, le totalitarisme d’essence islamo-fascisme, etc.

Même si je conçois que certains Musulmans sont intolérants et veulent imposer leur vision de la religion, il n’en demeure qu’ils sont une grande minorité. Ils sont plus visibles parce que plus entendus, les médias sont leur alliés. Ils sont aussi financés par les pétro-monarchies, pourtant plus défenseurs des intérêts américains que du bien-être des musulmans en pays occidentaux ou ailleurs. Ils se fichent de l’image qu’ils véhiculent par leur rétrograde pensée déterministe et archaïque. Sauf, qu’eux, ils peuvent tout se permettre sans jamais être inquiétés par une intervention militaire « humanitaire » ou au nom de la démocratie ou de du féminisme occidentale. Ils ont Le pétrole qui les rend arrogant. Malgré les dérives que l’on perçoit de certains adeptes, cela ne doit pas faire oublier que ceux qui souffrent le plus de l’exclusion et de cette iniquité de jugement sont des musulmans les plus paisibles, enjoués et sympathiques, dans leur grande majorité.

Dans le livre, « Mahomet à Médine » de Montgomery Watt, au chapitre  « L’homme et sa grandeur » et aussi dans les « Prétendus manquements à la morale », on trouvera une analyse salutaire que l’on devrait méditer :

« De tous les grands hommes du monde entier, aucun n’a eu autant de détracteurs que Mahomet. Il est difficile de comprendre pourquoi il en est ainsi. Pendant des siècles, l’Islam fut le grand ennemi de la Chrétienté; la Chrétienté, il est vrai, n’était en contact direct avec aucun autre Etat organisé comparable par la puissance à l’Islam […] Même avant les croisades, une propagande médiévale en faveur de la guerre, propagande dénuée de toute objectivité, était employée à former dans les esprits la conception du « grand ennemi ». Mahomet devenait Mahound, le Prince des Ténèbres. Quand vient le XIè s., les idées concernant l’Islam et les Musulmans, courantes parmi les Croisés, se trouvaient être de telles fables qu’elles eurent en définitive un effet déplorable : les Croisés avaient été prévenus de s’attendre au pire de la part des ennemis et lorsque virent parmi ces ennemis plus d’un guerrier chevaleresque, ils furent remplis de méfiance vis-à-vis des autorités religieuses chrétiennes. Ce fut pour remédier à cette situation que Pierre le Vénérable tenta de diffuser des renseignements plus exacts concernant Mahomet et la religion qu’il prêchait. Dans la suite de grand progrès furent faits dans cette voie, surtout depuis environ deux siècles, mais beaucoup de  vieux préjugés demeurent encore. »

Ignaz Goldziher, Juif hongrois, de famille israélite fort estimée, écrit dans son recueil critique sur le Dogme et la loi islamique (*) :

 « On trouve inférieur l’idée de Dieu dans l’Islam… On déclare sa morale dangereuse, parce qu’elle est commandée par le principe d’obéissance et de soumission que révèle le nom même d’Islam. Comme si la conscience, si forte chez le musulman, d’être soumis à une loi divine inflexible, comme si sa croyance à la transcendance de l’Être divin s’avéraient comme des obstacles qui l’empêchassent de se rapprocher de Dieu par la foi, la vertu et les bonnes œuvres et d’être reçu dans sa miséricorde (Surat 9 verset 100) !

 ceux qui jugent la religion des autres d’après un critère subjectif, on peut rappeler les excellentes paroles du théologien A.Loisy (1906) : « On peut dire de toutes les religions qu’elles ont une valeur absolue pour la conscience de leurs fidèles respectifs, et une valeur relative pour l’intelligence du philosophe et du critique. » En appréciant l’action de l’Islam sur ses fidèles, on a le plus souvent perdu de vue cette vérité.

On a même rendu, à tort dans le cas de l’Islam, la religion responsable d’imperfections morales et d’une stagnation intellectuelle qui ont leur cause dans les aptitudes ethniques ; et pourtant cette religion est répandue parmi des peuples appartenant à des races dont elle a plutôt modéré que provoqué la barbarie. Pas plus que les autres religions, l’Islam n’est une abstraction que l’on puisse isoler des phénomènes et des effets par lesquels ils se manifestent et qui diffèrent suivant les phases de son évolution historique, son domaine géographique et le caractère ethnique de ses adeptes.

Si l’on ne veut pas être injuste, il faut convenir qu’il y a, même dans les doctrines de l’Islam, une force efficiente orientée vers le BIEN, et qu’une vie conforme à ces doctrines peut être une vie moralement irréprochable ;  elle exige en effet la miséricorde ENVERS TOUTES LES CREATURES DE DIEU, LA BONNE FOI DANS LES RELATIONS , L’AMOUR ET LA FIDELITE, le refoulement des instincts égoïstes, et toutes ces vertus que l’Islam puisa dans les religions dont il reconnaît lui-même les prophètes comme ses maîtres.(Moïse , le Messie Jésus, fils de Maria… Le Coran  affirme qu’il a existé 125 000 prophètes,  il n’en a cité que 25). Un bon musulman mènera une vie qui satisfait à de sévères exigences morales . »

 Il  conclut enfin par  :

« Certes, l’Islam est aussi une « loi » ; il plie aussi ses croyants à des actes cérémoniels. Néanmoins, non seulement les doctrines traditionnelles sur lesquelles s’est appuyé son développement, mais déjà leur source première la plus reculée, le Coran, regarde expressément l’INTENTION dans laquelle les œuvres sont accomplies comme le critérium de la valeur religieuse, et l’observance stricte de la loi, si elle n’est accompagnée d’actes de miséricorde et de charité, y est considérée comme de peu de prix ! » (cf Surate 2, verset 172).

Et pourtant, ces deux orientalistes n’ont pas été tendres avec l’islam dans l’ensemble de leurs oeuvres, mais il faut bien leur reconnaître que les résultats de leur recherche restent au final positif et réhabilitent pour l’essentiel la grandeur de cette religion. Alors que s’est-il passé depuis ? L’islam, religion orpheline et rebelle donne du fil à retordre aussi bien aux laïques les plus radicaux qu’à ses deux sœurs aînées que sont les religions monothéistes, le judaïsme et le christianisme ! Ça fait beaucoup de monde contre une seule communauté qui pourtant aspire à la paix des peuples mais nous constatons malheureusement que l’air du temps fait un bond au Moyen-Âge. Toutes ces provocations injustifiées même au prix de la liberté d’expression, poussent à la marginalisation des Musulmans, voire pire, à les radicaliser d’une façon globale et de façon binaire : Musulman islamistes ou rejet de l’islam.

(*) « LE DOGME ET LA LOI DANS L’ISLAM », p 13, Ed. L’éclat & Geuthner, 2005.

Courants de Pensée en Islam : Ash’arisme courant majoritaire

L’Ash’arisme est la doctrine majoritaire en Islam avec le Maturidisme qui lui est presque identique. L’Ash’arisme nous est venue de Abu l’Hassan al Ash’ari (874–936) fils de Ismaïl qui est le fils ou petit fils d’Abu Musa al Ash’ari (m.662 ou 672), compagnon du Prophète (Abu Musa joua un grand rôle dans les troubles après la mort d’’Uthman se faisant berner par Amir ibn al ‘Aç qui nomma Mu’awiya à la place de ‘Ali).

En ce qui concerne les écoles juridiques sunnites, il y’en a 4 reconnues + une que l’on peut intégrer aux 4 : l’école Dhahirite (ibn Hasm) + l’école shiite qui a sa place à al Azhar depuis peu. Il ne faut pas confondre la jurisprudence -qui sont les écoles juridiques- et les doctrines des Usul al din, qui déterminent la ‘aqida (dogme en Islam) qui sont des théologiens (mutakalimun). Contrairement aux écoles juridiques, les écoles théologiennes se contredisent toutes et divisent la Umma, jusqu’au point du Takfir. Les points de divergences sont surtout à propos de la nature de Dieu (les attributs d’essence sont-ils séparés ou non de Dieu ? A-t-Il une main, un visage ? etc.), le libre arbitre, le kalifat et l’éternité du monde.

Il ne faut pas les confondre avec les écoles juridiques car chacune des 4 écoles juridiques appartiennent à l’école ash’arite ou maturidite de son fondateur et contemporain, Abu Mansur al-Maturidi (944). Ces deux Doctrines sont majoritaires en Islam à + de 90%. La différence entre ces deux doctrines se situe sur entre autres  la raison humaine, contrairement à l’école d’al-Ash’ari qui affirme que la connaissance de Dieu découle de la révélation par les prophètes, l’école Maturidite fait valoir que la connaissance de l’existence de Dieu peut être déduite par la raison seule.

Les maturidites donnent plus de pouvoir à l’homme que l’Ash’arisme qui se rapproche du hanbalisme littéraliste et déterministe (jabryite).  Les Hanbalites et Ash’arites croient que l’homme n’a aucun pouvoir, quoiqu’il fasse, bien ou mal, c’est Dieu qui crée les actes en l’’homme (perso, je trouve que c’est une aberration). Ils pensent que « les choses sont bonnes ou mauvaises parce que c’est Lui qui les a décrétées ainsi ». Pour sauver la transcendance divine, les ash’arites diront encore qu’on n’interroge pas Dieu sur ce qu’Il fait.

Il faut savoir que le fondateur de la doctrine orthodoxe (ash’arite) de l’Islam a établis sa doctrine en opposition à son maître al Jubaï, Mu’tazilite (autre école de pensée théologique disparue au XIIIème siècle). La doctrine Mu’tazilite repose sur le principe de la « Justice divine »(‘Adl), l’axe central : « Dieu ne peut pas faire le mal, le mal vient de l’homme ; Dieu est juste, donc Il ne peut pas créer le mal en l’homme ou créer un être impie, c’est l’homme qui le devient par obstination à vouloir faire le mal, c’est lui qui s’égare à force d’obscurité ». « Même si Dieu infini et tout puissant, dans son omniscience connaît les actes de ses créatures, sa Toute-puissance, ne prend pas part directement aux actes humains » car l’homme est  « créateur de ses actes » par un pouvoir (qudra) que Dieu a crée en lui. Les Mu’tazilites ont établis leur doctrine dès les débuts du 8ème siècle et surtout après la mort de ‘Uthman en jouant un rôle capital dans le développement du dogme en Islam. Ils s’opposaient surtout aux athées, à la trinité chrétienne et aux hanbalites qu’ils nommaient les muchabbihah, (anthropomorphisme) puisqu’ils reconnaissent que Dieu a des mains, un visage, est assis sur un trône au sens propre des termes.

Malgré tous ce qu’on a pu dire de mal sur les Mu’tazilites, il faut savoir qu’ils ont été les premiers à élaborer le dogme du Tawhid, l’unicité absolue de Dieu, que toutes les doctrines reconnaissent par l’Ijma’ (consensus des savants) et reprennant  les grandes bases. L’ash’arisme qui je le rappelle est la doctrine théologienne majoritaire et orthodoxe de l’Islam donc celle de la pensée majoritaire à 90% nous vient d’Abu l’Hassan al Ash’ari qui était lui-même mu’tazilite jusqu’à la disgrâce des mu’tazilites. Lors des révoltes contre le pouvoir abbaside qui officialisèrent  la doctrine Mu’tazilite, Abu l’Hassan al Ash’ari profite des révoltes pour se retirer de cette école de pensée et reconnaître le hanbalisme comme pensée juste. Il créé ainsi un syncrétisme entre le mu’tazilisme, en reprenant le Tawhid, le Kalam ou théologie spéculative, la philosophie,  la raison humaine mais inférieure à la révélation et la littéralité du texte coranique, la négation de la liberté humaine, la thèse du Coran « incréé » des hanbalites en y ajoutant la « théorie de l’acquisition »(Kasb).

Al Ash’ari , en se rapprochant de leurs thèses, a ardemment souhaité être reconnu par les Hanbalites qui l’on rejeté avec toutes ses thèses. Ainsi Les « salafites »  aujourd’hui encore combattent et demeurent, comme leurs prédécesseurs, contre l’interprétation du texte coranique, la philosophie, l’Ijtihad, l’aggiornamento des interprétations et des sources secondaires de la jurisprudence (Istihsan et Maçlaha Moursala). Les Wahhabites se réclament d’Ahmad ibn Hanbal (m. 855) donc de l’école hanbalite qui ne reconnait pas la raison humaine, ni la liberté humaine, prône le taqlid (imitation aveugle) reconnaisse le fatalisme et la politique de la ta’a (obéissance aux dirigeants même si injuste) car « c’est Dieu qui a voulu qu’ils accèdent au pouvoir ».

Je sais que ce qui précède est un peu confus à comprendre mais je vous conseille vivement de lire les textes originaux des auteurs de toutes ces écoles théologiques de l’époque classique et de vous en faire vous même une idée (textes traduit en français et en anglais pour beaucoup). Vous seriez surpris des aberrations et des buts politiques s’y dégageant. Il faut aussi bien connaitre l’Histoire de l’Islam, vous pourriez comprendre le contexte du développement de la théologie musulmane et de sa jurisprudence et comprendre pourquoi,  par exemple, un Ibn Taymyya prêchait le Djihad (contexte de l’invasion Mongols et des croisades) ou pourquoi Abdel Wahhab a pu être aussi radical avec les Sufis (les musulmans étaient devenus de vrais adorateurs des tombes ou ziyara et redevenaient des litholatres /adorateurs des pierres).

Dès la mort du Prophète (ç), il existait jusqu’à + de 20 écoles(madahab) aujourd’hui il n’en reste plus que quatre, la raison est plus politique que religieuse. Les Shiites, les  Mu’tazilites, les Hanbalites, les Kharajites, les Sufies par exemple sont les doctrines les plus anciennes. L’orthodoxie s’est implantée bien après eux, à partir du Xème siècle, et le sunnisme est déterminé à partir du shiisme par opposition politico-religieuse au pouvoir, surtout sous le khalifa de ‘Uthman qu’ils accusaient d’avoir favorisé sa famille, et par la suite pendant le khalifat  Ommeyyade (famille de ‘Uthman) qui usurpa le pouvoir à la place de ‘Ali.

Contrairement à une idée bien enracinée, au début de l’islam, ne fut pas le sunnisme, d’une formation lente et plus tardive, s’est créé en réaction contre le mu`tazilisme, à la fin du VIIIe et au début du IXe s, et plus encore après. Dès le IIe siècle, par exemple  ‘Abdallah b. al Mubârak (*) définit  juridiquement, pour la première fois, les sunnites comme ceux qui rejettent l’insurrection dans tous les cas, que le khalife soit pieu ou non. Ainsi les juristes ne s’occupaient plus de savoir qui était dans le cas particulier d’une résistance légitime. Tous ceux qui s’opposaient aux pouvoir étaient des bughât (rebelles). Le gouvernement devait donc avoir le monopole du pouvoir et la prise en compte de la résistance dans le monde musulmans est, depuis, restée bien mince. La grande majorité aujourd’hui, sunnite, obéit au « principe d’obéissance » pourvu que le souverain n’empêche pas la religion de s’épanouir.

Les Salaf ne sont pas l’apanage des « salafistes » seuls car le terme « Salaf » désigne les pieux prédécesseurs DES TROIS PREMIERS SIECLES, » la communauté la meilleure jamais produite aux hommes » (S.III :110)  sont donc aussi bien les Tassawuf (soufisme /existaient dès les débuts de l’islam), les Mu’tazilites (du 7 et 8ème au XIIIè s.), les philosophes  (dès le VIIIème siècle) ou les Shiites (dès le VIIème) que les hanbalites.

Les Hanbalites que sont Ahmad ibn Hanbal puis ses adeptes après lui : ibn Taymyya, ibn Qayim al Jawziyya, Ad-Dhahabi, ibn Kathir et Abdel Wahhab (les Wahhabites, radicaliseront sa pensée) et les contemporains tels  al Albani,  ibn Bâz et al ‘Outhaymine sont similaires par la même doctrine jabryite. Ceux là se considèrent comme détenant la doctrine « Véridique » des Salaf et seront donc sauvés du feu de l’enfer alors que tous les autres sont dans le faux et méritent pour cela l’enfer. Ils appuient cette affirmation par un hadith faible qui dit : « Les Juifs se sont divisés en soixante et onze sectes, les Chrétiens se sont divisés en soixante-douze sectes et ma communauté se divisera en soixante-treize sectes. » et « toutes iront en Enfer sauf à se conformer à ma tradition et à celle de mes compagnons. ».

(cf. LES 73 « SECTES » DE L’ISLAM)

(*) Cf. Les 73 « Sectes » de l’Islam interprétées de façon erronée. Hadith rapporté par ‘Abdu-llâh Ibn Al-Mubârak (mort en 797 a.p. JC)  : «  72 passions ont pour origine (asl) 4 passions [initiales] (ahwâ) à partir d’elles, bifurquèrent [les] 72 [autres]. [Elles sont,] la passion (secte) des :« qadarîyyah », des « murdji ah », des « chî’ah » et des « khawâridj » (http://minhajalhaqq.blogvie.com/2010/08/22/l%E2%80%99origine-des-72-sectes/#respond).

LES 73 SECTES DE L’ISLAM

Les musulmans ne sont pas prêts à afficher leurs désaccords sur les sujets qu’ils considèrent en opposition avec leur conscience. Il ne sont pas non plus prêts aux vrais débats de fond (lapidation,  apostasie, sur la place de la femme dans la société, divorce et même sur le voile).

Les dialogues inter-religieux sont beaucoup plus faciles que les dialogues intra-religieux surtout en ce qui concerne les multiples différences de pensée de toute la communauté musulmane !

Les musulmans resteront tels quels tant qu’ils n’imposeront pas à leurs « ‘Ulama », de toutes obédiences, de se réunir  pour un « Vatican II  islamique »  et régler une fois pour toutes les questions qui dérangent.

Un des problèmes que la communauté musulmane rencontre est de croire au dogme :  » tout ce qui n’est pas sunnite est dans l’égarement… » Et donc « tout ce qui est sunnite obtiendrait le salut »*.

Mais qu’est-ce que la sunna ? Les Shiites sont les premiers à se dire défenseurs de la sunna du Prophète (ç) ?

En effet ce qui confirme la position de rejeter « tous les autres » est dû à un Hadith connu de tous, et qui inconsciemment fait encore ravage, ce hadith le voici :

 » Les Juifs se sont divisés en soixante et onze sectes, les Chrétiens se sont divisés en soixante-douze sectes et ma communauté se divisera en soixante-treize sectes. »

A la question des Compagnons de savoir qui sera la secte sauvée (« al firqa al nadjiya ») ?

Le Prophète (ç) aurait dit :

« toutes iront en Enfer sauf à se conformer à ma tradition et à celle de mes compagnons. » rapporté par At-Tirmidhi, abou dawud et ibn Majja.

Pour commencer il n’est pas rapporté dans les Sahih des 2 Chuyûkh (Bukhari/Muslim).

Dans sa chaîne de transmission il y ‘ a un menteur (qui défendait sa secte). Ensuite selon Ibn Hajjar, hadith faible à cause de ‘Amr Ibn ‘Alqama celui qui rapporte le Hadith. Et d’autres faiblesses de taille.
De plus ibn Hazm (dhahirite) a trouvé le contenu forgé sur cette phrase en particulier « toutes iront en enfer sauf à se conformer à ma tradition et à celle de mes compagnons ».

En réalité, ce hadith a mal été compris. C’est plutôt pour la gloire de l’Islam qu’un autre hadith lui reconnait 73 vertus en face des 71 du judaïsme et des 72 du christianisme. On a transformé vertus en branches de l’Islam et faussement aussi la « al firqa al nadjiya » est la seule qui mène au salut c’est à dire conforme à la Sunna.

Fakhr ad-Dîn al Razi dans son commentaire du Coran a dit au sujet des sectes de ce hadith :

« L’authenticité de cette tradition a été attaquée et l’on a fait observer que si par les 72 sectes, il faut entendre autant de divergences sur les dogmes fondamentaux des religions il y’en a pas un pareil nombre; que si au contraire il s’agit d’enseignements secondaires dérivés des doctrines fondamentales, il y a en plus du double. »

Al Ghazali (mort en 1111 ap.JC) a donné une autre interprétation de ce hadith : »toutes les 73 branches iront au paradis exceptée une seule, les Zindiq ».

Al Ach’ari, fondateur de l’école ach’arite, qui influencera al Razi  plus tard, alors qu’il était très malade, convoqua à son chevet un homme et lui dit : »Je témoigne que je n’ai jamais regardé comme kâfir (mécréant) aucun des ahl al qibla (shiites et autres non orthodoxes), car tous orientent leur esprit vers le même objet d’adoration; ce en quoi ils s’écartent les uns des autres n’est qu’une différence d’expression« .

notes de fin de page :

Pour en savoir plus lire sur ce site : « Les limites de la commanderie du bien » ici   https://monalika08.wordpress.com/2010/02/11/les-limites-de-la-commanderie-du-bien-dans-les-interpretations-coraniques/
La genèse des premières divisions dans l’Islam « Ahl al ‘Adl wa at-Tawhid » ici   https://monalika08.wordpress.com/2008/08/08/7/
et un guide pour le dialogue intra-religieux : https://monalika08.wordpress.com/category/dialogue-interreligieux/

* Voir sur ce site :  Coran et Sunna : Quelles différences ?

https://monalika08.wordpress.com/category/islam/

Le Coran, patrimoine universel

« Ils ignoraient ce qu’étaient les diverses méthodes qui concernent la totalité des hommes dont la Révélation invite chaque homme à franchir les portes, (…) ils croyaient qu’il s’agissait d’une voie unique. Ils se sont ainsi trompés quant au dessein du législateur, se sont égarés et ont égaré les autres  » Averroès alias Ibn Rushd (philosophe Arabe du 12è siècle)

LE FONCTIONNEMENT DE LA FINANCE ISLAMIQUE CONTEMPORAINE

Vidéo replay de l’émission du 25 janvier 2013 . Marika recevait Beddy Ebnou, un spécialiste de la finace islamique, cliquer sur ce lien : http://edc.radio.free.fr/edc/radio/emission/emi_show.php?emi=isspi&date=2013-01-25&type=B

La finance islamique contemporaine est née dans les années 1970, suite à la première crise pétrolière. En 2005, le FMI récence 300 institutions financières islamiques dans plus de 75 pays. Elle représente quelques 500 Md$ en 2007. Son marché, s’élève à 1000 Md$ aujourd’hui. Le Financial Times, souligne que dans de nombreux pays musulmans, les institutions islamiques sont souvent les plus dynamiques et les plus innovantes[1].

Le système financier islamique est néanmoins plus ancien. Le premier pays à tenter une alternative viable aux banques conventionnelles, par la non pratique de l’intérêt (l’un des principes fondamentaux de la législation islamique), fut le Pakistan, en 1950. Ces essais furent prématurés car la notion de rémunération du capital était absente. Il faudra attendre 1979 pour que ce pays intègre le processus d’islamisation de l’économie graduellement, en trois ans. La grande réforme du système bancaire était : i) l’introduction de la Zakat et du Ushr[2], ii) l’élimination graduelle de l’intérêt en substituant un système de partage des profits et des pertes (PLS).

En 1960 et 1970, l’Iran , à son tour, a tenté l’expérience de la non pratique de l’intérêt. Ces organismes privés, informels n’ont pas pu se développer car la rémunération des prêts sans intérêts ne permettait pas leur développement. La révolution de 1979 y a attaché beaucoup d’importance mais la tentative s’est soldée par un échec à cause du gel des avoirs iraniens par les Etats Unis et de la guerre en Irak. Ce n’est qu’en mars 1983, qu’une loi parlementaire a été votée pour l’application de l’interdiction de la pratique de l’intérêt[3]

Après cette rapide chronologie de la finance islamique contemporaine, nous entrerons dans les conditions qui rendent valides toutes les transactions de cette finance, ce qui fera l’objet de notre premier chapitre; dans le chapitre II, nous parlerons du mécanisme de la Sharia’a board (Madjliss El I’Atimad) qui permet la conformité des instruments financiers avec la Shari’a et enfin, dans le dernier chapitre, nous nous attacherons à illustrer ces conditions par la présentation des différents instruments islamiques (Shari’a compliant) en les comparant parfois avec la finance dite capitaliste ou conventionnelle.

I        LES PRINCIPES DE LA FINANCE ISLAMIQUE

Ii) Les piliers de la finance islamique :

Tous les produits islamiques doivent être validés par un conseil de conformité à la Shari’a. Ils doivent respecter les cinq piliers suivants dans toutes les transactions :

1°        Interdiction de l’intérêt (riba) ;

2°        Partage des pertes et des profits entre les parties ;

3°        L’’incertitude (gharar) due à toute spéculation est proscrite ;

4°        Toute transaction doit être garantie par un actif identifiable et palpable

5°        Interdiction d’investir dans l’alcool, le porc, la pornographie, les casinos et de tout autre spéculation avec des produits ou services jugés intolérables par la Shari’a. C’est en référence au Hadith de Jabir qui rapporte que le Prophète a dit : « Dieu a interdit de vendre le vin, la bête morte, le porc et les idoles. Et la vente de la graisse animale demandaient les compagnons ? C’est interdit également répondit le Prophète. ».

Il est impératif, pour respecter les piliers n°3 et 4, que l’objet du contrat soit transférable à son deuxième propriétaire. En exemple, on ne pourra vendre  les poissons dans un lac d’un autre endroit. L’objet doit être palpable et identifiable. La règle qui fait la loi est une analogie par le texte (el hukm al qiyassi) par le Hadith suivant : “le Prophète a dit « ne vends pas et n’achète pas ce tu ne vois pas. N’achetez pas le poisson dans l’eau car sa quantité est indéterminée”. Cette analogie a été portée sur toute transaction qui se situe sur les mêmes caractéristiques. En conséquence pour qu’une transaction soit valide, elle doit être garantie par un actif identifiable et palpable. La finalité de cette interdiction porte sur la vente à risque (bay’ gharar) parce qu’elle peut léser celui qui en hérite. Dans le cas où cette vente a quand même lieu, un autre Hadith limite le risque : Abou hourayra a dit : « j’ai entendu le prophète dire celui qui achète un produit sans le voir, aura le choix de prendre ou de laisser, lorsqu’il le verra ». Les juristes ont toutefois reconnu par nécessité, la validité de certains produits non palpables (le gaz et  l’hydrocarbure).

La finalité juridique représente une validité permanente de la conformité des produits. C’est la Shari’a qui en a la charge pour décréter que telle ou telle transaction ne porte pas atteinte aux principes de la Shari’a.

Iii) Les objectifs de la Shari’a et la finalité juridique

La finance islamique est donc une réponse à la fois aux besoins économiques et à la religiosité. Pour être fidèle à ces exigences éthiques, la Shari’a est la « voie », l’accès à la lumière du Coran et de la Sunna. Les prescriptions légales auxquelles les musulmans doivent se soumettre sont aussi bien dans le domaine de la croyance (‘ibadat) que dans le domaine social (mu‘amalat). C’est sur ce dernier que la finance islamique repose. La finalité juridique de cette Shari’a est de repousser le mal et de favoriser le bien, comme le Coran et de la Sunna le préconise.

L’imam abu Hamid al-Ghazali[4] en décrit les contours : «La nature même de l’objectif de la Shari’a est de promouvoir le bien-être de la population, qui réside dans la sauvegarde de leur foi, leur vie, leur intelligence, leur prospérité et leur richesse. Quelle que soit la manière, il est souhaitable sur la base de ces cinq principes d’en assurer l’application afin de servir l’intérêt public ».

Et après lui, Ibn al-Qayyim[5] : « la base de la Shari’a est la sagesse et le bien-être des gens dans ce monde ainsi que dans l’au-delà. Ce bien-être complet se trouve être dans la justice, la miséricorde, le bien-être et la sagesse. Tout ce qui s’écarte de la justice par  l’oppression, de la miséricorde par la dureté, du bien-être par la misère et de la sagesse par la folie, n’a rien à voir avec la Shari’a ».

L’Islam interdit explicitement la pratique de l’intérêt ou Riba qui se justifie par des preuves scripturaires dans le Coran et la sunna comme en témoigne le verset 275 Sourate II : «Dieu a rendu licite la vente et a rendu illicite l’usure» et par ce hadith rapporté de Jabir : « le messager d‘Allah a maudit celui qui se nourrit d‘usure, celui qui produit, celui qui enregistre et celui qui sert de témoin. Il a dit qu‘ils sont tous pareils.[6] ».

Compte tenu de tout ce qui a été dit une question s’impose :

En l’absence du taux d’intérêt, comment fonctionne donc la rémunération du capital financier ?

Iiii) La monnaie :

a) Règle juridique :

La monnaie, n’est, du point de vue islamique, qu’un simple intermédiaire et instrument de mesure dans les échanges de produits. A ce niveau elle ne peut générer de la monnaie mais doit servir, dans les transactions financières, comme moyen d’échange tout en ayant une fonction de réserve de valeur. En revanche, elle ne peut produire de surplus que dans la mesure où elle est transformée préalablement en bien réel et non pas virtuel.

b) Fonction de la monnaie :

Sa fonction se réfère aux textes coraniques et aux écrits des juristes musulmans : la monnaie doit servir à :                                     a) un moyen d’échange, b) une unité de compte, c) une réserve de valeur[7]. La monnaie dans la conception juridique qui est légalement l’or et l’argent, s’est substituée depuis des siècles par de la monnaie de papier et scripturale. Cet état de chose a suscité chez les savants et penseurs musulmans contemporains[8] , de nouvelles interrogations et des divergences de points de vues. De ce fait la monnaie contemporaine dite « conventionnelle » a perdu sa fonction de réserve de valeur à cause du risque de dévaluation du papier-monnaie et cause l‘inflation qui touche surtout les pays sous développés. L’or et l’argent font donc l’objet de traitements particuliers chez les juristes musulmans du fait de leur stabilité relative en opposition aux multiple fluctuations de la monnaie-papier.

c) Vers une nouvelle monnaie islamique ?

Les juristes musulmans ont élaboré des concepts, avec des divergences néanmoins mais continuent d’explorer de nouvelles voies pour trouver une unité de « valeur islamique »  » plus stable » qui permettrait dans les transactions à terme et les prêts à taux « 0 » (Qard al-Hassan) de ne pas léser le créancier en cas d’inflation et prémunir ce dernier contre les fluctuations. Cette monnaie existe déjà dans le cas de la Banque Islamique de Développement. Son unité de valeur est le Dinar Islamique équivalant à un (01)D.S.T[9] du Fonds Monétaire International. Cette unité de valeur permet le principe de compensation et préserve de la dévaluation de la monnaie. Cette méthode a été reconnue par les juristes contemporains grâce au principe de compensation élaboré par deux hanafites : abu Youcef et Mohammed  b. al Hassan Chibani suite à l’introduction de « foulous » (monnaie en cuivre) du temps des ‘Abassides. Ce moyen d’échange perdit énormément de leur valeurs, alors que l’or et l’argent gardait une valeur stable. La solution proposée d’abu Youcef et de Mohammed b. al H. Chibani fut de lier les dettes contractés en foulous à leur équivalent en or, le jour de la transaction. Cela permit au débiteur de rembourser en or sa dette en foulous. Cette idée est défendu par Yousri qui recommande d’élargir cette pratique pour toute la finance islamique.

Il a donc été établi un cadre réglementaire pour le respect de ces principes.

II       LE MECANISME (CADRE DE CONFORMITE DE LA SHARI’A)

IIi-    Les conditions & règlementation :

Suivant les conditions énoncées précédemment, pour assurer le respect de la Shari’a, la plupart des pays ont adopté la réglementation des institutions islamiques. Cette réglementation se compose de quatre approches majeures :

1.         Les produits sont normalisés et définis par le gouvernement,

2.         Que ces produits soient approuvés par le conseil de la Shari’a (Shari’a board) de l’autorité de régulation ;

3.         Les produits doivent être basés sur les normes de la Shari’a internationale et adoptés par les autorités réglementaires ;

4.         Les produits doivent être approuvés par les conseils de surveillance de la Shari’a des institutions financières respectives.

Un cadre de conformité de la Shari’a est donc essentiel pour le succès de l’industrie des services financiers islamiques, il est nécessaire de maintenir la confiance des déposants et des autres parties prenantes dans les offres de la finance islamique. La réglementation des Institutions islamiques du Pakistan en est un bon exemple.

IIii     Cas de conformité du Pakistan

Le Pakistan possède un mécanisme financier conforme à la Shari’a. Celui-ci se compose de :

i) un conseil de la Shari’a à la Banque Centrale du Pakistan , ii) des conseils de surveillance au respect de la Shari’a dans toutes les banques qui offrent des services financiers islamiques iii) instructions et directives pour la conformité à la Shari’a, iv) inspection dans chaque banque pour sa conformité.

Quand les produits ont respecté ces principes, on peut alors avoir une finance « saine » et des produits financiers diversifiés attractives dont les différents contrats seront présentés dans ce dernier chapitre.

III      LES DIFFERENTS INSTRUMENTS FINANCIERS ISLAMIQUES (Shari’a compliant)

Une fois les produits passés au scripte  par le conseil de surveillance de la Shari’a, ils seront lancés sur le marché. Nous savons que l’intérêt est proscrit mais que les transactions avec bénéfices sont  licites, que la monnaie ne peut générer de la monnaie. Alors comment créer une marge bancaire conforme à la Shari’a ?

Sukuk : c’est un produit obligataire qui est à la finance islamique ce que les Asset Backed Securities (ABS) sont à la finance conventionnelle. Il a une échéance fixée d’avance et est adossé à un actif permettant de rémunérer le placement en contournant le principe de l’intérêt. Les Sukuk sont structurés de telle sorte que leurs détenteurs courent un risque de crédit et reçoivent une part de profit et non un intérêt fixe, commun à l’avance comme dans un ABS. Les produits dérivés des Sukuk peuvent être représentés par des contrats tels l’Ijara, la Musharaka ou la Mudharaba. On peut d’ors et déjà remarquer que le volume de Sukuk émis et noté ainsi que le nombre de banques islamiques ont augmenté rapidement depuis ces deux dernières années.

IIIi)   Les financements à long terme

Mudharaba : c’est un contrat entre une institution financière et une entreprise. La première agissant comme bailleur de fonds « commanditaire ou rab al mal» et la seconde comme manager « commandité ou Mudharib», pour investir dans une activité ou une classe d’actif prédéterminée qui profite selon un pourcentage déterminé à l’avance entre les deux parties du contrat au moment de l’investissement. Le Mudharib ne supporte pas les pertes. Dans ce type de contrat la perte financière incombe au pourvoyeur de fond. Le Mudharib ne perd que le fruit de son travail et le temps qu’il a passé à investir dans l’entreprise. Il ne touche aucun salaire car il est considéré comme un véritable partenaire, sa rémunération étant le partage de profits générés par sa recherche d’investissement.

Musharaka ou partenaire actif : Dans ce contrat il existe deux ou plusieurs parties qui participent au financement d’un projet d’investissement. Il consiste en le partage des profits mais aussi des pertes. Solidairement les contractants acceptent le risque du partage des pertes dues aux aléas incertains de l’avenir (gharar). Il existe d’autres sous contrat à ces  Musharaka :

a) La Musharaka continue : Les parties en tant que partenaires entre une institution financière et une ou plusieurs entreprises, dès le début, acceptent de mener ensembles le projet jusqu’au terme du contrat. L’entreprise supporte, s’il y a perte, une part proportionnelle du capital investi. Le pourvoyeur (la banque) est tout aussi responsable, il est directement impliqué dans sa gestion du projet.

b) La Musharaka dégressive : Ce contrat évite que la banque reste indéfiniment partenaire avec tous les clients car son rôle d’intermédiaire financier conssent à vendre sa part après une période donnée. La banque promeut ainsi l’investissement des entrepreneurs et leur vient en aide. L’investisseur acquière la part au moment où le projet génère un cash-flow suffisant et la banque récupérera ses fonds pour financer d’autres projets, en minimisant son « business risk ». Le client récupérera un maximum de profit qui pourra être ainsi coté sur le marché financier. Même si l’institution financière se retire au moment de la maturité du projet, le système financier islamique lui permet de compenser le manque à gagner de la Musharaka dégressive et de financer ses propres projets dans lesquels elle profitera de la totalité des gains. C’est « l’investissement direct », si les moyens lui permettent, elle n’aura besoin d’aucun intermédiaire. C’est le cas des banques dans le Golfe qui investissent dans le secteur de l’immobilier. Le « Kuwait Finance House », s’est doté de moyens humains et matériels considérables, pour investir dans le plus grand centre commercial, en plein centre de la Capitale koweitienne.

Dans le cas ou le partage du profit  ne peut se faire comme pour les crédits à la consommation ou le financement du fond de roulement, les banques proposent d’autres services de financement comme  l’Ijara, la Murabaha, le Baï as-Salam, le Baï’ al Tadjil, le Qard al Hassan etc.

IIIii)  Les Financements à moyen terme

L’Ijara : C’est un contrat d’achat par lequel une institution financière achète un équipement ou une propriété et le loue en crédit-bail à une entreprise. On peut le traduire par financement de location. La durée de cette location peut variée suivant la nature de l’objet et selon le besoin du client. La banque peut reprendre son bien et le mettre à la disposition d’un autre client. C’est une alternative aux  prêts avec intérêt que les banques (aux méthodes capitalistes) traditionnelles mettent à disposition de leurs clients en prêt d’argent. En effet dans l’Ijara, on entre dans la catégorie du leasing conventionnel ou le crédit-bail.

L’institution financière n’avance pas d’argent, elle prête l’équipement au besoin du client qui paie régulièrement un loyer jusqu’au terme du contrat. Pour illustrer le cas de l’Ijara, on peut citer l’exemple d’un logement que la banque a construit pour en devenir propriétaire. Elle le mettra à disposition de son client.  L’Ijara peut prendre la forme d’Ijara-Wa-Iktina ce qui  veut dire crédit-bail avec promesse d’achat (par le client) à la fin du contrat. Dans l’exemple du logement, la banque n’a pas vocation d’être propriétaire indéfiniment mais a plutôt le rôle d’intermédiaire financier. Pour cette raison, elle utilisera cette autre forme de contrat que l’on peut rapprocher au crédit-bail ou encore au « hire purchase » pratiquée aux Etats-Unis. A la différence, la banque n’est pas autorisée à facturer des intérêts si le client manque à ses engagements de paiements. Mais le client paiera une somme supérieure à la somme allouée pour la location de lIjara simple. Au loyer s’ajoute l’annuité comprenant le prix payé par le client du bien loué dont il deviendra propriétaire. La troisième variante de l’Ijara est l’Ijara avec Musharaka décroissante. Ce contrat peut être utilisé pour l’achat d’immobilier. La part de l’institution financière dans le bien loué diminue avec les paiements de capital que le client effectue en sus du paiement des loyers. L’objectif étant, à terme, le transfert de propriété du bien vers le client.

Murabaha ou financement commerciale avec marge bénéficiaire : Plus particulièrement utilisé dans les opérations de commerce intérieur et extérieur. La banque achète les matières premières, des produits, marchandises ou équipements divers et les revend avec une marge bénéficiaire. Le paiement peut se faire au comptant mais le plus souvent il est à terme. Le client devient propriétaire de la marchandise seulement au moment où il a honoré toutes ses échéances. Le risque pour la banque est minimisé du fait que sa  marge bénéficiaire est fixée d’avance et avec l’accord du client. Au contraire de l’intérêt bancaire qui varie en fonction du montant et du retard, dans le contrat Murabaha, la banque ne pourra pas majorer sa marge, en cas de  non paiement du client, dans les délais prévus.

Le bien fondé de la banque islamique « n’écrase » pas le client en cas de difficulté car elle doit respecter le verset suivant « A qui est dans la gêne, sursis jusqu’à l’aisance »[10]. Pour les abus de non solvabilité du client, les banques peuvent leur refuser un nouveau financement et les enregistrer dans un système de communication intra-bancaire comme cela se fait déjà dans les banques des pays développés. Ainsi, le « mauvais client » se verra refuser un financement dans d’autres banques.

IIIiii) Les Financements à court terme

Baï bi-Tadjil ou vente à règlement différé : c’est un prêt à la consommation, ce contrat à la différence de celui de la Murabaha n’a pas de partage de résultats et ne peut se conclure qu’avec des particuliers. Le client demande à la banque d’acheter un bien déterminé qu’il s’engage à acheter à une échéance donnée.

Baï as-Salam : ou achat avec livraison différée : cas du client qui souhaite acquérir un bien qui n’existe pas dans le marché locale. Il donne l’argent à l’avance à la banque qui se chargera de lui acheter ; ce bien est échangeable en devise pour le remettre à son client (car la monnaie locale reste non convertible). La banque dans ce cas n’opère pas de financement mais octroie un service.

La vente à terme ou Salam est donc toute vente d’un produit  fixant une livraison en différée mais payé d’avance. Normalement, selon la règle juridique, cette  transaction est interdite parce que le produit rentre dans la catégorie du gharar (vente à risque) car le produit est non palpable en non identifiable au moment du contrat (cf chap. Ii). Mais cette vente a été acceptée par l’Istihsan que l’on traduit par préférence juridique[11]. En effet les juristes se réfèrent à la sunna prophétique qui l’a rendue licite car la pratique était répandue à Médine : « Celui qui pratique le Salam qu’il le fasse en fixant le poids, la mesure et l’échéance.»[12] en préférence à une autre tradition rapporté par le prophète Muhammed (sws) : «Ne vends pas ce que tu ne possèdes pas »[13]

Il existe dans la finance islamique le prêt à « taux 0 » qu’on appelle Al Qard al-Hassan : L’Islam permet le prêt d’argent à condition de ne recevoir aucun intérêt. C’est pour des raisons morales que le prêteur recourra à ce type de contrat. La récompense est d’ordre religieux. En effet, un Hadith du prophète indique que le prêt sans intérêt est rémunéré, dans l’au-delà, du même montant voire au-delà. L’Islam prévoit néanmoins que le prêteur exige un écrit et des garanties au débiteur.

L‘Istisna‘: c’est un contrat de fabrication d’un produit entre deux personnes. La commande est payée d’avance en totalité ou partiellement.. La règle générale l’interdit parce qu’elle rentre dans la catégorie non identifiable. Mais cette pratique transactionnelle des gens à travers les siècles est tellement répandue que les juristes ont jugé bon de la valider par préférence consensuelle (istihsan).

Pour résumer, lorsque la marge bancaire est générée par un produits ou un services (vente, location, participation ou fabrication), elle devient dès lors licite. Nous avons vu que les tentatives de certains pays musulmans pour instaurer la finance islamique s’est soldée par un échec pour cause de non rémunération du capital. Pour répondre à cette carence il a fallu transformer un système bancaire fondé sur le principe des intérêts en un système fondé sur le partage des profits et des pertes (PLS). Ce principe est à la base même de l’instauration du système financier islamique. C’est la voie pour un système équitable aussi bien pour le déposant que pour l’emprunteurs. Il est à noté que l’innovation de la finance islamiques et le succès de ce système, en conformité avec la Shari’a,  ne sont pas dus uniquement à la crise pétrolière des années 70 ni à l’après 11 septembre 2001, (quand les capitaux du Moyen Orient ont été rapatriés vers leur pays d’origine). C’est grâce aux leçons tirées de l’histoire de la finance islamique, par l’expérience des pays comme le Pakistan, l’Iran mais particulièrement grâce à des pays comme la Malaisie et le Bahrein. Leur rôle ont été reconnus comme  les chefs de file du secteur de la finance islamique contemporaine.  Enfin la finance islamique doit encore son succès grâce à l’institutionnalisation des principes islamiques, dans les transactions financières et commerciales entre les individus par un certain nombre de principes conforme à la législation islamique.

Malgré le dynamisme des banques islamiques, l’état actuel de la pensée économique islamique reste encore faible pour soutenir toutes les implications théoriques que comprennent les mises en pratique des principes de la Shari’a. En effet les banques islamiques « souffrent d’une sous-utilisation des fonds collectés. Le choix d’une stratégie d’investissement s’impose ». Les banquiers doivent acquérir les compétences nécessaires pour investir les fonds collectés. En effet les banquiers sont frileux d’accorder les besoins de financement à long terme aux entreprises. Ils favorisent alors les opérations les moins risquées donc à cours terme qui ne favorisent pas la formation d’un capital national indispensable au développement économique. Les recours aux modes de financement de la Musharaka et de la Mudharaba sont encore trop insuffisants et freinent cette croissance économique. Le risque étant le discrédit de son système bancaire et menace jusqu’à  l’existence par la « désintermédiation » de tout le circuit bancaire et financier.[14]

L’idée d’une monnaie islamique comme unité de valeur est tout aussi importante dans le développement de ce système financier. Toutes les voies sont étudiées pour permettre les remboursement du prêt Qard al-Hassan et des ventes à terme sont encore trop peu utilisés. Cette unité de valeur islamique serait en accord avec la Shari’a pour ne pas léser celui qui l’utilise parce qu’il y a un risque de fluctuations de la monnaie et de sa dévaluation.

Si l’on se réfère à Mohamed Boudjellal[15], il est capital qu’un effort considérable de théorisation soit fait pour le développement d’institutions financières. Il est possible que la crise actuelle et ses milliards d’euros injectés dans des grosses structures bancaires et industrielles pour tenter de sauver le cœur même de l’édifice financier à une mort lente et douloureuse, convaincra les économistes mondiaux à participer à cette théorisation. Penser une autre forme plus éthique de la finance à cause de cette « éventuelle » faillite de l’économie conventionnelle ? La crise économique mondiale, n’est-elle pas un signal fort pour repenser tout le système global ?

La finance islamique pourrait encore avoir de beaux jours devant elle si le défi est relevé. Là ou la politique musulmane a échouée, la finance, elle, la survit et perdure par la renaissance musulmane (nahda). En effet si l’on en croit les statistiques du nombre de Musulmans dans le monde qui compte entre 1,2 à 1,7 milliards, avec près de 25% de la population mondiale et 10 % du PIB mondiale, on comprendra la nécessité pour les banques conventionnelles et pour les gouvernements de prendre part à cette source de liquidité : c’est un marché potentiel de  $4 Mds selon S&P dans le monde. En France, on compte 4 à 6 millions de musulmans.

Bibliographies :

Strategic plan for Islamic Banking Industry of Pakistan. State Bank of Pakistan. Site officiel de la Banque Central du Pakistan

Mohammed Boujemla : Le Système Bancaire Islamique, Aspects théoriques et pratiques. Ed. IIIT France.

Prospects of Islamic Finance in Pakistan (3rd Annual Asian : ISLAMIQUE BANKING & FINANCE organized by IIFM (International, Islamic Financial Market).

Thèse finale des M. Sc. In Business administration, June 2008, Auteurs : Muhammad Tahir et Muhammad Umar : Marketing Strategy for Islamic Banking Sector in Pakistan.

Site de l’AMS : www.ams-France.org

Dr Tahar Mahdi, Methodologie de la pensée juridique en islam, Règle normatives de droit musulman. Ed. Dar Al Kalemah.


[1] Le Monde diplomatique sept 2001

[2] Ushr : taxe agricole prévue dans la Shari’a qui diffère par les taux de ceux de la zakat

[3] Article 49 de la constitution iranienne de 1979 qui fut retardée à cause du gel des avoirs iraniens et de la guerre en Irak . On l’appliquera en 1983.

[4] ou Algazel, d’origine persane; né en 1058, mort en 1111. Juriste, exégète du Coran et des Hadith et philosophe.

[5] Ibn al Qayyim al Jawziya (1292-1350), théologien arabe, hanbalite, son maître était ibn Taymiyyah.

[6] Hadith Sahih de Muslim

[7] Coran : III : 75 et XII, 20. Monnaies d’échange au temps du prophète,  le dinar ou le dirhram , la première signifiant  l’or, la seconde l’argent. Ces deux métaux précieux ne perdaient pas de leur valeur car relativement stables. Les mines d’or étaient rares.

[8] p.3 du livre Le système bancaire islamique : Aspects théoriques et pratiques de l’auteur Mohammed Boujemla , dissertation, académiques. Editeur III France USA, 1998.

[9] Les Droits de tirage spéciaux (DTS, SDR en anglais pour Special Drawing Rights), sont un instrument monétaire international, créé par Fond Monétaire International pour compléter les réserves officielles existantes des pays membres.

[10] Coran, sorate II, verset 280.

[11] L’Istihsan fait partie des sources secondaire du droit musulman, il y a des divergences entre les savants comme sources normatives.

[12] Bukhâry, salam, 2086 ; Muslim, musâqât, 3010

[13] Parole du Prophète adressé à Hakîm b. Hizâm, (Tirmidy, buyû‘, 1153 ; Nasâ’y, buyû‘, 4532).

[14]Le Système bancaire Islamique, Mohammed Boudjellal p157 et 158.

[15] Auteur de « le Système Bancaire Islamique », dissertation académique (1), éd. IIIT France.