Rencontre spirituelle inter/intra et extra-religieuse à Mogador

Dans le cadre de la célébration du Mawlid Annabawi, l’Association Essaouira Mogador organise une « Rencontre spirituelle inter/intra et extra-religieuse à Mogador » autour de la naissance du Prophète Mohamed (sws). Nous avons choisi de consacrer l’évènement à l’originalité du Message Divin, axé sur la poésie, le chant spirituel et les sciences islamiques. Cette rencontre est animée au sein de la collectivité souirie, afin de rappeler et mettre en avant l’attachement à ses valeurs. Par sa stature spirituelle, Essaouira exalte les consciences par la tolérance de ses différentes communautés aux convictions religieuses diverses. Son rayonnement esthétique et festif unifie la cité, les prolonge dans le vivre ensemble.

Pour enrichir l’animation de cette rencontre, nous avons invité le Pr. Eric Geoffroy, spécialiste du soufisme et de la sainteté en Islam. L’accompagneront, dans ses interventions, des représentants du ministère des Affaires Islamiques et des Habous, ainsi que le Président du Conseil local des Oulama. Participeront également, au dialogue de cette rencontre, lycéens, chercheurs, associatifs, écrivains et artistes chanteurs de Samaa d’Essaouira. Leur présence permettra d’animer la célébration du Mawlid Annabawi.

En déployant spiritualité, sciences islamiques, esthétique et culture, nous encourageons la pluralité des pensées, favorisons la tolérance et contribuons à endiguer l’intégrisme religieux de toute obédience, qui remettrait en cause toutes nos valeurs humaines et millénaires. C’est pourquoi, la commémoration du Mawlid doit sensibiliser les jeunes et les adultes aux savoirs universels. Ce sera l’occasion d’exprimer et de défendre ce Message divin pour faire ressortir sa spiritualité qui doit demeurer au cœur de l’islam.

Ces rencontres seront un grand moment de fraternité et une belle occasion d’en extraire les enseignements qui s’imposent. Particulièrement aujourd’hui, dans ce monde en mutation, les différences doivent être respectées plus que jamais. L’épanouissement de l’Être, son droit à l’expression, sa dignité, sa paix et le bonheur pour tous doivent être garantis.

« Rencontre spirituelle inter/intra et extra-religieuse à Mogador »

Dans le cadre de la célébration du Mawlid Annabawi, l’Association Essaouira Mogador organise une « Rencontre spirituelle inter/intra et extra-religieuse à Mogador » autour de la naissance du Prophète Mohamed . Nous avons choisi de consacrer l’évènement à l’originalité du Message divin, axé sur la poésie, le chant spirituel et les sciences islamiques.

PROGRAMME ET PARTICIPANTS AFinal Triptico Int_001

JUSTMANLEVI OÙ MUSIQUE RIME AVEC LES TRADITIONS 

Adil ABDI n’a rien d’un chanteur ordinaire, il est plus qu’un cela. Nourri d’influences africaine, caribéenne, reggae, gnaouie, flamenco, andalouse et même blues rock, son style est original, il invente, créé et marque le tempo. Ses oeuvres s’articulent autour d’un triptyque : multiculture, melting-pot musical et traditions. Toutes ces musiques, ajoutées à sa voix, émergent de l’improvisation du moment, qu’il partage avec un public composé tantôt d’amis, tantôt de fans et d’inconnus. Il y a quelque chose d’unique chez ce musicien, auteur compositeur et interprète, l’inspiration du moment le conduit à faire jaillir une composition étonnante, grâce à sa très riche palette sonore. 

Issu d’un père passionné de Reggae, de Blues, de Country Music et de Rock, et d’une mère aimante, sa vie, son esprit et son être le prédestinaient à un tout autre destin que celui de ses frères et sœurs. Grâce aux nombreux vinyles de son père et dès son plus jeune âge, Adil débute dans le monde merveilleux et enchanteur de la musique. Le voilà à écouter le répertoire de son père tout en mémorisant par cœur les chansons. Il apprend, dans le même temps, les langues étrangères. Bien que la musique pour Adil soit un état vibratoire dans le cœur, née en même temps que lui, nous dit-il, il y a tout du moins un moment clé qui l’a marqué à jamais.  

Durant une cérémonie sacrée d’une Lila tagnaouite, le jeune garçon de 14 ans a senti pour la première fois qu’il rentrait en transe. Par l’intensité mystique de ces séances solennelles, à la frontière entre le monde des hommes et celui des esprits, cette confrérie à la fois culturelle et cultuelle, marginalisée et pourtant populaire, l’a marqué à jamais. Par des souvenirs toujours vivaces, Justmanlevi voulait devenir celui qui met autrui en transe afin de posséder ce pouvoir singulier de transmettre au public l’énergie émanant de cette même émotion vécue. 

Il décide de quitter l’école à 18 ans. Avec sa première guitare classique qui lui a coûté la modique somme de 10 dollars et des notions d’accords classiques et de flamenco, un bon répertoire américain des années 70 et un style de musique marocain, le voilà parti dans une expérience initiatique de deux ans. A travers des voyages, dans tout le Royaume : du Nord au Sud, ses lunettes de soleil, sa guitare classique et ses dreadlocks, il était très heureux de sa nouvelle vie remplie de joie, d’amour, de soleil, de concerts et de mer. 

A 20 ans, il met en œuvre un projet artistique pour les jeunes, sur la côte atlantique à Mohammedia, et met à profit sa proximité avec Rabat pour s’inscrire au Conservatoire. Adil sanctionne ses connaissances musicales en se formant au Solfège, à la Balance, au Luth, aux techniques vocales et visuelles et à la musique andalouse. Ascolaire, il refusait de se conformer aux règles de son professeur de guitare parce qu’il ne comprenait pas les limites imposées lors de ses cours de musique. C’est dans ce concept que la musique et le chant sont apparus pour lui comme une volonté de libération personnelle sans limite. 

A 23 ans, le chanteur veut devenir un maître Gnaoui, il s’achète un Gambri, mais cette nouvelle vocation fut de courte durée, son instrument à corde est volé. Pour Adil, cet incident était le signe qu’il ne sera jamais un Maalem gnaoui. Cherchant sa voie, il explore et s’influence de musiques diverses. Il a aimé vivre comme un saltimbanque, donner des concerts ici et là, rencontrer tant de personnes, de tant de pays, de cultures, de modes de vie, et de langues différentes. C’est après 4 années de “vagabondage”, qu’Adil a ressenti un état spirituel puissant, qui le pousse à s’éloigner du monde, de ses origines et de son pays. Il quitte alors le Royaume, de frontières en frontières, entre deux pays, il erre dans le désert, solitaire durant une paire d’années. L’expérience à l’étranger l’a forgé et lui a permis de retrouver son chemin. Le musicien n’a rien programmé de sa vie, tout s’est fait en fonction de son intuition. Parfois, dit-il : “nous trouvons notre véritable direction, lorsque nous nous laissons porter par le vent.”. Ainsi, le vent l’a conduit à Essaouira, dans la cité des alizés, tantôt venteuse en été, à l’inverse des autres villes du Royaume, où la chaleur est extrême, avec ses vagues d’une force incantatoire et sa lumière éblouissante, ensoleillée toute l’année, Justmanlevi s’y sent bien. Sa population multiculturelle et multi-confessionnelle apporte une fusion énergétique, grâce au melting-pot d’artistes, qui font succès aux compositions musicales qu’il produit, dans son studio international Hugo. Il a eu le privilège de rencontrer des artistes renommés, comme Trevy Félix, avec qui il a performé le Roots Reggae, à Essaouira. La rencontre avec Oum a été intense également. 

Ainsi, à travers sa musique, il a su transcender les frontières culturelles et créer un héritage musical riche et varié. Mêlant les styles Gnaoua, Rap, Trance, Pop, Rock, Reggae, Espagnol et Africain, les œuvres de Justmanlevi témoignent de sa capacité à unifier les gens à travers la musique.