DERRIERE L’AFFAIRE WOERTH/BETTENCOURT : LE SECRET BIEN GARDE

(Créé le 10 septembre 2010 : refus de publication dans les journaux à cause de la censure)

Liliane Bettencourt est la fille d’Eugène Schueller, elle est aussi la femme d’André Bettencourt (ce dernier associé avec le père dans la firme l’Oréal). Eugène Schueller et André Bettencourt, tous deux étaient  nazis. Retour sur un passé sombre échappant à la condamnation pour crime contre l’humanité grâce à la fortune que génère l’Oréal.

Tout commence quand le fondateur du groupe L’Oréal, le père de Liliane Bettencourt, met à la disposition de son ami Eugène Deloncle une grosse partie de sa fortune pour financer la création d’un groupe d’extrême droite et farouchement anti-juifs : le Comité secret d’action révolutionnaire (CSAR), allias la Cagoule. En 1941, Eugène Schueller collabore avec les autorités allemandes, l’ambassadeur du Reich, Otto Abetz et du chef de la Gestapo, Reinhardt Heydrich. Cette année là, E.S. met en place le Mouvement social révolutionnaire (MSR). Au siège de l’Oréal sis 14, rue royal à Paris, se tient les réunions du MSR. Leur propagande révolutionnaires s’établit ainsi : «Nous voulons construire la nouvelle Europe en coopération avec l’Allemagne national-socialiste et tous les autres nations européennes libérés comme elles du capitalisme libéral, du judaïsme, du bolchévisme et de la franc-maçonnerie (…) régénérer racialement la France et les Français (…) donner aux juifs qui seront conservés en France un statut sévère les empêchant de polluer notre race (…) créer une économie socialiste (…) qui assure une juste distribution des produits en faisant augmenter les salaires en même temps que la production».

Après la guerre E.S. est sauvé in-extrémis d’une condamnation pour collaboration (avec les nazis) par les témoignages de quelques juifs qu’il a aidés pendant l’occupation, l’aide de Pierre de Bénouville, d’André Bettencourt, d’un député ( Max Brusset), du maire de St Maxime et de quelques membres de la résistance. On le décorera de la croix de guerre et de la légion d’honneur !

Quant au Mari de Liliane, André Bettencourt, il fréquente avec son ami François Mittérrand, la Cagoule et dirige entre 1940 et 1942 l’hebdomadaire collaborationniste « La Terre française », dans laquelle il rédige les chroniques « Ohé ! Les Jeunes ! ». André Bettencourt devient le patron français de la Propaganda Staffel.  Il travaille sous tutelle de Joseph Goebbels, ministre de la propagande et de deux autres nazis (de la Wehrmacht et de la Gestapo). Dans son éditorial il prêchait l’union du Christianisme et du Nazisme et appelait au châtiment des juifs et des francs-maçons. En exemple de ses publications, le 12 avril 1941, André Bettencourt écrit : « Les juifs, les pharisiens hypocrites n’espèrent plus. Pour eux l’affaire est terminée. Ils n’ont pas la foi. Ils ne portent pas en eux la possibilité d’un redressement. Pour l’éternité leur race est souillée par le sang du juste. »

Le 15 février 1941, toujours sous l’égide de la SS, le MSR de Deloncle fusionne avec le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat. Eugène Schueller, devient la grande référence en économie.  Son œuvre, « La Révolution de l’économie » est classé comme la référence du fascisme français.  Quelque mois plus tard E.S. s’exprime au congrès de l’organisation au Palais de la Mutualité. Il prêche « une révolution préliminaire à la fois d’épuration et de redressement » qui ne peut  » être que sanglante. Elle consistera tout simplement à fusiller vite cinquante ou cent grands personnages « . Dans la même année son ami,  et mari de Liliale Bettencourt, à son tour, écrit dans l’éditorial de Noël:  » Un jour, trente ans plus tard, les juifs s’imagineront pourtant gagner la partie. Ils avaient réussi à mettre la main sur Jésus et l’avaient crucifié ». En se frottant les mains, ils s’étaient écriés :  » que son sang retombe sur nous et nos enfants « . « Vous savez d’ailleurs de quelle manière il est retombé et retombe encore. Il faut que s’accomplissent les prescriptions du livre éternel. »

Quelques jours plus tard  « la solution finale » fut adoptée par la Conférence de Wansee. C’est ainsi que des millions d’êtres humains vont être exterminés dans le secret le plus total.

La riche et fille unique d’André et de Liliane Bettencourt, peut être en réaction contre ses parents, épouse le petit fils d’un rabbin, Jean-Pierre Meyers. Tous deux élèvent leurs deux enfants dans la religion juive.

Derrière toutes ces affaires, n’y aurait-il pas la volonté :

1) de couler Liliane et ainsi que la gestion de sa fortune aille entre les mains de sa fille qui demande sa mise en tutelle ? Sachant que son avocat n’est autre que Maître Metzer et qui est aussi l’avocat de Dominique de Villepin. Villepin aurait probablement accès à la comptabilité obscure de l’Oréal et pourrait mettre hors de la politique Sarkozy « parce qu’il le vaut bien ».

2) L’examen psychologique demandé par la fille pourrait s’avérer en défaveur de la mère. La gestion du patrimoine toujours sous la main mise de Françoise Bettencourt laisse-elle présager qu’elle renforcera le lobby israélien ? Depuis la démission poussée d’André Bettencourt du conseil d’administration de l’Oréal à cause de son passé nazi, donne son siège au mari de celle-ci.

En effet l’ouverture de l’Oréal en Israël datent du milieu des années 90, la firme fabriquait une ligne de produits utilisant des minéraux de la Mer Morte, baptisée « Natural Sea Beauty », qui est exportée vers 22 pays. Un tiers des rives occidentales de la Mer Morte se situe en Cisjordanie occupée par Israël. Alors que l’ensemble des rivages et des ressources de la Mer Morte sont interdits aux Palestiniens par l’occupation militaire israélienne. Cette ouverture corrobore avec la démission d’André Bettencourt du conseil d’administration de l’Oréal en 1994 et donna son siège à son beau-fils juif, Jean-Pierre Meyers (celui-ci  avait perdu ses deux parents à Auschwitz). C’est à la suite d’un déferlement de révélations de plusieurs affaires identiques à celles que nous vivons actuellement avec l’affaire Bettencourt, mais celles-ci révèlent le passé des deux protagonistes de la firme. Révélations lancés par l’industriel, Jean Frydman, citoyen israélien dont Marianne en fait un portrait louangeur : « A la lumière de ce sentiment [Frydman résistant] s’éclaire son amour de la France humaniste, comme sa défiance non moins vive à l’endroit de l’«autre France», cette France vichyste et xénophobe qu’il a combattue dans l’affaire L’Oréal. Puis, Frydman a mis son expérience au service des responsables politiques israéliens qui rêvent d’une paix de compromis. Dans de très belles pages, Barnavi rend hommage à la sollicitude et à la patience de celui qui aida et conseilla, tour à tour, Yitzhak Rabin et Ehoud Barak ».

En réalité, ce que Marianne2 ne dit pas c’est que Jean Frydman était à la tête de Paravision, une firme audiovisuel de la holding de l’Oréal. C’est parce que l’Oréal est menacé de boycotte par la ligue arabe à cause des agissements de collaborations sioniste, que son dirigeant Dalle convoque Frydman au conseil d’administration pour rendre des comptes. Citoyen israélien, Frydman est accusé d’avoir utilisé Paravision pour détourner les bénéfices personnels, grâce à des achats et reventes fictifs de films, via des sociétés écrans domiciliées à l’étranger et notamment, aux Pays-bas. La multinational l’accuse d’avoir escroqué plus d’un milliard de francs dans l’opération. C’est pour contre attaquer que Frydman s’est évertué à résister contre l’ « autre France », cette France vichyste et xénophobe qu’il a combattue dans l’affaire L’Oréal ». La guerre entre l’Oréal et Frydman a duré plus de 6 années. Les plaintes déposées pour escroquerie, faux et abus de biens sociaux n’en finissent pas. Mais Frydman joue sa dernière carte et utilise la discrimination raciale, en révélant en dernier lieu le fait que le sénateur André Bettencourt avait écrit plusieurs articles pour un organe de propagande nazie durant la guerre.

L’affaire l’Oréal après de multiples rebondissement médiatiques change de génération, Dalle et André Bettencourt laisse place à Jean-Pierre Meyers et Lindsay Owen-Jones. Ironie du sort, la première fortune de France transmute comme un effet de balancier du côté des victimes juives (comme le symbolique Hôtel Lutetia, racheté par un groupe israélien). Françoise Bettencourt serait donc actionnaire principale avec son mari, eux deux plus enclins que les prédécesseurs à servir ceux que sa famille haïssait. On ne s’étonnera donc pas qu’en 1997, l’Union des congrégations juives orthodoxes d’Amérique décerna à l’Oréal son prix du leadership international.

En juillet 2008, l’Oréal récompensa d’un prix de 100 000 dollars, pour « l’ensemble de sa carrière», un scientifique de l’Israël Weizmann Institute of Science. L’Institut Weizmann, depuis sa fondation, a été un centre majeur de recherches secrètes, de développement du nucléaire, des armes chimiques et biologiques, au service de l’armée israélienne avec laquelle elle entretint des liens très étroits. Il s’agit donc de l’une, parmi beaucoup d’autres, de ces institutions académiques en Israël qui sont complices des violations de la loi internationale et des droits humains des Palestiniens  qui était visées par l’appel au boycott académique du PACBI (Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israël).

LES DESSOUS DE L’INVASION SAOUDIENNE AU BAHREÏN

l’Arabie Saoudite est pris en étau par sa plus grande menace, le soulèvement des chiites. Coincé depuis toujours par une majorité de Chiites à l’Est par le Bahrein. Mais il faut compter aussi avec le sultanat d’OMAN au Sud-est dont la majorité est Kharajite (une faction dissidente du chiisme), mais aussi l’Irak, au Nord-est et bien sûr le Yemen, avec 45 % de sa population qui est Chiite. Les révolutionnaires yéménites gagnent d’ailleurs des régions…

Il faut bien le savoir, la raison des forces saoudiennes pour prêter main forte au royaume du Bahreïn vient d’un traité ratifié par Le Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCG). Composé de 6 pays du Golfe : l’Arabie Saoudite, l’impulseur de cette organisation, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats Arabes Unis et le Quatar, le CCG a pour but d’assurer la stabilité économique et politique de la région.

Créée lors de la guerre Iran-Irak, SOUS LA PRESSION DES USA, l’organisation a pour objectif de contrer l’expansionnisme iranien (chiisme) et le baathisme irakien :

« Un accord de sécurité intérieure est signé en 1982 entre les États membres suite à une tentative de putsch à Bahreïn en décembre 1981 et au niveau militaire, les forces armées des pays du Conseil de coopération du Golfe organisent depuis 1983 des manœuvres communes baptisées « Bouclier de la Péninsule ». Aux sommets de Koweït (1984) et de Mascate (1985), il est décidé que les unités participant à ces manœuvres forment une « force de déploiement conjointe » dont le quartier général se trouve au nord-est de l’Arabie Saoudite. Son commandant est un général saoudien. Enfin, les ministres de la défense du CCG réactivent le projet de l’Organisation des industries arabes (OIA) dans lequel Égypte était impliquée et construisent plusieurs usines d’armement fabriquant munitions et armes légères ainsi que des blindés légers sous licence brésilienne. »

LES REVOLUTIONS ARABES(*) TENTATIVE D’AVORTEMENT PAR L’INGERENCE OCCIDENTALE ?

Les Arabes de toutes obédiences religieuses et politiques ont de grosses divergences [et elles sont nombreuses ! Entre Musulmans concernant la théologique islamique, mais aussi entre Arabes Chrétiens, Juifs, Sabbeens, Zoroastriens, Athées, etc.] ont-ils encore besoin d’un leader qui leur permettra de les fédérer tous ?

Par évidence, les Arabes sont une grande nation qui va au-là de l’état nation car elle englobe aussi tous les musulmans non arabes(**). Le concept d’État nation qu’ils adopteront après la chute de l’Empire Ottoman (dernier bastion des grands empires du vieux monde, considéré à juste titre comme le successeur de l’Empire Romain, byzantin et arabe) leur paraît de plus en plus aujourd’hui comme un accident historique.

C’est notamment, au regard de l’échelle historique, une nation viable dans le temps car celle- ci peut se soulever et rebriller à nouveau comme renaissant de ses cendres. Les révolutions arabes que nous regardons avec fascination en témoignent.

De plus c’est une langue unique pour l’ensemble des musulmans, qui pèse de son poids considérable dans le classement des langues les plus parlées dans le monde aujourd’hui. Sans oublier la fierté que l’arabe procure à ceux qui la parlent : elle fut « langue de la science » pour l’Orient et l’Asie mais aussi pour l’Occident. Les Occidentaux, avant la renaissance, reconnurent la langue arabe comme langue de la science, ce qui les a propulsés au rang des lumières de la raison.

Enfin la langue arabe, en plus d’avoir été la langue de la philosophie, sa polysémie linguistique à multiples interprétations, la langue de la poésie, de la calligraphie, est une langue antique bien vivante depuis plus de 14 siècles. Elle est aussi la langue de la liturgie islamique. Tout cela s’ajoute au sacrée, pour un milliard et demi de musulmans aujourd’hui.

Ce qui les unis tous par dessus tout ? C’est un ancêtre commun, une histoire commune. Reussiront-ils à se fédérer dans toutes leurs divergences ? Sur la seule base commune la reconnaissance absolue de la dignité d’un peuple ? Peut-être, on l’a déjà vu dans le passé. Si la politique européenne et américaine n’œuvrent plus à saper cet élan unificateur -comme ils se sont habitués par l’ingérence, depuis l’époque de « La sublime porte »- à des fins idéologiques.

Mais le drame actuel qui se passe en Libye sous nos yeux et l’ingérence de l’Arabie Saoudite au Bahreïn(***), les revolutions en Suède,  en Espagne , dans le Wisconsin, au Portugal tout récemment… Le désenchantement de l’Irak, de l’Afghanistan et de la Palestine bien sûr, nous poussent à admettre un constat. Les révolutions arabes jouent un rôle majeur dans les affaires du monde, incontrôlables. Elles sont comme des tsunamis naturels et violents qui balaient notre planète et nous montrent l’incapacité de tous les dirigeants à régler ces crises historiques majeures qui nous concernent tous.

Cette incapacité au consensus dans la Ligue Arabe et l’UMA(****), l’ONU et l’OTAN, face aux meurtres des libyens en directe, nous est insupportable.

Si on ajoute à cela, la menace nucléaire venant du Japon, le temps perdu à nous mentir, le nombres de morts par la faute de l’homme irresponsable, les martyrs en constante augmentation, la crise économique, les futurs révoltes de la faim… Les peuples vont s’exaspérer et espérons-le dans un sens pacifique pour tenter de changer ce monde, devenu sans foi ni loi, insensible !

Espérons aussi que ces révolutions qui s’étendent, au-delà des frontières arabes, se fédéreront sous les mêmes combats. La liberté, la justice sociale, le respect de la nature et de la biodiversité à l’échelle de la planète toute entière…

Poussons-les à s’impliquer dans l’universalisme afin d’œuvrer à l’arrêt immédiat de toute forme de violence en Libye. Empêcher l’ingérence occidentale qui n’a d’autres intérêts que d’exploiter ces régions là. À moins qu’ils donnent des gages de leur bonne foi, de ne pas exploiter la région en instrumentalisant l’autodétermination des peuples. C’est une révolution populaire arabe, ne la leur confisquons pas ! Ce sont  les peuples qui doivent choisir leurs dirigeants y compris dans ses instances institutionnelles que sont aussi ces organisations internationales… La mutation est en marche !

Mais en attendant, silence on tue ! Toutes ces organisations fantôches, ce « machin », comme appelait De Gaulle l’ONU, se sont négociées le sacrifice de milliers de libyens,  au sacrifice  des peuples qui se révoltent. La Ligue Arabe, en échange de ces sacrifices, ses membres peuvent réprimer chez eux en toute impunité. Cet état de fait ne sert qu’à empêcher l’union arabe de ce vent de liberté ! Fantôche aussi la Ligue Arabe avec un Amr Moussa à sa tête qui fut sous Mubarak, ambassadeur et je ne sais quoi encore ! Candidat à la présidentiel de la nouvelle Egypte, l’hypocrisie de son double discours… l’Union Africaine, dont les membres sont achetés à coût de dollars, tous des vendus quoi ! On a rien à attendre d’eux. Pourtant j’avais espoir en la Ligue Arabe et l’UMA (Union du Maghreb Arabe) si leurs membres n’étaient pas des dictateurs…. En attendant, Silence on tue ! Devant nos yeux… impuissants !

(*) tawra : révolution en arabe, lire ma définition ici : https://monalika08.wordpress.com/2011/03/15/definition-de-tawra-revolution-en-arabe/

(**) les Arabes ne composent que 15% du monde musulman.

(***) les dessous de l’invasion saoudienne au Bahreïn :
https://monalika08.wordpress.com/2011/03/17/les-dessous-de-linvasion-saoudienne-au-bahrein/

(****) l’UMA (Union du Maghreb Arabe) se réunira le 28 mars :
http://www.maghrebarabe.org/fr/news.cfm?type=1&id=354

DEFINITION DE TAWRA : REVOLUTION EN ARABE

Le saviez-vous ?
 
TAWRA signifie « révolution » en arabe. Ethymologie : Tara « explosé vers le haut » terme pour révoltes très ancien. Alors que le terme moderne de révolution signifie « tourner autour », celui de Tawra avait a l’époque une connotation pas spécialement violente. Tawra fut employé déjà depuis l’avènement de la dynastie Abbasside (8è s.) plus connu sous l’appellation de « Tawra ‘Abbassid ». Toutes les chroniques nombreuses en témoignent.
 
D’une façon moderne pour désigner la révolution (a la française) le terme Tawra n’a été utilisé pour la première fois qu’en 183O par le Cheich Ta’tawi. Ce dernier rend compte dans ces écrits, des « Trois glorieuses » en disant qu’il a assisté a la sédition (fitna) qui s’est faite en trois jours. Il décrit le procès de Vincennes et tout ce qui s’en suit en employant le terme Tawra.
 
4O ans après on retrouve Tawra comme l’équivalent en français de révolution en 1884 dans le dictionnaire al Boustani.

LA CONTROVERSE DU MAÏMONIDE « ISLAMIQUE »

Voici ma réaction à la pétition envoyée à l’UNESCO pour avoir cité Maïmonide comme « un savant musulman » dans le rapport de l’UNESCO sur la science (lire le lien ci-dessous pour comprendre ce qui suit)

http://www.europe-israel.org/2010/12/08/petition-a-madame-irina-bokova-directrice-generale-de-lunesco/

Et voilà ma réponse :

Cette histoire de mosquée me dépasse donc je ne rentrerai pas dans le débat politico-religieux de la question soulevée par cette pétition. On sait ce que cela vaut quand religion et politique se mélangent.
Pour la majorité, l’UNESCO est une Organisation à vocation universelle dont l’objectif est de promouvoir la diversité culturelle, le dialogue interculturel et une culture de la paix. C’est tout ce que je retiens de celle-ci. Je suis aussi à bout d’argument devant tant de sectarisme à propos de Maïmonide ; les grandes figures de l’Histoire appartiennent à l’humanité et non pas aux juifs ou aux musulmans ni aux chrétiens, ni aux athées ! La Religion a bon dos, et multiples facettes, d’une certaine manière, l’Homme la façonne et la transforme à sa guise. Surtout quand la politique s’en mêle. En conséquence, l’homme devient au service de la Religion alors que c’est à la Religion d’être au service de l’homme.

J’aimerais ici apporter ma vision des choses avec Maïmonide.

Maïmonide (alias en hébreux : הרב משה בן מימון HaRav Moshé ben Maïmon et en arabe : عبد الله القرطبي اليهودي Abou Omrane Moussa ibn Maimoun ibn Abdallah al-Kourtoubi al-Yahoudi « Moïse fils de Maïmoun fils d’Abdallah le cordouan Juif»)apparaît comme un penseur fortement influencé par la culture arabo-musulmane. Beaucoup contestent que Maïmonide puisse se prévaloir d’une quelconque appartenance à la civilisation arabo-musulmane.

Permettez-moi de rappeler à la raison quand il est avéré que Maïmonide fut disciple du maître d’ibn Bajja (musulman andalou). Ce grand penseur avait donc comme maîtres de nombreux musulmans tels qu’ Al Farabi surnommé « le second maître après Aristote » ou Avicenne dont il fut très influencé, ou encore Ibn Bajja (Avempace), Ibn Tuyfal ou enfin son contemporain Ibn Rushd (Averroès).

Le code maïmonidien, « le Mishneh Torah » est le seul ouvrage écrit en langue hébraïque,toutes ses autres contribution sont essentiellement en langue arabe. Cette œuvre majeure, Mishnet Torah a sans nul doute de fortes analogies avec le l’Ihya ‘Ulûm al Dîn (revivification des sciences religieuses) d’Al Ghazali (m.1111). Ces deux œuvres ont en commun les disciplines juridico-religieuses et sont destinées à revitaliser les sciences religieuses (le premier pour le judaïsme, le second pour l’islam). D’ailleurs ceux de ses coreligionnaires et inquisiteurs juifs qui l’avaient disgracié (à cause de sa philosophie) sont ceux-là même qui vouaient une admiration au « Tahafut al falasifa » (l’incohérence des philosophes) dont l’auteur est encore ce même Al-Ghazali. Ce dernier, penseur musulman dans l’âme, mit tous les moyens d’une excellente maîtrise philosophique aristotélicienne pour réfuter la philosophie et mettre fin à cette discipline dans le monde musulman.

Que vous le vouliez ou non Maïmonide fait partie des grands noms de l’Âge d’Or musulman, comme il l’est pour l’Âge d’Or juif en influençant l’humanité. Comme l’a été l’étude de l’Averroisme (avec l’étude de la pensée d’Averroès allias Ibn Rushd) pour les Juifs (par l’entremise de Maïmonide), pour les Chrétiens (avec Saint Thomas d’Aquin) mais aussi pour les philosophes modernes.

Dans le Guide des égarés , qui fut écrit comme toutes ses œuvres en langue arabe, (excepté le « Mishneh Torah ») on peut voir une similitude avec le « Régime du Solitaire » d’Al Farabi dans lequel il développe une thèse d’allure néoplatonicienne consistant dans la réduction du moi à l’être divin, le but de l’existence humaine étant l’union avec Dieu au moyen d’une ascension plus intellectuelle que mystique ou religieuse (Al-Farabi est mort à Damas en 950). Ceux qui connaissent la philosophie islamique, reconnaîtront aisément chez Maïmonide la « parabole du Roi » d’Avicenne mais aussi le conte philosophique de Hayy Ibnou Yaqzan (Vivens filius Vigilantis : du Vivant fils de l’Eveillé ou du Vigilant) dont voici un extrait de son auteur :

« Alors je demandais au Sage de me guider sur le chemin du voyage, de me montrer comment entreprendre un voyage tel qu’il en faisait lui-même. Je le fis sur le ton dont pouvait l’en requérir un homme qui en brûlait d’envie, en avait le plus ardent désir. Il me répondit: Toi et tous ceux dont la condition est semblable à la tienne, vous ne pouvez entreprendre le voyage que je fais moi-même. Il vous est interdit; à vous tous la voie en est fermée, à moins que ton heureux destin ne t’aide, toi, en te séparant de ces compagnons. Mais maintenant, l’heure de cette séparation n’est pas encore venue: un terme lui est fixé, que tu ne peux anticiper. Il faut donc te contenter pour le moment d’un voyage coupé de haltes et d’inaction; tantôt tu es en route, tantôt tu fréquentes ces compagnons. Chaque fois que tu t’esseules pour poursuivre ta marche avec une parfaite ardeur, moi je fais route avec toi, et tu es séparé d’eux. Chaque fois que tu soupires après eux, tu accomplis un revirement vers eux, et tu es alors séparé de moi; ainsi en sera-t-il jusqu’à ce que vienne le moment où tu rompras totalement avec eux. »

Ce conte philosophique qui a rendu célèbre Ibn Tufayl matérialise les exigences que sont la vie en société (Al-Farabi) et l’isolement propice à la vie spéculative (Ibn Bajja)… On retrouve cette idée philosophique dans le dernier mot des « Ennéades » de Plotin : « Telle est la vie des dieux et des hommes divins et bienheureux : s’affranchir des hommes d’ici-bas, s’y déplaire, fuir seul vers le seul ».

Je tiens à signaler ici qu’il n’est absolument pas question ici de dire que Maïmonide est musulman mais de rendre à César ce qui appartient à César : le patrimoine musulman reconnaît Maïmonide comme parfaitement « musulman » c’est à dire conforme au dogme Islamique.

D’autre part, on s’accorde bien à accepter l’idée que la philosophie islamique est grecque hellénisante alors pourquoi ne pas reconnaître, de bonne grâce, que la philosophie de Maïmonide est « islamique » ?

Enfin, je n’évoque pas les débats sans fin des biographes de Maïmonide sur les divergences à propos de sa conversion ou non à l’islam. Je vous laisse lire l’article du Washington Post intitulé « the great Islamic Rabbi ». J’espère, par ce retour sommaire à l’histoire de la philosophie islamique, dépassionner le débat qui fait tort au patrimoine universel,au dialogue des cultures et à la culture de la paix car nous faisons tous partie d’un tout :

http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2008/12/30/AR2008123002789.html
En français pour les non anglophones :
http://translate.google.fr/translate?hl=fr&langpair=en|fr&u=

http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2008/12/30/AR2008123002789.html

Un printemps 56 en 2011 pour tout le Maghreb ?

La Une de l’Express cite : « Les autorités marocaines ont interdit, ce lundi à Rabat, une réunion de soutien aux manifestants tunisiens. Face aux troubles, le régime de Tunis peut compter sur son voisin maghrébin« .  Cette manifestation en solidarité avec la Tunisie, organisée par un collectif d’associations, dont l’AMDH (Association Marocaine des Droits Humains), devant l’ambassade de Tunisie à Rabat a été interdite par le régime marocain. Les autorités marocaines auraient prétexté par « l’impossibilité pour un pays voisin de la Tunisie d’autoriser sur son territoire une manifestation hostile au régime de Zine El Abidine Ben Ali« . Mais les motivations sont toutes autres : Le Maroc tente, tant bien que mal depuis quelques années, d’avorter les révoltes parmi ses habitants.

C’est à Tinghir dans le sud du Maroc, à Al Hosseima dans le Rif mais aussi à Laâyoun (Sahara Occidental) que les tensions sont les plus vives

La colère populaire semble venir de petits patelins, éparpillée, non canalisée, apolitique, et souvent menée par beaucoup de femmes. Les émeutes qui secouent la Tunisie et l’Algérie pourraient fortement secouer le Maroc dans les jours ou les mois prochains. Ce sont les mêmes revendications sociales, les mêmes hogra (humiliation). En Tunisie et en Algérie, c’est une situation identique au Maroc. Désastreuse pour la dignité humaine, la corruption sévit depuis des lustres ou 80% des marocains profitent de celle-ci. Les richesses sont mal réparties et cela dure depuis des décennies.

Les révoltes de Tinghir

Dans la province de Tinghir, un mouvement Berbère s’est révolté le 26 décembre, MAIS BLACK OUT DES MEDIAS. Les évènements de Tinghir que la presse arabophone et francophone marocaine n’ont pas fait l’écho, sont les prémices d’un enflammement qui risque fort de s’étendre. Depuis la création d’une province à Tinghir en 2009, la région est en proie à des tensions constantes à cause des déficits sociaux grandissants. C’est le taux très important de chômage qui frappe un grand nombre de jeunes de la région et les conditions archaïques de l’infrastructure de Tinghir-centre et des régions avoisinantes. Ce 26 décembre dernier, ils étaient 20 000 manifestants à avoir répondu, ce dimanche matin à Tinghir, au mot d’ordre de grève de la Fédération des associations de développement (FAD). Mais la marche pacifique aux revendications de protestations contre la régression des indicateurs sociaux dans la région s’est soldée en émeutes violentes. Des centaines de personnes appartenant à l’aile extrémiste du mouvement amazigh « Guigouch » n’ont eu que faire de l’appel pacifique lancé par les organisations. Les manifestants ont commencé vers 13h à lancer des pierres en direction des forces de l’ordre tout près du siège de la nouvelle province. Des véhicules privés et publics ont été endommagés et plusieurs éléments des Forces auxiliaires ont été blessés, dont certains grièvement. Neuf d’entre eux ont été transportés d’urgence à l’hôpital Moulay Ali Charif d’Errachidia.

A une année de l’approbation Royale de créer une province à Tinghir, le projet de mise à niveau n’est pas entré en vigueur, et la question urbaine reste de loin la plus problématique.  « Les contestataires sont en colère contre l’aggravation des pressions exercées sur les habitants des oasis sur le plan urbanistique, consistant à leur imposer des lois et des conditions irréalisables qui ne prennent compte ni des particularités locales, ni de la nature de la région, encore moins du manque d’infrastructures à même de leur permettre de remplir les conditions exigées « , déplore un communiqué de la FAD de Tinghir, rendu public après la manifestation. Selon la même source, «cette situation a créé une récession sans précédent dans les métiers du bâtiment qui figure comme une source de revenus pour beaucoup de familles et impacte gravement la stabilité sociale dans la région menacée, notamment par la montée en puissance de l’habitat anarchique qui a engendré chez les habitants un sentiment flagrant d’injustice ».

TINgHIR 26 DECEMBRE 2010 : http://www.youtube.com/watch?v=m-M7K5ob5V0&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=m-M7K5ob5V0&feature=related

D’autres régions du Maroc ont soulevé des protestations sans précédent en ce mois de décembre comme celle de la région d’Al Hosseima, les oubliés du régime.

Dans le Rif à Boukidaren (Sidi Bouafif), région de Al Hoceima(*), la colère des habitants a éclaté un vendredi 10 décembre 2010, dès 9h30 du matin suite à l’ expropriation d’une famille et la démolition de son logement par l’autorité du makhzen escortée par des forces de l’ordre.

C’est par une femme que tout a commencé

Le 10 décembre dernier, une femme avec ses deux enfants s’est mise en travers de la route nationale et l’a bloquée en criant  » si je n’obtiens pas mes droits, je coupe la route avec mes deux enfants , face à l’injustice il ne me reste qu’à me suicider avec mes enfants « . En solidarité du courage de cette mère, les habitants se sont exécutés en barrant la route de concert. La route nationale fut bloquée mais les forces de répression, l’armée et la force mobile, ont lancé les grenades lacrymogène et ont tiré des balles en plastique sur la population. Les jeunes se sont rebellés en ripostant par des jets de pierres en criant à l’insurrection de la population. Malgré les premières arrestations et les premiers blessés, les jets de pierres contre les forces de répression ont continué en force. Ce jour là, des voitures ont été brûlées, des estafettes encerclées, et le plus étonnant est que  les forces de l’ordre ont pris la fuite. On compte plus de 30 blessés au sein des forces de l’ordre. D’autres villages environnants comme Tamassint, Imzouren, Aït Bouayach se sont solidarisés avec les habitants de Boukidaren. Les troupes armées venues en renfort de Nador se mobilisèrent toute la nuit de ce vendredi 10 décembre contre les manifestants des villages avoisinants qui ont rejoint les habitants de Boukidaren. Les représentants des associations : diplômés chômeurs, AMDH étaient aussi présents. Le courage des villageois fut exemplaires : des barricades ont été montées pour faire face au déploiement des troupes militaires et des forces répressives. Toute la nuit, les combattants n’ont eu de cesse de répondre aux forces de l’ordre en chantant des slogans de victoire.

AL-HOCEIMA LE 17 NOVEMBRE 2010, VIOLENCE CONTRE LES CHOMEURS : http://www.youtube.com/watch?v=5GocUBFa1SM&feature=related

AL-HOCEIMA RIF MAROC AYT YOUSSEF OU ALI BOKIDAN SIDI BOUAFIF 10/12/2010 : http://www.youtube.com/watch?v=X9IEp8ANRVk feature=player_embedded

Les émeutes de Laâyoune chef lieu du Sahara Occidental

En novembre dernier, le chef-lieu du Sahara Occidental n’est pas sorti du cauchemar de 1999. La situation du Sahara Occidental n’a trouvé aucune solution depuis 35 ans, pour sortir le Polissario des revendications sahraouies d’autodétermination. Pourtant, le Sahara Occidental, à l’inverse des autres régions « marginalisées » du Royaume, reste depuis 35 ans, l’otage des puissances de ce monde. Il l’est surtout du fait des rancœurs entre le Maroc et l’Algérie, résidues de la colonisation. C’est l’endroit du Maghreb le plus observé par la communauté internationale. Le démantèlement du camp Gdeim Izik  à une dizaine de kilomètres de Laâyoune le lundi 8 novembre dernier par les forces de police marocaine ont pu maîtriser les émeutes. Mais pour combien de temps encore ?

Le pouvoir du Makhzen arabe considère toutes ces revendications inutiles du fait de la marginalité des régions berbères mais la révolte des jeunes tunisiens et algériens inquiète fortement le pouvoir marocain. Il y a peu de temps encore, il était impossible pour le peuple marocain de manifester pour défendre ses droits publiquement sans craindre la répression sanglante du régime. Mais depuis quelques années, on assiste de plus en plus à des démonstrations publiques de protestation dans les différentes régions du Royaume quand ceux-là s’estiment mal traités.

Le Sahara, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, l’Egypte et la Jordanie(*) sont passés récemment par ce type de mouvements sociaux. Malheureusement aucune force politique dans la région n’est capable de porter cette colère populaire afin qu’elle puissent retrouver enfin sa marche vers le progrès, avec le respect des droits humains, l’arrêt des spoliations et l’exploitation des peuples de leur région. Le message de cette jeunesse maghrébine pourrait être des doléances comme celles-ci : les gouvernements du Maghreb et du Machrek doivent accorder l’importance de ces mouvements sociaux. Les peuples du Maghreb sont solidaires, ils le sont aussi contre toute les dictatures du Moyen Orient. Les émeutes pourraient être le début d’une revendication populaire unifiée à tout le Maghreb d’abord et pourquoi pas avec le monde arabo-musulman. Ce peuple est aguerrie de sa longue histoire commune. Il semble ne plus vouloir de l’islam politique du monde arabo-musulmans. Les dénominateurs communs des révoltes populaires sont la justice sociale, la gestion des minorités avec le droit à l’égalité des chances. On pourrait y ajouter, le droit des femmes dans une démocratie qu’ils sont en train de réinventer. La tunisie scande « horriya » ! Liberté ! La Liberté de conscience, la Justice sociale, si chères à ces peuples et surtout si chères à l’islam, dans son fondement premier. Aucune bannière religieuse ou nationaliste n’a su respecter ces principes fondamentaux. Enfin, aujourd’hui, personne ne pourra entraver la marche révolutionnaire d’un peuple très jeune qui lui,  sait ce que le  post-modernisme veut dire !

(*) Pour rappel, le tremblement de terre d’Al Hoceima en 2004, a fait 628 morts, plus de 926 blessés, 15.230 sans-abri avec l’effondrement de 2.539 maisons dont 2498 en milieu rural. Ce sont les oubliés du régime, la souffrance des victimes continues à faire partie de l’actualité quotidienne. Les habitants d’Al Hosseima avaient refusé les 30.000 DH proposés par l’Etat estimant l’aide insuffisante pour faire face aux projets de construction de logements décents. Devant le refus des autorités publiques de revoir à la hausse le montant de l’aide, le conflit a perduré malgré quelques tentatives avortées de solution. Il continue encore à envenimer le quotidien des habitants de Tamassint.

(**)Les autorités jordaniennes ont arrêté 51 personnes liées aux émeutes ayant éclaté mardi 4 janvier 2011, dans la ville de Maan (sud) après le meurtre de deux Jordaniens dans un conflit portant sur des emplois, a confié à l’AFP une source des services de sécurité. Le gouvernement jordanien a indiqué mercredi avoir restauré le calme à Maan, dans le sud du pays. Des centaines d’émeutiers ont mis le feu à plusieurs bâtiments publics et à des véhicules de police mardi après les obsèques de deux hommes tués la veille, dans le cadre d’un différend qui a éclaté après le choix d’un entrepreneur des ouvriers devant travailler sur un immense projet hydraulique à Dissi.

 

Docu « Gaza-strophe, le jour d’après », primé par France Télévisions !

Papier publié sur le site Al Har

« Un jour de justice pour l’oppresseur est bien plus terrible qu’un jour d’injustice pour la victime »

GAZA-STROPHE, le jour d’après est un documentaire d’une réalité à faire pâlir n’importe quel sioniste même celui qui s’ignore !  D’une vérité sans ombrage, le documentaire montre sur le vif, l’ampleur du désastre au lendemain de l’assaut israélien « plomb durci » qui a tué de nombreux civils, habitants de la bande de Gaza. Une guerre terrible dénoncée par le rapport Goldstone comme crime contre l’humanité. Réalisé par Khéridine Mabrouk et Samir Abdallah, le documentaire d’une durée de 55 mn sera projeté ce samedi  4 décembre à 15h00[i].

C’était le 20 janvier 2009, le jour d’après la dernière guerre israélienne, l’assaut criminel de son armée sur tout un peuple, reste impayé.  Mais les images de ce bouleversant documentaire immortalisent l’évènement tragique de Gaza.  C’est par le témoignage de dizaines de palestiniens dépassant la souffrance par des nokta (récits, blagues) ou à coup de poésies palestiniennes que l’arabe sait rendre admirable, que les réalisateurs nous rendront compte de ce qui s’est passé, alors qu’aucun journaliste n’a pu pénétrer sur les lieux. Ces images nous rappellent notre impuissance au moment des dégâts. Elles nous laissent à l’esprit qu’une année est passé mais que la situation, déjà catastrophique des Gazaouis, a empirée depuis sa première diffusion publique sur France ô, en février dernier.

Malgré tout, c’est l’ombre d’un espoir de paix qui se dessine à travers cette œuvre culturelle, d’information, d’interrogation. Un hymne à la résistance acharnée face à l’injustice que subit le peuple palestinien, une victoire face à l’oppresseur qui  veut taire au monde ses exactions. En effet, Gaza-strophe immortalise cette tragédie en « œuvre irrésistible » et  reçoit, ce 1er décembre,  le Grand  Prix France Télévisions du Documentaire et du Reportage Méditerranéen pour la catégorie « Enjeux Méditerranéen ». Ce Grand Prix France TV a reconnu l’œuvre pour « la capacité des réalisateurs à interroger et mettre en perspective les évènements, ainsi qu’à se mettre à l’écoute des protagonistes ». Une bien belle récompense quand on sait les pressions que le groupe France Télévisions a encourues pour les plier à déprogrammer le documentaire.  Les militants des droits humains saluent France TV de ne pas avoir cédé en persistant tout de même à le diffuser en prime time sur France ô, il y’a presque qu’un an !

Outre ce prix,  Gaza-strophe avait  été consacré deux fois  au  Jury Officiel  du 21e Festival International du Film d’Histoire de Pessac,  dans la catégorie du Documentaire et du Prix du Jury des Jeunes  Journalistes. L’œuvre reçu aussi  le Prix Ahmed ATTIA Pour le Dialogue des Cultures MEDIMED, Barcelone 2010.

Gaza-strophe, à voir ou à revoir en projection publique et surtout soutenez le film 100 mn, version cinéma ici :


[i] Sortie du film le 16 mars « GAZA-STROPHE, PALESTINE » – horaires au cinéma St Michel à Paris (7, place St Michel -Métro St michel) à partir du mercredi 16 mars : mercredi 16, samedi 19 lundi 21 et mardi 22 mars, 3 séances : 13h – 16h40 et 20h20 (débat après la séance de 20h20 avec les auteurs + invités) jeudi 17, vendredi 18 et dimanche 20 mars, 3 séances : 14h50, 18h30, et 22h10. Après la projection, il est possible de dialoguer en rencontrant les auteurs ainsi que les membres du PCHR de Gaza (Centre Palestinien des Droits de l’Homme). Abu Samer et Joker, ces deux militants des droits de l’Homme de Gaza ont guidé les deux réalisateurs tout au long de l’étroite bande de Gaza sur les traces des chars israéliens.

Sahara occidental : 35 ANS SANS SOLUTION

A l’époque, il n’y avait pas de rancune ni de méfiance entre le Maroc et l’Algérie. Rappelons que le Maroc a soutenu la guerre de libération algérienne et ce soutien à l’Algérie fut total et sans aucune ambiguïté.

Le nœud gordien entre ces deux pays est en rapport direct avec l’annexion de la région de Tindouf (Sahara occidental) par le Maroc en 1974. Boumédienne (qui a fait le coup d’état contre Ben Bella) est le grand responsable de cette opposition. Il faut savoir que la France avait annexé Tindouf parce qu’elle y trouva du fer en 1932. Avant cette date, la région de Tindouf était marocaine, de ce fait, le Maroc perd une manne naturelle importante dans un pays, qui déjà, possède peu de richesses minières. En 1958, lors d’une négociation entre les militants du FLN et les partis nationalistes marocains, Tindouf devait revenir au Maroc, une fois l’indépendance retrouvée. Mais l’Algérie rompit ce pacte en refusant ce qui revenait au Royaume. Ainsi, dès 1963, une guerre courte débuta entre les deux pays voisins, et depuis, ces deux voisins restèrent en froid, tant la question du Sahara ne régla jamais le problème.

En 1974, au sommet islamique de Casablanca, le Maroc annonce qu’il récupérera le territoire du Sahara. Boumedienne refuse et affirme que le Sahara appartient au peuple Sahraoui. Le Maroc met sa promesse à exécution en annexant la région historiquement occupée par l’Espagne, en 1884, puis par la France. La rancœur algérienne subsistera en raison de la guerre, suite à cette annexion.

En mai 75, l’Espagne se retire du Sahara, le 16 octobre 1975, la Cour Internationale de justice de la Haye qui est saisie par le Maroc, reconnaît l’existence du lien de souveraineté entre la population sahraouie et le roi du Maroc, avant la colonisation espagnole. Le 6 nov. 75, une Marche verte est organisée, cependant cette dernière déclenche une guérilla faisant des milliers de morts, de part et d’autres et autant de prisonniers. Le cessé-le-feu n’interviendra qu’en 1991.

Chaque fois que le Maroc propose une solution, l’Algérie s’y opposera. D’un point de vue géopolitique, le Maroc est un pays ouvert sur deux mers, l’Algérie n’en possède qu’une.

Quatre séries de négociations, entre Marocains et Sahraouis, ont eu lieu aux Etats-Unis par les Nations unies. Jamais de solutions abouties, car Alger met son veto, et ça n’avance pas.

L’Algérie « contrarie la dynamique de négociation »
Alger refuse d’ouvrir ses frontières et de coopérer, profite de sa richesse pétrolière pour affaiblir le Maroc, en faisant par ex. du chantage avec ses partenaires comme l’Espagne. Chantage au pétrole et au gaz pour les obliger à retirer leur soutien au Maroc, comme cela s’est produit, encore en 2008, entre Bouteflika et Zapatero.

Pourtant le Maroc pacifique tente de mettre en place, tant bien que mal, une coopération afin que la région du Maghreb puisse en profiter : l’Union du Maghreb existe mais seulement sur le papier, l’Algérie bloque, l’Union du Maghreb ne verra pas le jour. Le Maroc a ouvert ses frontières avec l’Algérie, il n’y a plus de visas aux Algériens, la réciproque ne l’est pas.

Le Maroc avance un pied en occident tout en préservant une culture traditionnelle millénaire. L’Algérie possède un grand territoire et beaucoup de richesse, malgré toute cette richesse, le peuple en pâtit. On la dit «démocrate » mais leur président Bouteflika est réélu jusqu’à sa mort, à défaut de n’avoir personne d’autres à proposer de mieux aux élections.

Le Maghreb serait à feu et à sang si le Maroc n’usait pas de ses atouts diplomatiques, surtout si le Maroc venait à revendiquer une partie de l’Algérie avant l’enclave de l’empire Ottoman (le Maroc a été le seul pays du Maghreb à échapper à l’emprise de l’Empire Ottoman, avec l’Egypte et d’une manière minime, la péninsule arabique).

Quand on sait la responsabilité du Pouvoir d’Alger dans les massacres perpétrés par le GIA et l’assassinat des moines de Tibéhirine avec la complicité des services secrets Français (avec le même chantage aux intérêts français dans le pays), on peut légitimement se demander pourquoi l’Algérie entretient toujours cette ambiguïté politico-territoriale alors qu’elle aurait tout à gagner avec le maroc comme partenaire dans la région. 

Les frontières françaises ont fini par diviser ce grand territoire qu’était le Maghreb (anciennement Ifriqiya). La colonisation a bien réussi à séparer ces peuples pourtant à la même culture. Le Maroc à préservé son identité d’avant la colonisation, c’est le plus ancien Etat nation, vieux de 12 siècles, difficile à déraciner !

J’espère que les maghrébins mettront la pression sur leur gouvernement pour que Vive l’UNION DU MAGHREB ARABE, seule solution pour une indépendance réelle et contre l’ingérence occidentale !

UN MISSILE MYSTERIEUX LANCE AU LARGE DES CÔTES SUD DE LA CALIFORNIE

Au dessus de l’Océan Pacifique, un missile mystérieux a été aperçu le 08 novembre, au large des côtes sud de la Californie et a été filmé par un hélicoptère de KCBS News. La trainée de condensation spectaculaire (contrail) a pu être vue par tout Los Angeles. Mais personne ne sait qui a lancé ce missile et pourquoi ! C’est un vrai mystère que les Américains souhaitent très vite éclaircir.

Les images d’une qualité exceptionnelle ont été prises par l’hélicoptère KCBS News aux alentours de 17 h00, heure locale. L’emplacement du missile a été localisé dans l’Ouest de Los Angeles, dans le nord de l’île de Catalina, à environ 35 miles au large de l’Océan, à partir d’un sous-marin. Un porte parole de la Navy a certifié que ce missile n’appartenait pas aux leurs. Il ajoute qu’il n’y a pas eu d’opération de la Marine dans cette partie de la région depuis que la base d’Air Force de Vandenberg a lancé une rocket Delta II, le 5 novembre dernier. News 8 a montré la vidéo montrant les images du missile à l’ancien ambassadeur américain de l’OTAN et à un ancien sous-secrétaire de la Défense, ces derniers garantissent que ce missile n’est pas un Tomahawt.

La télévision MSNBC Media affirme que la Navy n’aurait jamais procédé à des essais de tir de cette envergure sans en avertir la population. D’autant plus que Barack Obama est pour l’heure en tournée en Asie et qu’il prévoit durant son voyage d’aller en Inde, en Indonésie, en Corée de Sud et au Japon.

Marika EL HAKI

HOMMAGE AU PHILOSOPHE RIDHA CHAÏBI

http://www.al-har.fr/blog/2010/10/29/hommage-a-ridha-chaibi/

Nous, étudiants en L3 d’IJAZA, à l’Institut International de la Pensée Islamique (IIIT), avons appris avec effroi le décès accidentel de notre professeur Ridha Chaïbi, le 21 octobre 2010, lors de son séjour en Tunisie. Aujourd’hui, plus que jamais, nous voulons nous associer à la douleur de son épouse, de ses enfants et à celle des siens. Nous  soutenons leur courage et leur patience dans cette épreuve difficile. Nos Du’a iront vers eux. La mémoire de ce cher professeur et des heureux moments passés ensemble continuera à illuminer nos existences. R. Chaïbi était de ces hommes de haute droiture, avec une exigence morale importante. Son souci et son effort  furent de faire apparaître la complémentarité des différences, de réconcilier les oppositions, de transcender les divergences. Aujourd’hui il n’est plus là. Mais il nous reste en mémoire sa forte présence, sa générosité, son enseignement. Nous avons eu à faire, à chaque fois, à un cours magistral dans lequel sa pensée propre n’y paraissait pas. Il respectait dans les moindres détails la pensée des grands penseurs.  Sa simplicité faisait de lui un « accoucheur des esprits » de la lignée des grands philosophes.

Une étudiante me rappelle un débat sur Karl Marx dans lequel Fatima était en désaccord sur la notion de partage. Ridha se faisait le chantre de l’argumentation marxiste qui laissait de plus en plus perplexe notre étudiante : «Tout le monde obtient la même chose, peu importe si l’effort fourni est grand ou moindre... ».  Fatima débattit avec Ridha Chaïbi, ne sachant s’il était sérieux ou s’il la provoquait volontairement. Ridha finit par clore le débat en ces termes : « Mais c’est parce qu’il te reste encore de la bourgeoisie en toi ! ». A ce moment précis,  Fatima se sentit désabusée, choquée même !  Ridha continua : « mais non, ce n’est pas moi qui parle, c’est Marx qui dit cela… ».  Il l’avait bluffée. C’était la pensée de Marx lui-même qui se trouvait devant nous ! Jusqu’au bout,  notre professeur n’avait de cesse qu’il ne nous ait transmis avec justesse et passion les pensées philosophiques qui ont fait l’histoire de l’Occident.

Il y a bien un domaine où sa pensée trahissait son combat pour les libertés. Quand il dispensait les cours sur l’analyse de La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.  « Que signifie liberté ? Pour nous aider à y répondre, Ridha passe par deux voies   opposées qui s’affrontent : les pensées du marxisme et de l’utilitarisme. Leur point  commun ? Récuser La Déclaration des Droits de l’Homme. En voici un aperçu :

La distinction marxiste entre les droits des  libertés. La déclaration française des Droits de l’Homme est une déclaration « formelle » pour « reconnaître et mieux dominer ». Ridha nous explique : «Quand on déclare un individu libre de  s’exprimer et quand il s’exprime et contredit les opinions de son patron ou de l’autorité, il se trouve être assassiné car privé de sa vie ou de ses biens, de son emploi. Cet individu agira donc de sorte que ses supérieurs  ne soient pas choqués et fera qu’il leur plaise. C’est une liberté  « formelle ». La seul liberté « réelle » c’est quand l’individu agit sans aucune crainte et ceci ne sera possible que quand on aura supprimé la propriété privée, celle-ci est source de tous les maux humains ».

L’utilitarisme des libéraux : une liberté individuelle sans limite. Pour d’autres raisons que les marxistes,  les utilitaristes considéraient  La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyens comme un « contresens philosophique ».  Le Professeur Chaïbi nous éclaire encore : « On ne pourra jamais donc définir, selon eux, des principes moraux qui seraient universels et prétendre que ceux-ci sont les principes même de la raison « Selon la nature humaine il faut… », « Selon la raison il faut… ». Pendre la raison, la nôtre pour  témoin, est  irrationnel puisque la raison évolue « selon un calcul des plaisirs et des peines » et celles-ci évoluent selon les circonstances et les structures. Parler donc d’une déclaration universelle c’est vouloir se substituer au vrai décideur qui est l’individu. On a plus asservi, par cette déclaration,  l’individu que l’on a libéré ce dernier… ». Il nous obligea  à ouvrir notre esprit ; ce fut bien qu’il le fasse à travers le contenu de cette Déclaration.

Une autre étudiante, F. D., se souvient de sa particularité à provoquer : « Ses interventions parfois brutales auraient pu choquer, braquer mais sa compétence était tellement avérée qu’il n’y persistait aucune réaction négative de la part des étudiants. Sa droiture et sa simplicité, sa capacité d’accueil au sourire radieux, d’un accès facile aux savoirs didactiques  faisaient de lui un être sincère et bon ».  Notre professeur nous aiguisait à la pensée critique avec la finesse d’esprit qui représentait toute sa personnalité.

Le  décret de Dieu voulut que le terme de sa vie coïncide avec l’immense bonheur d’avoir été promu  maître de conférences à la faculté de lettres de l’université de Kairouan (Tunisie). Et comme naguère les Compagnons, ce docteur en philosophie mourut sur le chemin de l’Hijra. Puisse Dieu l’honorer en son sein et continuer à travers nos esprits  l’œuvre qu’il a semée. Ce sera à l’occasion de la remise du diplôme de la IJAZA, qui marque l’histoire de la toute première promo et du lancement du 3è cycle, que tous les professeurs et les étudiants rendront un dernier hommage à notre défunt Professeur  Ridha Chaïbi,  le 1er novembre 2010 à 18h30. Nous pensons, pour l’occasion, baptiser cette promo 2010 par son nom.

Marika EL HAKI

Journaliste islamologue et étudiante à l’IIIT.