Podcast de l’émission « Islam et Spiritualités » :
(version courte, une heure)
(version courte, une heure)
Islam et Spiritualités n°3 dont le thème était le soufisme. Un sujet que VOUS avez choisi et que j’ai traité vendredi 28 sept.
Pour les prochaines émissions, si vous souhaitez que je continue le thème du soufisme ou que je traite un autre sujet qui vous intéresse en islam, merci de me le suggérer à cette adresse mail :
edc.islametspiritualites@live.fr
Pour continuer le sujet, ou pour vos commentaires, vous pouvez, au choix, vous rendre :
– sur le forum de la radio Étoiles Radio du Cœur : http://carton.jeanclaude.free.fr/phpBB3/viewforum.php?f=49
– sur ma page Facebook (à aimer au préalable) : https://www.facebook.com/pages/Marika-El-Haki/134615689897111
Mais de grâce, si l’émission vous intéresse et si vous souhaitez que l’émission continue, participez avec vos questions, vos suggestions, vos critiques (constructives) ou avec vos commentaires !!! Merci 🙂
LA PROCHAINE ÉMISSION EN DIRECT AURA LIEU VENDREDI 05 OCTOBRE DE 19H à 21H.
Dîtes-moi aussi si la tranche horaire de 19H/21H, pour regarder en direct est bonne et poser vos questions ? ou celle de 17H/21H ? La durée de 2 heures est-elle trop longue ? Si oui, souhaitez vous réduire sa durée ?
A très bientôt sur mon blog ou sur Radio Étoiles du Cœur http://edc.radio.free.fr/ !
Amitiés,
Marika El Haki
Seconde émission en direct du jeudi 20 sept. sur Radio Étoiles du Cœur, animée par Marika et Jean-Claude.
Les questions des auditeurs traitées sont les suivantes :
1. Ma réaction sur la manifestation à Paris contre le film « Innocence of Muslim » (suite à la vidéo qui circule; sur le web)
2. Le Prophète de l’Islam a-t-il égorgé tous les Juifs de Khaybar ? Contexte et réalité historique;
3. Revendication de l’islam de France, inégalités de traitement par rapport aux autres religions monothéistes ;
4. Qu’est-ce que le Djihad et contexte de guerre défensive ;
5. L’apostasie est-elle « réprimée » ?
6. Le Prophète a-t-il été annoncé dans la Bible ?
7. Différences entre Sunnites et Shiites ;
8. Qu’est-ce que la doctrine wahhabite ;
9. La polygamie dans le Coran ;
10. Exégèse des versets coraniques relatifs aux voiles (suite de la première émission)
…/…
Soyez nombreux à poser vos questions en direct ou bien par mail à cette adresse :
edc.islametspiritualites@live.fr
Je ne manquerai pas d’y répondre en direct !
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Citation : “Ils ignoraient ce qu’étaient les diverses méthodes qui concernent la totalité des hommes dont la Révélation invite chaque homme à franchir les portes, (…) ils croyaient qu’il s’agissait d’une voie unique. Ils se sont ainsi trompés quant au dessein du législateur, se sont égarés et ont égaré les autres” (Averroès alias Ibn Rushd, philosophe Arabo-musulman du 12è siècle)
Première émission en direct du 14 sept. sur Radio Etoiles du Coeur, animée par Frédéric de Bé. Les questions traités sont les suivantes :
1. Ma réaction suite au film « Innocence of Muslim »
2. Réponse à la question : L’islam est-il une religion de paix ?
3. La différence entre Bourka, Hayk, Niqab et le foulard = divergences entre Musulmans sur le dévoilement du visage ou pas
4. Exégèse des versets relatifs aux voiles
Bonne écoute !
http://edc.radio.free.fr/edc/radio/emission/redc.php?emi=isspi&date=2012-09-14
Citation : “Ils ignoraient ce qu’étaient les diverses méthodes qui concernent la totalité des hommes dont la Révélation invite chaque homme à franchir les portes, (…) ils croyaient qu’il s’agissait d’une voie unique. Ils se sont ainsi trompés quant au dessein du législateur, se sont égarés et ont égaré les autres” (Averroès alias Ibn Rushd (philosophe Arabo-musulman du 12è siècle)
Le film “Innocence of Muslim” (l’innocence des Musulmans) retraçant une piètre caricature de la vie du Prophète de l’islam, a été produit et réalisé par un cinéaste amateur, Sam Bacile, que la presse internationale et française ont annoncé comme un promoteur immobilier se déclarant « israélo-américain », d’origine californienne. Plusieurs démentis ont été faits mais les médias français tel l’AFP, le Nouvel Obs, Rue 89 et d’autres en France, continuent de le nommer tel quel. L’AFP déclare par exemple que « Sam Bacile », « s’affirmant israélien , avait assuré être l’auteur du film mardi (11 sept.sic!) dans une interview au Wall Street Journal. ».
Les protagonistes de la propagande :
Sam Bacile est un pseudonyme qui décrit l’islam comme un « cancer » et une religion de haine. Le pasteur néo-conservateur, Terry Jones participe à la réalisation. Morris Sadek est un blogueur américain, violemment islamophobe, d’origine égyptienne et Copte. D’autres extrémistes chrétiens comme « l’Association pour Jésus Christ » sont impliqués dans l’affaire. En fait on découvre au final que le film « innocence des Musulman » dont la bande annonce de 14 mn, visible sur Youtube, a été tourné en 2011 avec la collaboration d’un copte (chrétien d’Egypte) condamné en 2009 pour fraude bancaire, réalisé par l’Américain Alan Roberts, auteur de films pornos et est produit par Sam Bacile. L’autorisation de tournage a été donné par une organisation caritative chrétienne, au nom de Media for Christ « pour faire briller la lumière de Jésus » (son président est le Nassralla chrétien !). Une belle promotion arabe faite par des Coptes et par des chrétiens évangéliques anti-musulmans de droite, tel Morris Sadek, Egypto-américain et le très controversé prêtre, Terry Jones qui a déjà brûlé des exemplaires du Coran. Notons que ce dernier a été arrêté pour pédophilie en 2010 !
Ces trois ingrédients anti-musulmans ne doit tromper personne. Ajoutés à cela, l’annonce de l’israélité de Sam Bacile par les médias du monde, est de la pure désinformation. En effet, nous savons que Klein Steve, le consultant pour le film controversé et militant activiste renommé de l’intégrisme chrétien islamophobe, a déclaré que le réalisateur du film, n’est pas un israélien et que son nom est un pseudonyme. Cette propagande raciste a réussi son objectif : provoquer les plus violents d’entre les Musulmans. Le film, raille la religion musulmane et ses adeptes, montrant le Prophète de l’islam presque nu, affalé avec ses femmes. Aïcha est physiquement décrite, en petite boulotte, laide à côté de Muhammad représenté en stupide homme, mangeant comme un sauvage et sanguinaire. Le tout, illustré dans un décors grotesque avec photos de paysages désertiques en lieu et place de l’arrière plan du film, donnent l’effet d’une bombe violente lancée en direction des Musulmans.
Terry James, un criminel protégé ?
Cette provocation minable envers 1,5 milliard de personnes dans le monde, est perpétrée pour la quatrième fois par un pasteur accusé de pédophile. Vous souvenez-vous de ce pasteur qui s’est attiré les foudres de l’opinion ? Pas pour ses méfaits de pédophilies mais pour avoir brûlé plusieurs exemplaires du Coran. Terry Jones, appelait déjà à un message fort contre l’Islam et ses musulmans, en brûlant le Coran un 11 septembre 2010. Mais il avait été arrêté juste avant, le 4 août 2010 pour « pornographie sur enfants ». Le pasteur Terry Jones avait partagé sur un site populaire du réseau Limewire des photos d’enfants nus dans les différents États d’Amérique. La brève de cette annonce avait été publiée par NBC News et a été aussitôt censurée. Elle n’est restée sur le site à peine un mois après la publication. On peut encore voir le cache donnant l’information mais le lien indique en anglais : “vous n’avez pas la permission d’accéder..” :
“You don’t have permission to access /news/2010/08/06/pastor-terry-jones-arrested-for-child-pornography/” on this server
La brève disait ceci :
“Le pasteur qui appelait à un message fort contre l’Islam et ses musulmans, en brûlant le Coran ce 11 septembre, a été arrêté le 4 août 2010 pour pornographie. Le pasteur Terry Jones a partagé sur un site populaire du réseau Limewire des photos d’enfants nus dans les différents États d’Amérique”
Le 11 septembre 2010, le pasteur avait renoncé à brûler le Coran, nous dit le Monde de cette période. Mais que s’est-il passé entre le 4 septembre, date à laquelle, je me retrouve sur le site NBC News pour retrouver la brève censurée le 11 septembre 2010 ?
Terry Jones a déclaré, selon le Monde du 9 sept., avoir obtenu la promesse que le projet de construction d’un centre culturel islamique près de Ground Zero à News York serait déplacé. Cette information a été immédiatement démentie par les promoteurs du projet.
Il récidive son message, l’année suivant, en mars 2011. Mais cette fois, il met à exécution sa menace. C’est son assistant qui brûle un exemplaire du Coran. L’événement est diffusé sur internet. Ces images avaient été perçues comme un affront par les Afghans du nord du pays, en provoquant la mort de 12 soldats américains.
En avril 2012, rebelote, Terry Jones brûle, pas un mais plusieurs exemplaires du Coran ainsi qu’une représentation du Prophète, pour protester contre l’emprisonnement d’un iranien converti au christianisme et devenu pasteur. Ce sont à chaque fois des actes éminemment politiques. La dernière en date, le lynchage barbare par les « révolutionnaires » libyens sur l’ambassadeur ainsi que la mort de trois de ses collègues.
Colère…!
Le film qui a provoqué cette folie coléreuse et barbare, dure deux heures et a coûté 5 millions de dollars, nécessitant l’embauche de 59 acteurs et 45 techniciens. Les acteurs affirment avoir été trompés, croyant jouer dans un film de fiction épique, et découvrant ensuite qu’un doublage avait transformé leurs répliques en propagande anti-musulmane. On se demande bien qui a pu investir autant d’argent pour un navet pareil ?
A Benghazi (fief de la révolution libyenne, sic!) et en Égypte (révolutionnaire, re-sic!), en Tunisie, au Yemen mais aussi au Soudan et à Paris ou en Indonésie, des manifestants, révoltés par le film, manifestent soit dans le calme, soit avec violence. Des drapeaux américains sont brûlés en protestation contre le film. On a mis le feu aux poudres “volontairement” pour compliquer les relations dans cette région avec les USA et surtout mettre dans l’embarra Barack Obama et empêcher sa réélection en novembre prochain.
En vingt-quatre heures, ce film a fait le tour du web provoquant, en plus des drapeaux brûlés, le lynchage de l’ambassadeur ainsi que trois des membres de l’ambassade américaine en Libye. Les photos macabres de l’ambassadeur circulent sur le web, ironie du sort ? Ceux que l’Amérique a armés et soutenus se sont retournés contre leurs bienfaiteurs. Ce pauvre homme a fini de la même manière que Mouamar Kadhafi, le dictateur et guide de la révolution libyenne.
Colloque sur la Journée de la femme le 24 mars 2012 :
Partie 1_4 : https://youtu.be/SsatKmAQ1pA
Partie 2_4 : https://www.youtube.com/watch?v=ps6cD45btzQ.
Marika El Haki nous expose les invalidités de la Lapidation par le Coran et dans la Sunna. C’est une pratique barbare ante et anti-islamique. Le Prophète de l’islam n’a jamais lapidé. C’était dans les mœurs juives de lapider. Les Arabes vivant avec des Juifs, se trouvant souvent dans les clans alliés. Pour certains, à proximité des usages religieux Juifs, faisaient de même avant l’avènement de l’islam. Jésus l’abolie, la logique juridique islamique aurait dû suivre les lois des prophètes des communautés précédentes, comme celle de l’abolition de la lapidation par Jésus. D’autant que les Juifs ont aboli cette pratique barbare depuis longtemps ! Il faut l’interdire de facto afin qu’elle n’apparaisse plus dans la charia et disparaisse des mentalités de ceux qui mélangent coutumes ancestrales de crime d’honneur et religion !

Je vous invite à lire ce qu’écrivent deux des plus imminents académiciens de l’étude de l’Islam (islamologie). Montgomery Watt (1909-2006) et Ignaz GOLDZIHER (1850-1921) ont consacré leur vie à l’étude de l’essence de la religion musulmane, de sa communauté et de son Prophète. Ils remettent en question l’idée de plus en plus acceptée par un consensus honteux, que l’islam, de par son prophète, est une religion dangereuse pour les hommes. Opinions qui continuent jusqu’à nos jours à défrayer les chroniques, les amalgames et à augmenter l’islamophobie.
Cet état de choses est une réalité. Je vois déjà beaucoup remettre en question le terme « islamophobie », ceux-là même qui souhaitent brouiller les pistes pour ne pas dévoiler leurs critiques malsaines contre la religion des musulmans et en mettent une couche aux amalgames qui stigmatisent de fait et naturellement les musulmans. Leurs arguments tournent toujours autours des mêmes insultes envers le représentant de leur croyance : la pédophilie du Prophète, les razzias, l’antisémitisme musulman, l’islamisation, le totalitarisme d’essence islamo-fascisme, etc.
Même si je conçois que certains Musulmans sont intolérants et veulent imposer leur vision de la religion, il n’en demeure qu’ils sont une grande minorité. Ils sont plus visibles parce que plus entendus, les médias sont leur alliés. Ils sont aussi financés par les pétro-monarchies, pourtant plus défenseurs des intérêts américains que du bien-être des musulmans en pays occidentaux ou ailleurs. Ils se fichent de l’image qu’ils véhiculent par leur rétrograde pensée déterministe et archaïque. Sauf, qu’eux, ils peuvent tout se permettre sans jamais être inquiétés par une intervention militaire « humanitaire » ou au nom de la démocratie ou de du féminisme occidentale. Ils ont Le pétrole qui les rend arrogant. Malgré les dérives que l’on perçoit de certains adeptes, cela ne doit pas faire oublier que ceux qui souffrent le plus de l’exclusion et de cette iniquité de jugement sont des musulmans les plus paisibles, enjoués et sympathiques, dans leur grande majorité.
Dans le livre, « Mahomet à Médine » de Montgomery Watt, au chapitre « L’homme et sa grandeur » et aussi dans les « Prétendus manquements à la morale », on trouvera une analyse salutaire que l’on devrait méditer :
« De tous les grands hommes du monde entier, aucun n’a eu autant de détracteurs que Mahomet. Il est difficile de comprendre pourquoi il en est ainsi. Pendant des siècles, l’Islam fut le grand ennemi de la Chrétienté; la Chrétienté, il est vrai, n’était en contact direct avec aucun autre Etat organisé comparable par la puissance à l’Islam […] Même avant les croisades, une propagande médiévale en faveur de la guerre, propagande dénuée de toute objectivité, était employée à former dans les esprits la conception du « grand ennemi ». Mahomet devenait Mahound, le Prince des Ténèbres. Quand vient le XIè s., les idées concernant l’Islam et les Musulmans, courantes parmi les Croisés, se trouvaient être de telles fables qu’elles eurent en définitive un effet déplorable : les Croisés avaient été prévenus de s’attendre au pire de la part des ennemis et lorsque virent parmi ces ennemis plus d’un guerrier chevaleresque, ils furent remplis de méfiance vis-à-vis des autorités religieuses chrétiennes. Ce fut pour remédier à cette situation que Pierre le Vénérable tenta de diffuser des renseignements plus exacts concernant Mahomet et la religion qu’il prêchait. Dans la suite de grand progrès furent faits dans cette voie, surtout depuis environ deux siècles, mais beaucoup de vieux préjugés demeurent encore. »
Ignaz Goldziher, Juif hongrois, de famille israélite fort estimée, écrit dans son recueil critique sur le Dogme et la loi islamique (*) :
« On trouve inférieur l’idée de Dieu dans l’Islam… On déclare sa morale dangereuse, parce qu’elle est commandée par le principe d’obéissance et de soumission que révèle le nom même d’Islam. Comme si la conscience, si forte chez le musulman, d’être soumis à une loi divine inflexible, comme si sa croyance à la transcendance de l’Être divin s’avéraient comme des obstacles qui l’empêchassent de se rapprocher de Dieu par la foi, la vertu et les bonnes œuvres et d’être reçu dans sa miséricorde (Surat 9 verset 100) !
 ceux qui jugent la religion des autres d’après un critère subjectif, on peut rappeler les excellentes paroles du théologien A.Loisy (1906) : « On peut dire de toutes les religions qu’elles ont une valeur absolue pour la conscience de leurs fidèles respectifs, et une valeur relative pour l’intelligence du philosophe et du critique. » En appréciant l’action de l’Islam sur ses fidèles, on a le plus souvent perdu de vue cette vérité.
On a même rendu, à tort dans le cas de l’Islam, la religion responsable d’imperfections morales et d’une stagnation intellectuelle qui ont leur cause dans les aptitudes ethniques ; et pourtant cette religion est répandue parmi des peuples appartenant à des races dont elle a plutôt modéré que provoqué la barbarie. Pas plus que les autres religions, l’Islam n’est une abstraction que l’on puisse isoler des phénomènes et des effets par lesquels ils se manifestent et qui diffèrent suivant les phases de son évolution historique, son domaine géographique et le caractère ethnique de ses adeptes.
Si l’on ne veut pas être injuste, il faut convenir qu’il y a, même dans les doctrines de l’Islam, une force efficiente orientée vers le BIEN, et qu’une vie conforme à ces doctrines peut être une vie moralement irréprochable ; elle exige en effet la miséricorde ENVERS TOUTES LES CREATURES DE DIEU, LA BONNE FOI DANS LES RELATIONS , L’AMOUR ET LA FIDELITE, le refoulement des instincts égoïstes, et toutes ces vertus que l’Islam puisa dans les religions dont il reconnaît lui-même les prophètes comme ses maîtres.(Moïse , le Messie Jésus, fils de Maria… Le Coran affirme qu’il a existé 125 000 prophètes, il n’en a cité que 25). Un bon musulman mènera une vie qui satisfait à de sévères exigences morales . »
Il conclut enfin par :
« Certes, l’Islam est aussi une « loi » ; il plie aussi ses croyants à des actes cérémoniels. Néanmoins, non seulement les doctrines traditionnelles sur lesquelles s’est appuyé son développement, mais déjà leur source première la plus reculée, le Coran, regarde expressément l’INTENTION dans laquelle les œuvres sont accomplies comme le critérium de la valeur religieuse, et l’observance stricte de la loi, si elle n’est accompagnée d’actes de miséricorde et de charité, y est considérée comme de peu de prix ! » (cf Surate 2, verset 172).
Et pourtant, ces deux orientalistes n’ont pas été tendres avec l’islam dans l’ensemble de leurs oeuvres, mais il faut bien leur reconnaître que les résultats de leur recherche restent au final positif et réhabilitent pour l’essentiel la grandeur de cette religion. Alors que s’est-il passé depuis ? L’islam, religion orpheline et rebelle donne du fil à retordre aussi bien aux laïques les plus radicaux qu’à ses deux sœurs aînées que sont les religions monothéistes, le judaïsme et le christianisme ! Ça fait beaucoup de monde contre une seule communauté qui pourtant aspire à la paix des peuples mais nous constatons malheureusement que l’air du temps fait un bond au Moyen-Âge. Toutes ces provocations injustifiées même au prix de la liberté d’expression, poussent à la marginalisation des Musulmans, voire pire, à les radicaliser d’une façon globale et de façon binaire : Musulman islamistes ou rejet de l’islam.
(*) « LE DOGME ET LA LOI DANS L’ISLAM », p 13, Ed. L’éclat & Geuthner, 2005.
Suite à un message de statut que j’ai vu passer sur mon fil du mur, j’ai décidé de répondre à l’ignorance par un petit éclairage. Aussi je me permets de partager avec vous la réponse que je lui adresse au message ci-dessous :
Vous savez ce qu’ils pensent de vous quand vous leur serrez la main? Ils ont la haine… parce que le Coran le leur ordonne ! »
Sous le statut de S., nous pouvons voir une vidéo qui n’a rien à voir avec l’intitulé qui la présente, si ? :
C’est quoi cet appel à la haine S. ? Vous citez un verset hors contexte sans savoir de quoi il en retourne. Vous faîtes comme tous ces haineux envers les non-musulmans qui incitent à la haine et au mépris de l’autre. Vous stigmatisez tout un pan de la société française mais aussi plus d’un milliard de personnes dans le monde !
Croyez-vous vraiment que les musulmans haïssent les Chrétiens et les Juifs ?? Et qu’ils pensent vraiment que le Coran leur ordonne de ne pas lier d’amitié avec eux ? C’est le comble de l’absurdité et ce n’est pas du tout malin de votre part car c’est d’un ridicule qui frise l’ignorance !!
Quel est votre intention derrière ce statut ? On se le demande bien…
D’abord ce verset que vous citez n’est pas la traduction juste mais erronée. A mon avis si vous regardez l’origine de la traduction, ce doit être traduit par le Royaume d’Arabie Saoudite (pourtant grand ami des Juifs et des Chrétiens !).
La traduction que j’ai, donne une toute autre signification(*) :
« Vous qui croyez, NE NOUEZ NI AVEC LES JUIFS, NI AVEC LES CHRÉTIENS DE RAPPORTS DE PROTECTION. Qu’ils le fassent les uns avec les autres ! Quiconque d’entre vous en nouerait avec eux, conséquemment serait des leurs. »
J’ai deux points à faire remarquer pour comprendre ce verset qui a été pris hors contexte :
A) Le contexte de la révélation du verset :
Selon le contexte de l’époque, les musulmans liaient des pactes de protection en cas d’attaque d’autres tributs : La Charte ou la Constitution de Médine, l’un des écrits authentiques le plus ancien de cette période prophétique précédant la Vulgate d’Othman (premier Assemblage sous forme de Livre du Coran) en expliquait les conditions. La Constitution de Démine était semblable à une fédération de clans ou tribus nomades. Elle était liée par l’accord solennel des uns envers les autres : les membres constituaient une unité politique. Elle traitait de la responsabilité de chacun envers les autres membres sur le prix du sang encouru par un membre du groupe et du rachat d’un membre du groupe capturé. Dans d’autres articles de la Constitution on traite les divers aspects des rapports des croyants entre eux et avec les incroyants, d’autres encore traitent des droits et devoirs des Juifs. De nombreux groupes Juifs sont nommés, non pas par leur nom mais simplement comme « les Juifs de (c’est à dire, attaché à) tel et tel clan arabe ».
Chaque clan juif était allié à l’un ou l’autre des puissants clans arabes. Les Juifs étaient donc divisés entre eux et ne formaient pas un groupe compact. Toutefois les Juifs devinrent de plus en plus hostiles au Prophète et à sa religion et se servirent de leur connaissance de l’Ancien Testament pour critiquer Muhammad et le Coran. Le milieu illettré leur facilitait la tâche pour critiquer le Coran sur certains points de l’Ancien Testament(**). Cette Constitution d’un genre nouveau a permis de toute façon à maintenir la paix dans l’oasis.
B) Lecture de tous les versets qui traitent des « Gens du Livre » (Ahl al Kitab) : Chrétiens et Juifs :
Cet éclairage (dont vous n’aviez sans doute pas connaissance) étant établi, nous devons maintenant pour comprendre la signification d’un verset, lire tous les autres versets qui citent « les Gens du Livre » (Chrétiens et Juifs). Le Coran ayant été révélé par versets et sorates successifs selon des circonstances et pendant une durée de 23 ans. Il a été rassemblé en un Livre qui ne suit pas la chronologie des événements durant cette période donnée. Ce qui lui confère une complexité supplémentaire aux lecteurs .
Aussi pour exemple, les verset 57 et 58 que l’on peut lire un peu plus loin dans cette Sorate V, éclaire le verset que tu cites dans ton statut :
« Vous qui croyez, ne nouez pas de rapports de protection avec ceux qui tournent votre religion en moquerie, se jouant d’elle, parmi ceux qui ont reçu avant vous l’Ecriture (où Gens du Livre : Chrétiens et Juifs), non plus que parmi les dénégateurs. Prémunissez-vous de Dieu, si vous êtes croyants » (verset 57)
et enfin le verset 58 :
« … (avec ceux qui), si vous appelez à la prière, la tournent en dérision, se jouant d’elle
– et cela parce qu’ils sont un peuple de déraison. »
Maintenant avec tout ceci, vous pouvez constater qu’une autre lecture est possible. Aidé de l’histoire et des circonstances de révélation, cela ne laisse que peu de doute à cette interprétation que Musulmans, Juifs, Chrétiens et même Athées peuvent très bien lier des pactes de protection et d’amitié à partir du moment ou le respect coexiste. Si le respect est rompu, même sans le Coran, le pacte l’est aussi. Avec une personne qui ne nous porte aucun respect ou se moque de nous, il est évident qu’on a tout intérêt de ne rien nouer du tout avec ces gens là et cela n’a absolument rien à voir avec « l’exégèse » du verset 51 que notre S. S. semble faire quand il interprète ainsi : »
« Vous savez ce qu’ils pensent de vous quand vous leur serrez la main? Ils ont la haine… parce que le Coran le leur ordonne ! »
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Le Coran a donc bon dos :
Il est donc important d’avoir une connaissance des écrits scripturaires et historiques. Cette connaissance est le seul rempart à l‘obscurantisme et aux détracteurs qui veulent faire dire au Coran ce qu’il est loin de dire. Leurs techniques passent par des interprétations abusives qui forcent une lecture littérale du texte coranique et qui fait préjudice à toute la communauté musulmane et incite à la haine.
NB : Si commentaires, il y avait merci de ne pas insulter :
(*) : Traduction du Coran : Jacques BERQUE » LE CORAN, Essai de traduction » Édition revue et corrigée, Albin Michel, 2ème Ed. 1995.
(**) : W.M. Watt dans son livre MAHOMET, PROPHÈTE ET HOMME D’ÉTAT, bibliothèque Payot, Paris, 1962.
L’Ash’arisme est la doctrine majoritaire en Islam avec le Maturidisme qui lui est presque identique. L’Ash’arisme nous est venue de Abu l’Hassan al Ash’ari (874–936) fils de Ismaïl qui est le fils ou petit fils d’Abu Musa al Ash’ari (m.662 ou 672), compagnon du Prophète (Abu Musa joua un grand rôle dans les troubles après la mort d’’Uthman se faisant berner par Amir ibn al ‘Aç qui nomma Mu’awiya à la place de ‘Ali).
En ce qui concerne les écoles juridiques sunnites, il y’en a 4 reconnues + une que l’on peut intégrer aux 4 : l’école Dhahirite (ibn Hasm) + l’école shiite qui a sa place à al Azhar depuis peu. Il ne faut pas confondre la jurisprudence -qui sont les écoles juridiques- et les doctrines des Usul al din, qui déterminent la ‘aqida (dogme en Islam) qui sont des théologiens (mutakalimun). Contrairement aux écoles juridiques, les écoles théologiennes se contredisent toutes et divisent la Umma, jusqu’au point du Takfir. Les points de divergences sont surtout à propos de la nature de Dieu (les attributs d’essence sont-ils séparés ou non de Dieu ? A-t-Il une main, un visage ? etc.), le libre arbitre, le kalifat et l’éternité du monde.
Il ne faut pas les confondre avec les écoles juridiques car chacune des 4 écoles juridiques appartiennent à l’école ash’arite ou maturidite de son fondateur et contemporain, Abu Mansur al-Maturidi (944). Ces deux Doctrines sont majoritaires en Islam à + de 90%. La différence entre ces deux doctrines se situe sur entre autres la raison humaine, contrairement à l’école d’al-Ash’ari qui affirme que la connaissance de Dieu découle de la révélation par les prophètes, l’école Maturidite fait valoir que la connaissance de l’existence de Dieu peut être déduite par la raison seule.
Les maturidites donnent plus de pouvoir à l’homme que l’Ash’arisme qui se rapproche du hanbalisme littéraliste et déterministe (jabryite). Les Hanbalites et Ash’arites croient que l’homme n’a aucun pouvoir, quoiqu’il fasse, bien ou mal, c’est Dieu qui crée les actes en l’’homme (perso, je trouve que c’est une aberration). Ils pensent que « les choses sont bonnes ou mauvaises parce que c’est Lui qui les a décrétées ainsi ». Pour sauver la transcendance divine, les ash’arites diront encore qu’on n’interroge pas Dieu sur ce qu’Il fait.
Il faut savoir que le fondateur de la doctrine orthodoxe (ash’arite) de l’Islam a établis sa doctrine en opposition à son maître al Jubaï, Mu’tazilite (autre école de pensée théologique disparue au XIIIème siècle). La doctrine Mu’tazilite repose sur le principe de la « Justice divine »(‘Adl), l’axe central : « Dieu ne peut pas faire le mal, le mal vient de l’homme ; Dieu est juste, donc Il ne peut pas créer le mal en l’homme ou créer un être impie, c’est l’homme qui le devient par obstination à vouloir faire le mal, c’est lui qui s’égare à force d’obscurité ». « Même si Dieu infini et tout puissant, dans son omniscience connaît les actes de ses créatures, sa Toute-puissance, ne prend pas part directement aux actes humains » car l’homme est « créateur de ses actes » par un pouvoir (qudra) que Dieu a crée en lui. Les Mu’tazilites ont établis leur doctrine dès les débuts du 8ème siècle et surtout après la mort de ‘Uthman en jouant un rôle capital dans le développement du dogme en Islam. Ils s’opposaient surtout aux athées, à la trinité chrétienne et aux hanbalites qu’ils nommaient les muchabbihah, (anthropomorphisme) puisqu’ils reconnaissent que Dieu a des mains, un visage, est assis sur un trône au sens propre des termes.
Malgré tous ce qu’on a pu dire de mal sur les Mu’tazilites, il faut savoir qu’ils ont été les premiers à élaborer le dogme du Tawhid, l’unicité absolue de Dieu, que toutes les doctrines reconnaissent par l’Ijma’ (consensus des savants) et reprennant les grandes bases. L’ash’arisme qui je le rappelle est la doctrine théologienne majoritaire et orthodoxe de l’Islam donc celle de la pensée majoritaire à 90% nous vient d’Abu l’Hassan al Ash’ari qui était lui-même mu’tazilite jusqu’à la disgrâce des mu’tazilites. Lors des révoltes contre le pouvoir abbaside qui officialisèrent la doctrine Mu’tazilite, Abu l’Hassan al Ash’ari profite des révoltes pour se retirer de cette école de pensée et reconnaître le hanbalisme comme pensée juste. Il créé ainsi un syncrétisme entre le mu’tazilisme, en reprenant le Tawhid, le Kalam ou théologie spéculative, la philosophie, la raison humaine mais inférieure à la révélation et la littéralité du texte coranique, la négation de la liberté humaine, la thèse du Coran « incréé » des hanbalites en y ajoutant la « théorie de l’acquisition »(Kasb).
Al Ash’ari , en se rapprochant de leurs thèses, a ardemment souhaité être reconnu par les Hanbalites qui l’on rejeté avec toutes ses thèses. Ainsi Les « salafites » aujourd’hui encore combattent et demeurent, comme leurs prédécesseurs, contre l’interprétation du texte coranique, la philosophie, l’Ijtihad, l’aggiornamento des interprétations et des sources secondaires de la jurisprudence (Istihsan et Maçlaha Moursala). Les Wahhabites se réclament d’Ahmad ibn Hanbal (m. 855) donc de l’école hanbalite qui ne reconnait pas la raison humaine, ni la liberté humaine, prône le taqlid (imitation aveugle) reconnaisse le fatalisme et la politique de la ta’a (obéissance aux dirigeants même si injuste) car « c’est Dieu qui a voulu qu’ils accèdent au pouvoir ».
Je sais que ce qui précède est un peu confus à comprendre mais je vous conseille vivement de lire les textes originaux des auteurs de toutes ces écoles théologiques de l’époque classique et de vous en faire vous même une idée (textes traduit en français et en anglais pour beaucoup). Vous seriez surpris des aberrations et des buts politiques s’y dégageant. Il faut aussi bien connaitre l’Histoire de l’Islam, vous pourriez comprendre le contexte du développement de la théologie musulmane et de sa jurisprudence et comprendre pourquoi, par exemple, un Ibn Taymyya prêchait le Djihad (contexte de l’invasion Mongols et des croisades) ou pourquoi Abdel Wahhab a pu être aussi radical avec les Sufis (les musulmans étaient devenus de vrais adorateurs des tombes ou ziyara et redevenaient des litholatres /adorateurs des pierres).
Dès la mort du Prophète (ç), il existait jusqu’à + de 20 écoles(madahab) aujourd’hui il n’en reste plus que quatre, la raison est plus politique que religieuse. Les Shiites, les Mu’tazilites, les Hanbalites, les Kharajites, les Sufies par exemple sont les doctrines les plus anciennes. L’orthodoxie s’est implantée bien après eux, à partir du Xème siècle, et le sunnisme est déterminé à partir du shiisme par opposition politico-religieuse au pouvoir, surtout sous le khalifa de ‘Uthman qu’ils accusaient d’avoir favorisé sa famille, et par la suite pendant le khalifat Ommeyyade (famille de ‘Uthman) qui usurpa le pouvoir à la place de ‘Ali.
Contrairement à une idée bien enracinée, au début de l’islam, ne fut pas le sunnisme, d’une formation lente et plus tardive, s’est créé en réaction contre le mu`tazilisme, à la fin du VIIIe et au début du IXe s, et plus encore après. Dès le IIe siècle, par exemple ‘Abdallah b. al Mubârak (*) définit juridiquement, pour la première fois, les sunnites comme ceux qui rejettent l’insurrection dans tous les cas, que le khalife soit pieu ou non. Ainsi les juristes ne s’occupaient plus de savoir qui était dans le cas particulier d’une résistance légitime. Tous ceux qui s’opposaient aux pouvoir étaient des bughât (rebelles). Le gouvernement devait donc avoir le monopole du pouvoir et la prise en compte de la résistance dans le monde musulmans est, depuis, restée bien mince. La grande majorité aujourd’hui, sunnite, obéit au « principe d’obéissance » pourvu que le souverain n’empêche pas la religion de s’épanouir.
Les Salaf ne sont pas l’apanage des « salafistes » seuls car le terme « Salaf » désigne les pieux prédécesseurs DES TROIS PREMIERS SIECLES, » la communauté la meilleure jamais produite aux hommes » (S.III :110) sont donc aussi bien les Tassawuf (soufisme /existaient dès les débuts de l’islam), les Mu’tazilites (du 7 et 8ème au XIIIè s.), les philosophes (dès le VIIIème siècle) ou les Shiites (dès le VIIème) que les hanbalites.
Les Hanbalites que sont Ahmad ibn Hanbal puis ses adeptes après lui : ibn Taymyya, ibn Qayim al Jawziyya, Ad-Dhahabi, ibn Kathir et Abdel Wahhab (les Wahhabites, radicaliseront sa pensée) et les contemporains tels al Albani, ibn Bâz et al ‘Outhaymine sont similaires par la même doctrine jabryite. Ceux là se considèrent comme détenant la doctrine « Véridique » des Salaf et seront donc sauvés du feu de l’enfer alors que tous les autres sont dans le faux et méritent pour cela l’enfer. Ils appuient cette affirmation par un hadith faible qui dit : « Les Juifs se sont divisés en soixante et onze sectes, les Chrétiens se sont divisés en soixante-douze sectes et ma communauté se divisera en soixante-treize sectes. » et « toutes iront en Enfer sauf à se conformer à ma tradition et à celle de mes compagnons. ».
(cf. LES 73 « SECTES » DE L’ISLAM)
(*) Cf. Les 73 « Sectes » de l’Islam interprétées de façon erronée. Hadith rapporté par ‘Abdu-llâh Ibn Al-Mubârak (mort en 797 a.p. JC) : « 72 passions ont pour origine (asl) 4 passions [initiales] (ahwâ) à partir d’elles, bifurquèrent [les] 72 [autres]. [Elles sont,] la passion (secte) des :« qadarîyyah », des « murdji ah », des « chî’ah » et des « khawâridj » (http://minhajalhaqq.blogvie.com/2010/08/22/l%E2%80%99origine-des-72-sectes/#respond).
Les musulmans ne sont pas prêts à afficher leurs désaccords sur les sujets qu’ils considèrent en opposition avec leur conscience. Il ne sont pas non plus prêts aux vrais débats de fond (lapidation, apostasie, sur la place de la femme dans la société, divorce et même sur le voile).
Les dialogues inter-religieux sont beaucoup plus faciles que les dialogues intra-religieux surtout en ce qui concerne les multiples différences de pensée de toute la communauté musulmane !
Les musulmans resteront tels quels tant qu’ils n’imposeront pas à leurs « ‘Ulama », de toutes obédiences, de se réunir pour un « Vatican II islamique » et régler une fois pour toutes les questions qui dérangent.
Un des problèmes que la communauté musulmane rencontre est de croire au dogme : » tout ce qui n’est pas sunnite est dans l’égarement… » Et donc « tout ce qui est sunnite obtiendrait le salut »*.
Mais qu’est-ce que la sunna ? Les Shiites sont les premiers à se dire défenseurs de la sunna du Prophète (ç) ?
En effet ce qui confirme la position de rejeter « tous les autres » est dû à un Hadith connu de tous, et qui inconsciemment fait encore ravage, ce hadith le voici :
» Les Juifs se sont divisés en soixante et onze sectes, les Chrétiens se sont divisés en soixante-douze sectes et ma communauté se divisera en soixante-treize sectes. »
A la question des Compagnons de savoir qui sera la secte sauvée (« al firqa al nadjiya ») ?
Le Prophète (ç) aurait dit :
« toutes iront en Enfer sauf à se conformer à ma tradition et à celle de mes compagnons. » rapporté par At-Tirmidhi, abou dawud et ibn Majja.
Pour commencer il n’est pas rapporté dans les Sahih des 2 Chuyûkh (Bukhari/Muslim).
Dans sa chaîne de transmission il y ‘ a un menteur (qui défendait sa secte). Ensuite selon Ibn Hajjar, hadith faible à cause de ‘Amr Ibn ‘Alqama celui qui rapporte le Hadith. Et d’autres faiblesses de taille.
De plus ibn Hazm (dhahirite) a trouvé le contenu forgé sur cette phrase en particulier « toutes iront en enfer sauf à se conformer à ma tradition et à celle de mes compagnons ».
En réalité, ce hadith a mal été compris. C’est plutôt pour la gloire de l’Islam qu’un autre hadith lui reconnait 73 vertus en face des 71 du judaïsme et des 72 du christianisme. On a transformé vertus en branches de l’Islam et faussement aussi la « al firqa al nadjiya » est la seule qui mène au salut c’est à dire conforme à la Sunna.
Fakhr ad-Dîn al Razi dans son commentaire du Coran a dit au sujet des sectes de ce hadith :
« L’authenticité de cette tradition a été attaquée et l’on a fait observer que si par les 72 sectes, il faut entendre autant de divergences sur les dogmes fondamentaux des religions il y’en a pas un pareil nombre; que si au contraire il s’agit d’enseignements secondaires dérivés des doctrines fondamentales, il y a en plus du double. »
Al Ghazali (mort en 1111 ap.JC) a donné une autre interprétation de ce hadith : »toutes les 73 branches iront au paradis exceptée une seule, les Zindiq ».
Al Ach’ari, fondateur de l’école ach’arite, qui influencera al Razi plus tard, alors qu’il était très malade, convoqua à son chevet un homme et lui dit : »Je témoigne que je n’ai jamais regardé comme kâfir (mécréant) aucun des ahl al qibla (shiites et autres non orthodoxes), car tous orientent leur esprit vers le même objet d’adoration; ce en quoi ils s’écartent les uns des autres n’est qu’une différence d’expression« .
notes de fin de page :
Pour en savoir plus lire sur ce site : « Les limites de la commanderie du bien » ici https://monalika08.wordpress.com/2010/02/11/les-limites-de-la-commanderie-du-bien-dans-les-interpretations-coraniques/
La genèse des premières divisions dans l’Islam « Ahl al ‘Adl wa at-Tawhid » ici https://monalika08.wordpress.com/2008/08/08/7/
et un guide pour le dialogue intra-religieux : https://monalika08.wordpress.com/category/dialogue-interreligieux/
* Voir sur ce site : Coran et Sunna : Quelles différences ?